‹ Le grand perturbateur romainChapitre 4 sur 277 · I. Ticitc, nisloira, liv. I, ch. rv · texte numérisé non relu

I. Ticitc, nisloira, liv. I, ch. rv

s’était un instant relevée sur son lit de mort. Mais pour prolonger cette seconde vie, cette vie arlificiclle, Rome n’avait déjà plus de dictature. Une seconde fois retombée sur elle-même, Rome était morte une seconde fois. Et comme au désert toute chose morte est vouée au\ balayeurs du globe, Rome, pour fimlre jusqu’à sa place dans la mort, attendait aussi son aigle. 11 arriva, mais il n’était pas seul. Avant de rester maître de la proie, il fallait triompher par la force ou par la ruse. I.a souplesse cauteleuse d’un individu sut donc vaincre l’appétit des autres; le fait accompli s’imposa donc pour justifier l’envie et l’efTort; et si le prcndcr empereur de Rome n’en eut pas le nom, les institutions sur lesquelles il appuya son autorité accusèrent toujours des ambitions personnelles.

Dans l’histoire de rétablissement de l’empire à Rome, on retrouve l’origine des puérilités et des prétentions vaniteuses que la monarchie , étayée sur un orientalisme ignorant et avide du surnaturel , a insensiblement érigées en une sorte de culte h son bénéfice. Ce fut surtout l’œuvre des derniers siècles avec l’aide du sacerdoce chrétien.

C’est dans cette histoire qu’on voit poindre les premières tendances de certaines dynasties gouvernementales à s’autoriser de la noblesse véritable ou supposée de leurs origines pour suspendre paresseusement le soin de leur dignité propre. C’est dans cette histoire qu’on découvre la raison du prestige que ces familles se sont conservé jusqu’à nous, quoique, pour le justifier, elles n’aient montré sur les autres hommes de supériorité ni dans la science, ni dans la vertu, ni dans la valeur militaire. Une

douloureuse expérience ne nous a-t-elle point trop souvent appris que, loin de nous surpasser, elles sont presque toujours restées depuis nn temps reculé, au-dessous du niveau intellectuel, plastique et moral de leurs gouvernés ? Et pourtant, ne se sont-elles pas toujours prétendues infaillibles dans leurs jugements et dans leurs décrets? IN’ont-elles pas même, dans leur cérémonial , dans leurs atlribiils et jusque dans leurs appelalions impies, parodie la majesté des dieux.

Des conjonctures déplorables et certains événements amenés avec habileté, favorisèrent l’ambition égoïste d’un homme qui prépara, par son astuce et sa patience, la conversion subreplice de la République romaine en empire inilitaireinent despotique. Cet homme fut César.

CÉSAR

CHÂP1TI\E PREMIER.

Les 37 premières années de César, de l’année 102 avant Père vuJgairo jusqu’à son édilit* en 0r>.

Le 12 juillet (le I’anm>e 652 de la fondalicjn de Rome, 102 ans avant l’ère vulgaire, diK-neuf ans après la mort de Gains Gracclius, dans l’année de la victoire de Marius sur les Cimbres et les Teutons à Aix en Provence, naquit Caïus Julius G'-sar, fils de Ci. Julius César, mort préteur en l’année 8/i, et d’Aurélie, fille de Marc Aurélius Gotta, morte en l’année 5ü, Sa mère présida à son éducation * et il eut pour maître le grammairien Marc-Antoine Gniplion, né en Gaule, de parents libres, et d’un f,Tand savoir dans les littératures grecque et latine^. Sous la conduite de ce directeur, ses dispositions naturelles se développèrent rapidement et avec abondance. Dans son enfance. César vit, entre autres, les luttes de Marius avec Sylla, de nombreux

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