‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 163 sur 289 · Cicero, ad Divers., 1. VIII, ép. xiv · texte numérisé non relu

Cicero, ad Divers., 1. VIII, ép. xiv

pour devenir augure à la place de Q. Hortensius, et ensuite tribun du peuple; jusqu'alors il avait été questeur de César. Antoine était le plus audacieux, le plus agile et le plus souple des compagnons de César, et il lui était, de plus, dévoué sans réserve. Un peu plus tard, à la suite des élections consulaires, dans lesquelles ses ennemis bien avérés, L. LentulusetC. Marcellus, triomphèrent sur son lieutenant Ser. Galba, César se rendit en Italie, en prenant pour prétexte qu'il voulait intercéder auprès des municipes et des colonies en faveur de l'élection d'Antoine comme prêtre. On lui annonça sur sa route que, par l'intermédiaire de Curion, son souhait était exaucé; il fut donc alors de son devoir de remercier celles des villes auxquelles il voulait s'adresser en personne lors des prochains comices consulaires. Partout il fut bien accueilli , et cet enthousiasme réel lui était un gage de la lidélité des habitants d'au delà du Pô. Ensuite il retourna à Nemelocenna, pour inspecter ses légions dans le pays des Trévires, et ses soldats purent contempler le général sous les ordres duquel ils avaient accompli le grand œuvre de la conquête pour laquelle ils attendaient leur récompense. Au nombre des officiers se trouvaient plusieurs ds ceux qui, plus ' tard, l'assassinèrent. T. Labiénus, un militaire distingué, qui avait commandé l'armée des Gaules pendant les absences de César, et gorgé de richesses par lui, était ambitieux, et plus ambitieux que ne le comportait sa position. César le craignit, dut Péloigner, et lui confia le commandement des cohortes stationnées dans la Gaule cisalpine. Là, il traita avec les grands de Rome, et César ne voulut écouler aucun avertissement, parce

qu'il savait que Labiénus ne pouvait nuire qu'à ses côtés, mais non en face de lui 1 .

Le triomphe ou l'espèce de triomphe de César dans le nord de l'Italie, la conquête et la soumission de la Gaule transalpine qui devaient toucher Pompée plus que qui que ce fût, semblaient ne point le regarder. Lui aussi, il célébrait des fêles, et l'encens l'enivrait au point de ne plus rien voir de ce qui se passait. 11 alla en Campanie; de là il écrivit au sénat, louait les mériles de son rival et n'oubliait pas non plus les siens. Dans sa lettre, il mentionnait son troisième consulat, ses provinces et ses troupes. Ses ennemis parlaient d'une puissance usurpée et inconvenante, mais le sénat savait bien qu'elle lui avait été imposée au moment de grands dangers. Puisque les opposants en étaient si fortement choqués, Pompée dit qu'il était prêt à remettre dans les mains de ceux qui voulaient le lui ravir, ce qu'il avait accepté malgré lui et dont il se démettrait sans attendre le temps fixé pour cela 2 ; on devait s'expliquer, ordonner à César, et non à lui, Pompée, de mettre bas les armes; et si César n'obéissait pas, le proscrire, et charger Pompée de l'exécution des mesures prises contre César. Mais on manqua de hardiesse pour tenir tète à l'ennemi.

Pompée fut atteint d'une maladie grave pendant un séjour qu'il fit à Naples; il y eut encore un nouveau sursis aux mesures à prendre. Lorsqu'il fut rétabli, on lui manifesta de nouveau un grand intérêt, ce qui lui

1. César, Guerre civile, 1. VIII, eh. lu. — Dion Cassius, I. XLI, cb. ir.

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