CHAPITRE II
rans et ses clients. Or, le parti conservateur dut le haïr, car les mots de loi agraire sonnaient mal aux oreilles des patriciens. Ces mots avaient été le cri de guerre de leurs ennemis depuis quatre cents ans ; ils étaient surtout désagréables dans ce moment et dans la bouche de César, qui, pour son propre compte ou au service de Pompée, menaçait de circonscrire la ville de ses camps nombreux*. Et enfin, qu’allait-il arriver, puisque des consuls prenaient le rôle des tribuns promoteurs de la loi agraire , au lieu de tuer ces tribuns détestables, comme fitL. Opimius, ou au moins d’empêcher l’exécution de ces motions comme le firent beaucoup d’autres
Cependant la loi agraire n’était pas encore votée. Le sénat fut de l’avis de Caton, qui conseillait de laisser les choses dans leur état, sans toutefois bhïiner le projet de loi Ce fut alors que César s’adressa au peuple. Dans une assemblée populaire légale ou Concio, dans le Forum, à laquelle il avait invité les magistrats. Pompée et Crassus, il parla sur la rogation qu’il avait fait publier. César fit monter Pompée à la tribune, et lui ayant demandé s’il approuvait la loi, celui-ci lui l’épondit alîirmalivement. (’.rassus, interpellé sur le mémo sujet, répondit de même. « Et que ferais-tu, demanda César à Pompée, si les ennemis recouraient à la violence? — Je viendrai, répondit-il, et conti-e ceux qui tireraient le glaive, je tirerai le mien, et j’apporterai aussi mon bouclier *. » I^e peuple était dans la