‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 42 sur 289 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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sommes de sa propre fortune, indépendamment de celles que l'État lui avait allouées; il emprunta.

Avec son influence sur la place publique, César voyait s'augmenter aussi son importance aux yeux de Pompée : l'élévation de ce dernier semblait être le but final de César. A peine le triomphe de Pompée sur les pirates fut-il connu à Rome, qu'un tribun, Caïus Manilius, homme vénal pour qui voulait l'acheter, et vil instrument de la puissance des autres, proposa une loi qui déférait à Pompée la conduite de la guerre contre Mithridate 4 .

La proposition de Manilius soulève une vive indignation dans l'aristocratie 2 . La puissance donnée à Pompée par cette loi était sans limites : mais il était alors l'idole populaire. Cicéron et César avaient parlé en faveur de la loi, parce que ce moyen était le plus propre de flatter le peuple et de profiter de l'affection qu'il montrait à Pompée. Dans cette nouvelle intrigue, César, qui avait désuni auparavant Pompée et le sénat, réussit à les faire se haïr réciproquement. Un homme, du caractère de César seul, pouvait oser tendre les mains à l'élévation inouïe de Pompée, et ne pas craindre en même temps pour l'anéantissement de ses propres projets. Il pénétrait dans l'esprit de Pompée comme dans son propre intérieur. Il connaissait son respect pour les formes de l'Etat, et sa crainte de saisir le souverain pouvoir par d'autres moyens que par ceux qui avaient au moins la légalité ou l'apparence de la légalité. Il connaissait son impuissance à se distinguer ailleurs qu'à la guerre, son inaptitude à enchaîner la

1. Velléius Paterculus, liv. Il, ch. xxxm. — Dion Cassius, liv. XXXVI, ch. \xv. — Plutarquc, Vie de Pompée, ch. xxx.

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