CHAPITRE PREMIER
littérature et les arts. Il y avait dans son esprit et dans son caractère, beaucoup de cette grandeur et de ce respect de soi qu'on trouve dans les beaux temps de la Grèce chez ses grands hommes. Nous avons dit que le temple de Jupiter, sur le Capitole, avait été la proie des flammes en Tannée 83. Ce temple, d'architecture étrusque, avait été construit en bois, et presque achevé par Tarquin le Superbe ; il fut entièrement terminé dans la troisième année consulaire et subsista au delà de quatre cents ans. Sylla commença la restauration de ce sanctuaire de Jupiter, de Junon et de Minerve ; il fit déplacer les colonnes corinthiennes du temple du Zeus olympien d'Athènes, construit vers l'année 168 avant l'ère vulgaire par le roi Antiochus Épiphane, sous la direction de l'architecte romain Gossutius 1 ; et les colonnes athéniennes que Sylla avait admirées sur place, furent employées à la réédification du temple national qui, cette fois, s'éleva en pierre et en marbre. Sylla fit suivre religieusement le plan ainsi que les dispositions particulières de l'ancien temple étrusque. Sylla était un homme religieux. Celui qui attribuait la sagesse de ses actes à l'impulsion de la Providence avait l'habitude de faire une prière avant la bataille; quelques historiens anciens l'ont accusé de superstition, mais ce n'a été que dans le but de ravaler le grand dictateur aux yeux de la foule et des chefs d'État sous le règne desquels ils écrivaient. En abattant de l'histoire de Sylla l'échafaudage de mensonges et d'anecdotes peu conformes à son caractère comme à la gravité de sa position, le tout inventé à plaisir, on voit peu à peu cette imposante figure