‹ Le grand planChapitre 16 sur 56 · LK MONDE PRODIGUE · texte numérisé non relu

LK MONDE PRODIGUE

Ainsi en est-il aujourd'hui du monde; il s'est égaré au loin et il ne peut revenir. La vieille maison est détruite; de remplacement même où elle était bâtie, aucun vestige ne reste. L'homme doit par conséquent reconstruire, et son bien-être dépendra de ce que le plan de la nouvelle construction pourra ou non s'adapter aux matériaux disponibles. Ce devra être le plan d'une maison offrant tout le confort nécessaire à ses occupants. Il sera préférable de ne pas lire les pages qui suivent avec des idées préconçues. Si le lecteur procédait ainsi, il trouverait ce plan insensé, utopique, irréalisable. Il ne l'est pourtant pas du tout ; il suit parfaitement les voies du progrès, il indique les sentiers que les hommes doivent suivre pour sauver le genre humain et le monde. Et, dans la mesure où ce plan sera accepté, on en obtiendra les bienfaits désirés.

L'ambition individuelle des nations ne doit pas constituer un obstacle. Ce plan n'empêche pas aux idéaux nationaux de s'exprimer, au contraire, il les sert, puisque c'est dans la paix que chaque individualité a le temps et les moyens de se déployer.

La crainte que la puissance souveraine des nations

ne soit compromise ne doit pas constituer un obstacle. Chaque unité des Etats-Unis d'Amérique conserve le pouvoir souverain dans la limite de ses frontières. Le fait de faire partie d'une grande association d'Etats aide chaque Etat à conserver son autonomie. Son pouvoir souverain serait au contraire sérieusement menacé, s'il était entouré de pays hostiles dont il aurait à subir les conceptions, sous l'efïet de la crainte.

La théorie selon laquelle toute émission de monnaie doit avoir derrière elle une encaisse métallique ne doit pas constituer un obstacle. Si toutes les mines du monde étaient exploitées jusqu'à leur dernière limite, et si l'argent valait cinq sous le gramme, ces mines ne pourraient produire cinq milliards par an, et cette somme est insuffisante à restaurer et réorganiser le monde d'aujourd'hui.

Si le monde entier tombait d'accord sur la création d'un fond d'amortissement pour la nouvelle monnaie, en anticipant sur les économies des cent prochaines années, il posséderait la meilleure monnaie possible.

Ce ne sont pas ceux qui ont provoqué la guerre

Page 1