Cer., II, 15, p
Skyla touchaient l'une des extrémités du Justinianos! et communiquaient par une porte avec l’'Hippodrome?, d’où l'on entrait directement aux Skyla (pl. 21). C'était, avec la Chalcé, une des entrées principales du palais. Les empereurs y passaient parfois aux grandes solennités ?. Souvent aussi, les fonctionnaires et les dignitaires entraient de l’'Hippodrome aux Skyla et au Justinianos “. Ainsi, les Skyla étaient une sorte de vestibule faisant communiquer le triclinos de Justinien avec l'Hippodrome. Ce vestibule était demicirculaire (quxixuov *. Son nom provenait probablement des trophées et des dépouilles qui en ornaïent les murs. Ce vestibule était situé à l’ouest du triclinos de Justinien®. Après avoir franchi les Skyla, on entrait dans la
1. Lorsque le proèdre du sénat entrait au palais par les Skyla, certains fonclionnaires allaient au-devant de lui à l'entrée du triclinos de Justinien, qu'il traversait pour entrer au Lausiacos (Cer., 1, 97, p. 442). Les Skyla sont appelés une fois la partie extrême (%xo4) du Justinianos (Cer., I, 21, p. 123). Au festin donné par l'empereur, le jour anniversaire de sa naissance, dans le triclinos de Justinien, les invités, sur l’ordre du basileus, enlevaient leur vêtement d’apparat, qui étaient remis aux serviteurs, se tenant aux Skyla (Cer., I, 61, p. 277-278).
2. Cer., Il, 1, p. 518. Chaque matin, après avoir ouvert les portes qui fermaient le Justinianos et les Skyla, on ouvrait la porte qui conduisait à l'Hippodrome.
3. Le mardi après Pâques, quand l’empereur se rendait à Saint-Serge, il passait par le Justinianos, les Skyla et l'Hippodrome. Au retour, le même trajet était suivi (Cer., I, 11, p. 87, 89). Léon V l’Arménien, après sa proclamation (813), fit son entrée au palais par les Skyla (cf. Genesius, 1, p.7; Theoph. Cont., I, 9, p.19). Et c'est de là qu’après son assassinat (820), son corps fut trainé à l'Hippodrome (Theoph. Cont., II, 1, p. 40 ; Cedrenus, t. II, p.67). L'empereur Théophile rentra aussi triomphalement au palais par les Skvla (Cer., App. ad lib. I, p. 507).
AS Cer MAO MD AE REED 2506 OT D EU ER ep Ita patrices, après leur promotion, sortaient par les Skyla, pour aller à l’église de Saint-Etienne-de-l’'Hippodrome (Cer., [, 48, p. 249; cf. I, 47, p. 239: I, 48, p. 251). Les Sarrasins entrèrent aussi au palais par l'Hippodrome, les Skyla et le Justinianos. Après la réception, ils suivirent le trajet inverse (Cer., II, 15, p. 584, 588).
5. Les symponi et les logothètes étaient promus à l'hémicycle des Skyla ou à la Thermastra ; de même le questeur, le deuterevon et l’antigrapheus (Cer 1 "67-p%273; 1,55, p. 269,;.1; 56,1p. 272 [158 p. 274).
6. A la procession du dimanche, lorsque le drongaire de la veille était entré au triclinos de Justinien, il allait se placer en haut, le visage tourné vers la partie occidentale, c'est-à-dire vers les Skyla (Cer., IT, 2, p. 524). Le drongaire avait traversé le Justinianos dans toute sa longueur et était allé se placer dans la partie orientale, en faisant face aux Skyla. Certains fonctionnaires étaient alors introduits et allaient prendre place sur leur
LE LAUSIACOS, LE JUSTINIANOS ET LES SKYLA 99
partie occidentale du Justinianos et, après avoir traversé cette salle dans toute sa longueur, on arrivait dans la partie orientale, au delà de laquelle s’étendait un jardin (uesoxémuv)!. Le triclinos de Justinien était donc limité à l'ouest par les Skyla et à l’est par un espace à ciel ouvert. Il communiquait, d'autre part, avec le Lausiacos, qui était situé à l'ouest du Chrysotriclinos. La salle du trône s'élevait donc à une certaine distance de l'Hippodrome. Pour se rendre du Cirque au Chrysotriclinos, il fallait, en effet, traverser les Skyla, le Justinianos et le Lausiacos?, Ainsi, du côté de l'Hippodrome, une entrée donnait accès à deux salles somptueuses, élevées par Justinien Il, le Lausiacos et le Justinianos, qui reliaient la salle du trône au Cirque.
siège. Le ruurdveov du Justinianos, par où ces personnages entraient, se trouvait en bas, du côté des Skyla ; c'était vraisemblablement le tambour de la porte qui des Skyla conduisait au Justinianos. De même, les Sarrasins, après être entrés par l'Hippodrome et les Skyla, allèrent s’asseoir dans la partie occidentale du triclinos de Justinien (Cer., IT, 15, D. b&t).
: 1 Cér sil 16, p. 585. Après le festin au Chrysotriclinos, les Sarrasins allèrent s'asseoir au triclinos de Justinien, dans la partie orientale, vers le jardin.
2. Cer., I, 19, p.114. Le sénat, venant de l'Hippodrome, passe parles Skyla, le Justinianos,le Lausiacos et entre au Chrysotriclinos; cf. Cer., I, 11, p. 89; IT, 15, p. 588. Le trajet du Chrysotriclinos aux Skyla et à l’Hippodrome par le Lausiacos et le Justinianos est également décrit; cf. Cer., I, 11, p.86-87 ; I, 21, p. 122; II, 15, p. 588.
3. Labarte, Palais, p. 81 s., 179 s., pl. II, n° 109, donne au Justinianos une orientation qui semble exacte, mais la longueur, presque égale à celle de l'Hippodrome parait exagérée. Les Skyla ont, sur son plan, (n° 110), la forme de deux hémicycles ; de plus, il n'indique pas la sortie des Skyla à l'Hippodrome. D'après lui, les Skyla n'auraient pas communiqué avec le Cirque, mais avec un Hippodrome du palais ou Hippodrome couvert (n° 42), qu'il place à côté du Justinianos. On verra plus loin que cet Hippodrome n'existait pas et que les raisons données par Labarte pour justifier son existence ne sont pas probantes. Paspatis, ’Avézxropa, p. 145-149, 176-177, 253, donne au Justinianos la même oriéntation que
Labarte et place l'Hippodrome du palais perpendiculairement au triclinos de Justinien. Il indique avec raison sur son plan la sortie des Skyla., à ouest du Justinianos, Mais cette sortie donne accès non pas à li Hippodrome, mais à la place de l'Augustéon que Paspatis a placée à tort entre le palais et l'Hippodrome. Selon lui, le triclinos de Justinien aurait été la salle à manger par excellence ; mais le nom daristeterion n'est jamais donné au “Justinianos. Paspatis a confondu ce dernier avec Ja salle à manger du Chrysotriclinos ; cf. Bjeljaev, Byzanlina, I, p. 54 s., p. 60, n. 2.
Les accroissements du palais sous le règne du Rhinotmète ne se bornèrent pas au Lausiacos et au Justinianos. Justinien IT construisit aussi, en 694, une phiale, qui devait servir aux réceptions de la faction bleue. Cette phiale fut édifiée sur l'emplacement d'une église, située près du palais, la Vierge-du-Métropolite, qui fut détruite sur l’ordre du basileus, malgré la résistance du patriarche Callinicos!.
La phiale des Bleus subsista jusqu'au moment où Basile I*, dans la seconde moitié du neuvième siècle, construisit sur son emplacement un bain luxueux *?. Ainsi cette. phiale était située près du palais. Le livre des Cérémonies permet d'en préciser la situation.
Une réception (S&ov) avait lieu, en effet, .dans les phiales des deux factions, le lundi de l’Antipascha, premier dimanche après Pâques. Après la réception dans la phiale des Verts, l’empereur rentrait par le Justinianos, le Lausiacos, et le Tripetôn au Chrysotriclinos et allait déposer son costume de cérémonie dans la niche de Saint-Théodore, où il s'asseyait jusqu'à ce que les préparatifs de la réception dans la phiale des Bleus fussent terminés. Quand
1. Théophane, t. I, p. 368; Cedrenus, t. I, p. 774. 2. Theoph. Cont., V, 90, p. 336.
tout était prêt, le basileus prévenu revêtait son costume d'apparat et sortait par les portes orientales qui, de la conque du Chrysotriclinos, s'ouvraient sur l’heliacon. L’empereur allait se placer sur la plaque circulaire de porphyre, enclavée dans le sol de la terrasse, et recevait l'adoraüon des fonctionnaires et des dignitaires, qui se tenaient sur deux files, depuis la porte du Chrysotriclinos jusqu'au trône sur lequel l'empereur, après avoir fait trois fois le signe de la croix sur l'assemblée, prenait place. Ce trône (sévrtov) était placé sous un baldaquin (xauslaÿxrv). Devant, se dressait une balustrade sur laquelle on s’appuyait pour regarder dans la phiale!. Après la cérémonie,
1. Cer., I, 64, p. 288-291. La barrière (orôeov, xéyxskhov) placée devant le trône, se composait de petites colonnes (xt6v«) s'élevant à hauteur de poitrine (cf. Germain, Rerumeccles. contempl., dans Migne, P. G., t. XCVIIT, Col. 389 ; Estienne, s. v.; Du Cange, Gloss, gr., 8. v. otilo:). Un trône semblable se trouvait à la phiale des Verts (Cer., I, 64, p. 286-288). Dans les deux cas, au moment où l'empereur va prendre place sur le trône, le cubiculaire étend le parakypticon (Ésarhoï 10 rapazvrzixôv) au-dessus de la barrière. D'autres passages mentionnent les rapxxurtina 2dyxeA a près desquels les fonctionnaires et les dignitaires se tenaient, ou sur lesquels ils s’appuyaient (Cer., I, 67, p. 302; I, 64, p. 287). De même à l’'Hippodrome, au Cathisma, il y avait un rooxvrrtôv #roufiov, une balustrade d’où l’empereur regardait dans le Cirque (Cer., Il, 20, p. 613; I, 72, p. 360 ; cf. Sophocles, Gr. Lex., s. v., Du Cange, Gloss. gr., S. V.,xhofos ; Gloss. lat., s. v. clubum). Cette balustrade est aussi appelée parakyptica (Cer., I, 70, p. 342). Dans les églises de Constantinople, à Saint-Mokios, à Sainte-Sophie, à Saint-Serge, il y avait dans les galeries (catechoumenia) un parakypticon d'où l’empereur assistait au service liturgique (Cer., I, 17, p. 103; 1, 22, p. 125 ; [, 11, p. 88). Le parakypticon était l'endroit d'où l’on regarde (raganürreuwv, roorbrreiv ; Cer, I, 68, p. 304; I, 63, p. 283). Ce pouvait être une fenêtre (cf. Du Cange, Gloss. gr. s. v. ; Sophocles, Gr. Lex., s. v.; Estienne, s. v.), ou une balustrade. L'endroit, d'où l'empereur assistait à la cérémonie, s'appelait aussi rpdzxvb où rporvuux(Codin., de Offic., VI, p. 48; Koumanoudis, uvxy. Aé£swv afnoaup., s. v.; Cer., IT, 18, p. 600). C'est ainsi qu'est appelé, dans ce dernier texte, l'endroit d’où, à la phiale du Triconque,les empereurs assistaient sur leur trône aux réceptions. Ici aussi il est question d'un parakypticon qui est suspendu. Il ne s'agit pas d'une fenêtre ou d'une balustrade. Ce parakypticon, on l’a vu, était étendu par le cubiculaire au-dessus de la barrière, devant le trône. C'était probablement un rideau suspendu entre les colonnes du baldaquin sous lequel était placé le trône. Il était levé au moment où l'empereur venait s'y asseoir; v. des trônes surmontés d'un baldaquin, entre les colonnes duquel pendent des rideaux dans Bevlié, Habitat. dyz., p. 186; Molinier, Histoire générale des Arts appliq. à l'Industrie, Paris, 1896 0 DIV 0:
l'empereur se levait, traversait la terrasse et rentrait ensuite au Chrysotriclinos f.
Ainsi, la phiale des Bleus avoisinait la terrasse du Chrysotriclinos. Le trône impérial était placé sur cette terrasse, d'où, par des escaliers (846,2),on descendait sur la place au milieu de laquelle se dressait une fontaine, la phiale ?.
La faction des Verts avait aussi sa phiale, qui se trouvait à l’est du palais. On ignore à quelle époque elle fut construite, mais on sait qu’elle subsista jusqu'au moment où Basile I* construisit sur son emplacement une église *. Le livre des Cérémonies décrit une réception dans cette phiale. Le basileus s'y rendait le lundi de PAntipascha, avant la cérémoniequiavait lieu, le même jour, dans la phiale des Bleus. L'empereur, sortant du Chrysotriclinos, passait par le Tripetôn, le Laustacos et gagnait le triclinos de Justinien, où il allait se placer sur la première plaque circulaire pour être adoré par l'assistance. Puis, il passait par une porte qui, du Justinianos, s'ouvrait sur une terrasse (heliacon), et allait s’asseoir sur son trône. La cérémonie terminée, il se levait, rentrait au Justinianos et regagnait le Chrysotriclinos par le même chemin qu’à l'aller.
Comme la phiale des Bleus, la phiale des Verts était donc située près d’une terrasse, où l’on avait accès du Justianos. Le trône de l’empereur était aussi placé sur cette terrasse, qui dominait la place de la phiale où l’on descen-
1. Cer., I, 64, p. 292. Dans le texte Cer., I, 67, p. 301-303, où il est question de réceptions dans les grandes phiales, la phiale du Triconque est seule mentionnée (ibid., p. 303); mais le début du chapitre (ibid., p. 301- 302) doit avoir trait à la phiale des Bleus ou à celle des Verts. Une porte de l’heliacon, avec un seuil de marbre, et une portière y sont indiquées. Près de la phiale des Verts, qui avoisinait le Justinianos, se trouvait aussi un heliacon (v. plus bas).