Dior. Caitlus, I. XI. ni, cli. xxv
HISTOIRE DE CESAR
Pendant son séjour à Alexandrie, César apprit à connaître les divisions de l’année qui lui servirent d’exeniitle pour convertir l’année lunaire romaine en année solaire. 11 corrigea les fastes, tellement dérangés par la faute des pontifes et par l’abus, déjà ancien, des intercalations, que les fêtes de la moisson ne tombaient plus en été, ni celles des vendanges en automne. César, par les soins du pcripatéticien Sosigènes, qu’il avait amené d’Egypte, régla l’année sur le cours du soleil et la composa de trois cent soixante-cinq jours, en supprimant le mois intercalaire et en augmentant d'un jour chaque quatrième année*. On introduisit une compensation dans le temps : on ajouta aux trois années égyptiennes de chacune trois cent soixante-cinq jours, une quatrième année de (rois cent soixante-six jours, ce qui produisait un cycle de quatorze cent soixante et un jours, qui n’était que de trois quarts d’heure trop long, et qui n’était ensuite dérangé que d'un jour de trop dans cent vingt-huit années. 11 n’y avait que trois cent cinquante-cinq jours dans l’année lunaire. Les dix jours d’augmentation furent répartis entre les mois de la manière suivante : on en ajouta deux au mois de janvier, d’août et de décembre, et un seulement au mois d'avril, de juin, de septembre et de novembre. Les six heures restantes devaient former, tous les quatre ans, un jour, lequel fut intercalé dans le mois de février, avant le sixième jour qui précédait les calendes, d’où il fut appelé bissciie et rannee bissextile. César fit adopter dans
1. SuiMone, Vie de C<*snr, cli. xl. — Dion CassiuA, 1. Xl.lil, cli. xxvi. — Api'icn, Gueires civiles, 1. Il, cli. cuv.
HISTOIIIE DE CÉSAR.
tout l’empire ce nouveau calendrier qui reçut le nom de julien. Pour remetire celle année-là en harmonie avec le cours du soleil, il fallut la prolonger de quatrevingt-dix jours, de sorte qu’elle en eut quatre cent quaranle-cinq; on la nomme l’année du désordre ou de la confusion. Le calendrier de Sosigènes dura quinze siècles, jusqu’à ce que le pape Grégoire XIH le réforma en 1582. Ce fut comme pontifex maximus, chef des prêtres qui établissaient le calendrier annuel, que César commanda la réforme du calendrier. Il y avait dix-sept ans qu’il était revêtu de cette haute dignité.
La lutte de César avéc ses adversaires semblait entièrement terminée, sa domination assurée, lorsque, sur un point de l’cmpirç romain, s’éleva une guerre qui menaçait de devenir plus dangereuse que toutes celles du passé; et celte guerre menaçait le pouvoir de César. Son activité fut donc interrompue à Rome par la nécessité d’une absence; il fut forcé de quitter momentanément Cléopâtre. Les nouvelles qui arrivaient des provinces étaient inquiétantes. La guerre allait se rallumer Sextus Julius, gouverneur de Syrie, fut refoulé pat Cæcilius Bassus, un pompéien. Décimus Brutus apaisa une révolte des Bellovaques dans la Gaule transalpine. Mais au couchant s’éleva une tempête qui pouvait devenir menaçante, funeste et même désastreuse. Cnéius Pompée, Labiénus et d’autres chefs moins célèbres avaient rassemblé en Espagne les restes des débris des partis de Pompée et de la République.îEn^ l’année 49, César avait donné le gouvernement de l’Espagne ultérieure à Q. Cassius qui s’était fait détester par sa dureté et ses rapines. En l’année 47, C. Trébonius lui succéda :
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on lui obéit pendant quelque temps, mais ce ne fut que pour mieux dissimuler. Les légions commandées par Longinus et Marccllus, quelques villes d’Espagne qui s’étaient révoltées renirèrent dans l’obéissance sous le nouveau gouverneur. Mais comme elles craignaient le châtiment de César, elles envoyèrent des émissaires à Scipion pour lui faire savoir qu’elles étaient prêtes à se détacher du dictateur. Cn. Pompée fut envoyé contre les césariens d’Espagne avec trente vaisseaux et deux mille hommes mal armés*. Après avoir échoué dans son attaque d’Ascurum, ville de la Mauritanie occidentale, il s’empara des îles Baléares, et, après une forte opposition, de l’île d’iviça, une desPityuses. Là, une maladie le força à l’inaction. On n’eut de lui aucunes nouvelles à Rome. Comme les soldats campés en Espagne n’entendirent point parler de Pompée, qu’ils avaient ensuite appris la mort de Scipion, et que C. Didius approchait avec une flotte pour les attaquer, ils ccaignirent d’être vaincus avant l’arrivée de Pompée : sans perdre de temps, ils nommèrent pour leurs chefs le chevalier Titus Quintius Scapula et Quinlus Âponius, chassèrent Trébonius le césarien, et enfin mirent en révolte toute la Béti(|ue^ (contrée du bassin du Guadalquivir, une grande partie de l’Andalousie actuelle).
Enfin Pompée débarqua sur la côte sud-est de l’Espagne : quelijues villes se soumirent immédiatement, car la tyrannie des gouverneurs césariens les avait exaspérées, et par le souvenir de Pompée le Grand,