‹ Le grand perturbateur romainChapitre 117 sur 277 · César, Guerre des Goules, 1. IV. cli. i « \vi · texte numérisé non relu

César, Guerre des Goules, 1. IV. cli. i « \vi

î. Plutarque, Vie de César, rh. xxii.

HISTOIHK DE CESAR.

du Rhin ne les décourageaient point, ils revenaient constamment à la charge ; les Gaulois comptaient sur eux comme sur des libérateurs, (’ésar devait donc frapper un coup, leur montrer qu’on ne devait point le provoquer ni l'irriter. Mais, d’un autre côté, il est aisé de voir que, dans son opinion, il était plus sage de ne point s’engager dans une guerre avec l’alliance des Suèves, ce que César avoue ou cache dans des phrases de rhétorique. César, dit-il lui-môme, après un très-court séjour dans ce pays (des Sicanibres, peuple qui habitait entre la Sieg et la Ruhr), dont il brûla les boui gs et les habitations et détruisit les récoltes, se rendit chez les Ubes, et leur promit son secours, s’ils étaient attaijués par les Suèves. Il apprit d’eux que ces derniers, informés par leurs éclaireurs que l’on jetait un pont sur le Rhin, avaient, selon leur coutume, tenu conseil et envoyé partout l’ordre de sortir des villes; de déposer dans les bois les femmes, les enfants et tous les biens, enjoignant à tous les hommes en état de porter les armes de se réunir dans un même lieu; ce rendez-vous était à peu près au centre des régions occupées par les Suèves. C’était là qu’ils avaient décidé d’attendre l’arrivée des Romains pour les combattre. Instruit de ce dessein, et ayant obtenu tous les résultats qu’il s était proposés en faisant passer le Rhin à l’armée, c est-a-dire d intimider les Germains, et de se venger des Sicambres, César, après dix-huit jours en tout passés au delà du Rhin, crut avoir assez fait pour la gloire et 1 intérêt de Rome, revint dans la Gaule et lit rompre le pont',

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HISTOIRK DE Ci!:SAR.

Les Sicambres avaient répondu à César, lorsqu’il leur eut demandé qu’on lui livrât ceux qui avaient porté les armes contre lui et les Gaulois, que la domination du peuple romain finissait au Rhin, que s’il ne trouvait pas juste que les Germains passassent en Gaule malgré lui, pourquoi alors prétendait-il exercer quelque domination et quelque pouvoir au delà du Rhin'? Dans l’exécution de ses plans. César ne devait pas rester inactif, il fallait occuper Rome de sa personne et de ses exploits, exploits qu’il fallait sans cesse renouveler et entretenir. Ensuite il fallait occuper l’armée dans les Gaules, empêcher les révoltes et les méconteutemeuts au moyen de la guerre, au moyen d’une activité incessante, de nouvelles perspectives de gloire, et, chose surtout essentielle pour les soldats romains comme pour leur général, de nouvelles perspectives de pillage et de butin. Pour étonner les Romains, pour captiver l’admiration de la vile multitude du théâtre et des jeux. César passa le Rhin non dans des bateaux que les Ubes lui offrirent, mais bien sur un pont que les habiles ingénieurs de l’armée du proconsul avaient jeté sur le fleuve, probablement entre Bonn et Coblentz. Voici comment ce pont était construit ; « On joignit ensemble, à deux pieds d’intervalle, deux pieux ou poutres d’un pied six pouces d’équarrissage, un peu aiguisés par le bas, d’une hauteur proportionnée à celle du fleuve. Introduits dans l’eau à l’aide des machines, ils y étaient fichés et enfoncés à coup de masse (ou de mouton?), non dans une direction verticale, mais en suivant une ligne oblique et inclinée selon le fil de l’eau.

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