‹ Le grand perturbateur romainChapitre 115 sur 277 · Ibiri,, 1. IV, ch. iil · texte numérisé non relu

Ibiri,, 1. IV, ch. iil

.1. Ibid., I. IV, ch. IX.

HISTOIRE DE CËSAR.

d’envoyerà la cavalerie qui formait l’avant-garde romaine l’ordre de ne pas commencer le combat ; que ses propositions avaient leur approbation. Ils juraient que si le sénat et les principaux de la nation des Ubes s’engageaient à les recevoir sous la foi du serment, ils accepteraient toute condition que César leur imposerait; ils demandaient trois jours pour consommer cet arrangement. César pensait bien qu’ils sollicitaient ce délai de trois jours pour donner à leurs cavaliers absents le temps de revenir; cependant il leur dit qu’il ne s’avancerait pas au delà de quatre milles, pour trouver de l’eau, et il leur recommanda de venir le lendemain en grand nombre, pour qu’il prît connaissance de leurs demandes. César envoya dire à sa cavalerie d’avantgarde, de ne point attaquer les ennemis, et, s’ils étaient eux-mêmes attaqués, de tenir seulement jusqu’à ce qu’il se fût rapproché d’eux avec l’arrnée*.

Mais tout à coup huit cents cavaliers germains tombèrent sur la cavalerie romaine forte de cinq raille hommes, parmi lesquels cette attaque imprévue mit promptement le désordre. Il y a lieu d’admettre que la cavalerie de César, gauloise en grande partie, ne voulut pas se sacrifier jiour son oppresseur. César déclara que cette action des ennemis était une trahison; attendre, en outre, que les troupes s’augmentassent par le retour de leur cavalerie, eût été, pensait-il, de la dernière folie. Le lendemain matin, les Germains se réunissaient en grand nombre avec tous leurs chefs et les vieillards, et vinrent au camp de César pour se justifier; ils jetèrent

1, Céiar, Guerre de» Gaulei, 1. IV, ch. xi.

HISTOIKK DE CSSAR.

la faute sur la jeunesse qui n’avait point oIkm aux ordres ((u’on lui avait donnés'. En outre, ils demandaient une prolongation de la trêve. Le proconsul les fit arrêter, et conduisit aussitôt ses légions sur trois lignes contre l’arniêe ennemie privée de ses chefs, avant qu’elle ne fût instruite de ce qu’ils étaient devenus. Frappés tout à la fois d’une terreur subite, et par la promptitude de l’arrivée de l’armée romaine, et par l’absence de leurs chefs; n’ayant le temps ni de délibérer, ni de prendre les armes, ils ne savaient, dans leur trouble, s’ils devaient marcher contre les Romains, défendre le camp ou chercher leur salut dans la fuite. Ceux qui purent s’armer combattirent entre les chars et les bagages; mais en entendant des cris derrière eux, et voyant le carnage qu’on faisait des leurs, ils jetèrent les armes, abandonnèrent leurs enseignes, et s’échappèrent du camp. Parvenus au conlluent de la Meuse et du Rhin, l’espoir de fuir leur fut ravi ; un grand nombre se noya dans le lleuve, et un nombre aussi considérable fut tué par la cavalerie que César envoya à leur poursuite *. Mais ils ne périrent cependant pas tous, car l’iiistoire en parle encore plus tardL Celte partie de la cavalerie des Usipèles et des Tencthères qui avait passé la Meuse pour fourrager et qui n’avait point assisté au combat, s’était, après la défaite des Germains, retirée au delà du Rhin et jointe aux Sicambres. César rendit aux chefs qu’il avait retenus, la faculté de se retirer; mais ceux-ci.

1. Ci'sar, Guerre des Gaules, I. IV, ch. xin. — Dion Cassiiu, 1. XXXIX, ch. ILVIl, ÏLTllI.

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