‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 223 sur 289 · Dion Cassius, 1. XL1I1, ch. xyii · texte numérisé non relu

Dion Cassius, 1. XL1I1, ch. xyii

tum in risus maximos transfero*. » César conserva les formes extérieures de la République, mais il en transforma en grande partie l'esprit. Il chercha par ce moyen à tromper la multitude : toutefois les meilleures têtes ne se laissèrent point fasciner par ce subterfuge. La force matérielle imposa la tranquillité de la place publique; mais elle ne put commander la paix et le contentement chez ceux qui observaient et pensaient. Or ces derniers, dominant toujours la foule pauvre et ignorante, trompée par des phrases de rhétorique et du clinquant, gémissaient en secret, attendaient et espéraient.

César avait imposé la ville de Thapsus à deux millions de sesterces (420,000 fr.) et son territoire à trois millions, la ville d'Adruraetum à trois millions et à cinq son territoire. La ville et le pays de Leptis furent condamnés à fournir tous les ans trois cent mille livres d'huile, et la ville de Tisdra fut taxée à une certaine quantité de blé 2 . Au moyen de ces ressources considérables, César put donc favoriser les paresseux et toutes les créatures qu'il éleva aux charges de l'État et dont il fit ses suppôts complaisants et soumis, aux dépens des gens honnêtes et laborieux. César en usa sur une vaste échelle.

Pendant toute la durée de la République, la solde des armées romaines, pour chaque légionnaire, avait été de cinq as par jour (cinq centimes, ou cent quatrevingt-deux francs par an) ; César la porta à dix as ou dix centimes. Aucune de ses modifications dans l'État ne

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