Palais des Térems, 2-e chambre
Au XVII-e siècle, les boyards, les grands officiers (okôlnitchii) et les secrétaires d’Etat attendaient dans la Première Chambre la sortie du Tsar.
Dans cette pièce, le Tsar Alexis Mikhaïlovitch assistait parfois aux offices religieux, et, la semaine de Pâques, il y recevait les félicitations des boyards et échangeait les baisers pascaux (khristôssovalsia).
C’était là encore qu’il donnait les repas de fêtes.
Après la messe, le Tsar se tenait dans cette pièce avec ses boyards.
En 1694, le Conseil des boyards, qui siégeait dans la Chambre d’or
pour entendre des affaires contentieuses, y fut transféré.
A titre d’honneur extraordinaire et en signe de bienveillance particulière, le Tsar y recevait des ambassadeurs étrangers, mais cela n’arrivait que rarement.
Pour ces réceptions, la Chambre et l’escalier qui y donne accès étaient décorés de riches tapis, de velours broché, de draps, etc.
En ce qui concerne la décoration de la première chambre, on sait qu’il s’y trouvait au XVI I-e siècle des tentures en drap doré et une tête de buffle en bois doré, aux cornes de laquelle était accroché un lustre en cuivre.
La Troisième Chambre (Chambre du trône), (Gr. 74) s’appelait jadis tout simplement la Chambre , ce qui correspondait à notre dénomination de Cabinet. Du temps du Tsar Michel Féodorovitch, elle s’appelait la Salle d’or.
Au milieu de la voûte, une peinture représente le Sauveur sur le trône; autour de lui, sont St Basile le Grand, St Grégoire de Naziance, St Jean Chrysostome, et les métropolites de Moscou, St Pierre, St Alexis, St Jonas et St Philippe.
Sur les montants et les arcs des fenêtres et des voûtes, armoiries des provinces de l’Empire russe.
Dans le coin «rouge», ou le beau coin, fauteuil du Tsar, recouvert de velours.
Près du mur opposé, armoire d’ancien travail russe.
Dans un coffret ciselé, posé sur une table, près de la fenêtre du milieu, est conservé le « Livre de V élection de Michel Féodorovitch» . Ce livre orné de dessins enluminés rappelle un peu les albums modernes des couronnements; il donne les détails du couronnement du Tsar et en offre des images.
Au XVII-e siècle « La Chambre »
était moins accessible que V Antichambre. Ce n’étaient que les boyards du plus proche entourage du Tsar qui y entraient le matin, à l’heure fixée pour saluer le Souverain.
Dans la Chambre, le Tsar écoutait parfois les offices religieux, offrait des repas intimes à ses boyards et donnait même à manger aux pauvres et aux prisonniers.
En 1660, c’est là que se tint le concile qui décréta que Nicone serait désormais «éloigné du trône patriarcal et de tout honneur».
La fenêtre du milieu, particulièrement bien décorée, s’appelait la fenêtre des suppliques. On descendait par cette fenêtre une boîte dans laquelle chacun pouvait déposer une supplique adressée au Tsar.