‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 186 sur 289 · César, Guerre civile, 1. III, ch. lxxxviii · texte numérisé non relu

César, Guerre civile, 1. III, ch. lxxxviii

Scipion, beau-père de Pompée, et enfin l'aile gauche était commandée par Domitius iEnobarbe, et c'est là aussi que Pompée, le général républicain, avait choisi sa place. L'aile gauche était appuyée au pied du mont Narlhakion; de Pharsale à l'Apidanus, il y a un peu peu plus de cinq kilomètres. A l'aile gauche, Pompée avait mis toute sa cavalerie, ses archers et ses frondeurs.

L'armée révolutionnaire de César, dont le front regardait le nord-est, appuyait son aile gauche, commandée par Marc-Antoine, contre l'Apidanus ; son centre était commandé par Cn. Domitius Calvinus et l'aile droite par P. Sylla, neveu du dictateur, et par César eu personne. Après avoir reconnu la disposition de l'armée ennemie, craignant que son aile droite ne fût enveloppée par la nombreuse cavalerie de Pompée, César avait placé entre ses trois lignes de bataille trois mille hommes, quinze cents entre la première et la seconde, et quinze cents entre la seconde et la troisième ligne. Ces trois raille hommes étaient destinés à repousser la cavalerie ennemie et à empêcher l'armée de César d'être tournée.

L'armée de César avait fait la guerre des Gaules, la guerre d'Espagne, avait en partie assiégé Marseille, et fait la campagne d'Italie. Elle était aguerrie, habituée aux privations et confiante dans son chef, qui l'avait presque toujours menée à la victoire, sauf pendant les derniers mois, ce qui n'avait pas toutefois diminué sa confiance dans César. La plupart de ses soldats avaient combattu les Gaulois et les Belges , même les Germains; c'étaient des troupes d'élite et sur lesquelles

on pouvait compter. 11 n'en était point ainsi de l'armée de Pompée , composée de toute sorte de nations , de jeunes et de vieilles troupes dont bon nombre ne s'étaient point encore trouvées en face des légions romaines, et surtout de légions révolutionnaires comme celles de César. Il ne faut pas oublier qu'il leur avait doublé leur solde pour toujours, ce qui était un puissant stimulant pour leur faire gagner des victoires. En dehors des Romains qui servaient sous Pompée, ses autres troupes n'avaient point un grand intérêt dans la lutte qui se présentait. Le sort de la plupart, comme vainqueurs ou vaincus, était à peu près le même. Ils ne se battaient point pour leur patrie. 11 n'y avait donc que les Italiques, formant le noyau de l'armée pompéienne, sur lesquels le général en chef pouvait compfer. Ses troupes peu disciplinées de l'étranger étaient plutôt un embarras qu'un bon auxiliaire : le résultat le prouva bien.

Pompée et César allaient mettre en présence leur . dernier enjeu.

Le soleil du 9 août 48 qui éclairait les magnifiques plaines de la Thessalie, était déjà bien haut, quand le son des trompettes des cohortes de Pompée annonça le commencement de la bataille 1 . Pompée avait pris pour mot de ralliement : Hercules invictus ; César Vénus victrix*. Après avoir harangué ses troupes, César, répondant à l'appel, fit sonner la charge. Il y avait dans l'armée de César, un vétéran nommé, Crastinus, qui,

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