Suétone, Vie de Céscr, ch. lu
La vraie science unie à la poésie, l'idée du rapport de l'esprit à la matière, manquaient à César $ il ne s'est jamais élevé à la conception d'un idéal de grandeur intellectuelle et morale qui, sans antagonisme, aurait pu prolonger son empire dans les siècles à venir. )| était matérialiste, il croyait au fatalisme, à certaines perturbations de la société, décrétées par le destin et amenées par le succès d'hommes favorisés par le fatum, et qui rompaient à ses yeux la monotonie dans laquelle mar-* chaient les choses humaines, comme l'oscillation du pendule.
César regardait la terre, la société, les peuples et les hommes comme simples instruments à exploiter à son profit personnel; le monde, le genre humain comme un champ à travailler pour en tirer le plus de bénéfice possible, sans s'inquiéter du beau, du bien, du vrai et du sacré, qui maintiennent l'harmonie dans l'univers. Ne dit-il pas dans le sénat, pendant les débats de la conjuration de Catilina : « Dans l'affliction et dans l'infortune, la mort n'est qu'un état de repos et non pas un supplice; elle met un terme à tous les maux mortels : au delà il n'y a plus ni joie ni chagrins 1 . Aussi, avec cette doctrine, fut-il parjure à la République et au serment qu'il avait prêté, comme fonctionnaire et comme magistrat, aux lois dans les premiers cinq jours de son entrée en fonction, en présence des questeurs» dans le temple de Saturne. Quant aux cérémonies religieuses, il ne les pratiquait que pour en imposer à la populace et pour faire prendre le change sur sa moralité. Car le