Suetnne, Vie de César, ch. ixxvii
CÉSAR
le ciel, qui eut soin de lui, ne favorisa pas moins la postérité en donnant la dictature à Sylla. C’est à G. Sylla qu’on doit la conservation des œuvres d’Aristote. A la prise d’Athènes en l’année 86 avant l’ère vulgaire, 2.36 ans après la mort d’Aristote, Sylia eut en sa possession la bibliothèque d’ApelIicon de Téos. Dans cette bibliothèque se trouvaient les œuvres d’Aristote et de Théophraste dont Néléos, fils de Koriskos de Sckepsis, avait hérité en 285. A sa mort, Néléos avait légué les ouvrages des deux philosophes à ses héritiers, gens ignorants, qui ne prirent aucun soin de ces livres. Mais en apprenant le zèle littéraire des Attales, maîtres de la ville alors, qui cherchaient des ouvrages pour la bibliothèque qu’ils fondaient à Pergame, les héritiers de Néléos cachèrent ces livres dans un souterrain. Endommagés par l’humidité et les vers, ils furent vendus par cette famille pour un prix élevé à Apellicon. Ce dernier était plus amateur de livres que de philosophie; pour restaurer ces ouvrages et suppléer aux lacunes qui s’y trouvaient, il fit transcrire de nouveau les anciens textes et publia ensuite ces livres remplis de fautes. La bibliothèque d’ApelIicon fut envoyée à Rome par Sylla, où Tyrannion, grammairien, en fit usage. Il communiqua les œuvres d’Aristote à des libraires qui employèrent des copistes infidèles, et c’est ainsi que le texte fut mis en circulation, surchargé d’incorrections etd’erreurs. Lucullus et Cicéron en eurent des exemplaires, et enfin Andronique de Rhodes, vers l’année 70, classa les œuvres du Stagyrite et y ajouta les sommaires actuels *.
Sylla, par la distinction de son intelligence, aimait la
1. Cicéron , Lflires à Alticus, iv, x. — Plutarque, Vie de Sylla, ch. xxvi. — Simbon , lir. XIII , p. SOS, 600.
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