C«''sar, Guerre civile, 1. 111, ch. xci
HISTOIRE DE CtiSAR.
deux cents soldats de tués et environ une trentaine de centurions; mais Appien indique douze cents, d'après d'autres auteurs, dit-il 1 ; c'est plus croyable, plus admissible. Ce qui est encore exagéré, à la manière des chefs d'État, c'est le nombre de quinze mille tués, dans l'armée de Pompée et rapporté par César 2 .
Après la bataille, César jetant les yeux sur ses adversaires vaincus et en déroute, prononça ces paroles : « Voilà ce qu'ils ont voulu : après tant de victoires, j'aurais été, moi C. César, condamné par eux, si je n'avais réclamé le secours d'une armée 3 . » Après sa victoire, César resta encore deux jours à Pharsale pour faire reposer ses troupes. Dans l'intérêt de son avenir, il usa d'une miséricorde calculée qui contraste avec les cruautés qu'il exerça si odieusement sur les Gaulois, pendant les neuf années qu'il leur avait fait la guerre. Parmi les membres de l'aristocratie faits prisonniers pendant et après la bataille, beaucoup reçurent leur grâce. Au nombre de ceux-ci se trouvait Marcus Junius Brutus, de dix-sept ans plus jeune que César ; ce dernier ne le voyant pas arriver, en eut une grande inquiétude. Mais lorsqu'il le vit en vie, il en ressentit un plaisir extraordinaire 4 ; car il avait ordonné qu'on ne lui fît aucun mal, qu'il combattît ou qu'il se rendît 5 . César avait une vive amitié pour Servilie mère de Brutus dont il aimait l'esprit et l'intelligence plutôt