CONDITIONS NOUVELLES
rité, elles pourront à tout moment être assaillies par des escadres aériennes ; ils s'apercevront que, tout comme les autres nations, ils devront, aussitôt cetteguerre*terminée,commencer à reconstruire sous terre leurs villes, et que cette obligation, comme aussi celle de liquider leurs dettes nationales, sera un fardeau désespérant, sous lequel ces pays chancelleront et deviendront aussi désireux d'une paix durable, que Tétaient les autres nations avant que n'éclatât cette plaie germanique. S'ils veulent continuer la guerre comme un commerce, ils verront, aussi pleinement que le verront simultanément les autres nations, que toutes les grandes banques des villes telles que Berlin, Londres et Paris, devront être réédifîées sous ^ terré. Leurs voûtes devront abriter leurs précieuses archives et des sécurités de toutes sortes devront être ménagées profondément sous le sol, afin qu'aucun danger de perte ne puisse subsister. Seul l'emplacement pour le travail de jour devra être au-dessus du sol. Les galeries drart et les grandes bibliothèques devront être reconstruites au moins à dix mètres sous terre, l'entrée seule étant à la surface, sinon quelques bombes suf-
fîraient à détruire, à n'importe quel moment, les grandes collections de chefs-d'œuvres et les merveilleuses collections de livres.
Les grands palais des rois et des riches devront avoir leurs chambres à coucher et leurs salles de banquet souterraines (et ceci n'est précisément pas un travesti des faits) ; ils devront être réédifiés de la sorte et le travail devra être entrepris de suite, si la paix universelle n'est pas établie et maintenue. Dans chaque grande ville, de vastes caves devront être construites, afin de pouvoir y loger des milliers de personnes avec le confort nécessaire. Elle devront être situées dans toutes les parties de la ville, afin que les gens puissent en cas de danger y trouver de suite un abri et y séjourner plusieurs heures. Toutes les toitures des monuments devront à l'avenir être rendues plus résistantes et, si possible, à l'épreuve des bombes. Chaque habitant de la ville, y compris les enfants, devra avoir son masque à gaz, prêt à s'en servir à toute heure, de la naissance à la vieillesse ; car si la guerre doit continuer, les obus asphyxiants seront perfectionnés et plewvront sur les villes, tuant des milliers d'êtres que les ex-
CONDITIONS NOUVKLI>ES
plosifs n'atteindraient pas. L'expression ''au front" ne sera plus employée dans le langage, à l'avenir, car l'arrière sera dorénavant confondu avec le front. Tout le monde sera sur la ligne de feu. Les enfants, dans les écoles, devront faire des exercices mensuels, pour prévenir les paniques en cas d'invasion par la voie des airs.
Considérez alors, si vous le pouvez, cequ'il adviendrait si toutes les nations de la terre, dès la fin de cette guerre, en préparaient immédiatement une autre dans ees conditions. Chaque nation construirait aussitôt de grands sous-marins, de grands paquebots sousniîlrins, — elle devrait aussi tenir prêts pour l'attaque 5 à 10.000 destroyers sous-marins, — ainsi que de puissantes armées de tanks et 25 à 30.000 aéroplanes, avec tous les perfectionnements modernes. Cette méthode de guerre est tellement nouvelle que tous les ans presque toutes les machines construites devraient être remplacées, en tenant compte des progrès techniques sans cesse en voie de réalisation. Chaque nation devrait se munir des instruments de guerre les plus récents, les autres devenant inutiles. Ainsi, si la guerre devait
continuer d'exister, tout ce qui resterait dans les poches du peuple allemand lui serait pris pour la préparation des nouveaux moyens de guerre de Ta venir et de la reconstruction des villes.
Il ne serait pas possible de conserver les aérodromes à la surface, comme ils le sont actuellement. Chaque nation connaîtrait la situation exacte de ceux des pays voisins, et les aérodromes seraient le premier objectif des forces ennemies. Dans certains cas, il n'y aurait ni ultimatum ni mise en demeure préalables. La première intimation consisterait dans l'arrivée d'une nombreuse escadre aérienne, qui s'efforcerait de détruire autant que possible les aérodromes situés en territoire envahi. Pour prévenir ce danger, les aérodromes devraient être consiruits sous terre, ou, tout au moins, devraient consister en constructions basses avec huit ou dix mètres de terre au-dessus de la toiture. De frêles constructions en bois comme celles qui existent actuellement seraient inutiles, pour abriter les machines de guerre sur lesquelles les nations compteraient pour leur protection. Ce ne serait pas une petite tâche que de construire 30 à 50.000 aéropla-