Dion Cassîus, 1. XLIII, ch. li
A la suite du désastre de Pharsale, les républicains reconnurent enfin toute l'étendue du danger et ils sentirent en même temps le devoir de le combattre. L'Asie, la Grèce et l'Italie étaient subjuguées et maintenues par les troupes révolutionnaires. 11 fallait donc choisir un nouveau point de réunion et de nouveaux champs de bataille : l'Afrique les offrait. Tandis que César était retenu pendant neuf mois dans la vallée du Nil par l'amour, et principalement par la guerre, l'Afrique était devenue avec l'Espagne le rendez-vous des républicains et des partisans de Pompée. Là, se réunissaient Caton, Métellus Scipion, Labiénus, Afranius, etc. Mais ils n'avaient point de talent militaire : ils n'étaient excellents guerriers qu'en sous-ordre. Ces républicains s'allièrent avec Juba, roi deNumidie, ami de Pompée le Grand, ennemi de César à cause d'une offense personnelle : il croyait que c'était à l'instigation de César que Curion avait demandé comme tribun du peuple la confiscation de son royaume. L'armée républicaine se composait de dix légions, auxquelles devaient se joindre quatre autres de Numidie. La cavalerie comptait seize cents hommes. A ces forces, Juba ajouta cent vingt éléphants 1 . Scipion en reçut le commandement en chef. La flotte, forte de cinquante-cinq voiles, était commandée par Marcus Octavius et Publius Varus.
César de son côté quitta l'Italie avec une petite armée, formée seulement de trois raille hommes d'infanterie et quelques centaines de cavaliers.il s'embarqua vers la fin de l'hiver à Rhegium (Reggio), franchit