‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 90 sur 289 · Suétone, Vie de Cé*ar, ch. xxiv · texte numérisé non relu

Suétone, Vie de Cé*ar, ch. xxiv

et, sans reconnaître en réalité toutes les qualités de ses ennemis, il chercha avec une sévérité impitoyable à planter les trophées vainqueurs des Romains dans tous les champs de la Gaule. Ce procédé ne fut cependant pas une perfidie générale, une ironie de distinction, une insensibilité sardonique; mais il s'explique par la pensée politique des Romains. Ils étaient conquérants, rarement humains : ils ressemblaient beaucoup aux Arabes.

Mais avant de suivre César dans son gouvernement et ses guerres dans la Gaule, nous devons jeter un coup d'œil sur ce qui se passait à cette époque à Rome même. Nous avons parlé plus haut de la loi Julienne ou Vatinienne de alternis consiliis rejiciendis. Quand César apprit qu'on accusait C. Antoine, collègue de Cicérondans le consulat, il retarda la présentation de cette loi jusqu'à ce que le procès fût entamé ; ensuite il limita sa loi à des actions judiciaires futures, afin que le consulaire, le conservateur, ne pût en profiter 1 . C'était de bonne guerre, si Ton veut, mais ce n'était pas là l'action d'un honnête homme.

Quand César obtint pour cinq ans le gouvernement des Gaules, Caton s'était écrié d'une voix prophétique : « C'est la tyrannie que vous armez et vous la mettez dans un fort au-dessus de vos têtes 2 . » Pompée et Crassus avaient fait tous leurs efforts pour seconder César dans l'accomplissement de son désir d'être nommé proconsul des Gaules. Le premier crut duper César en

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