COMMENT CES OBLIGATIONS SERONT EMPLOYÉES PAR CHAQUE NATION
Dans l'exemple donné ci-dessus, nous supposions que r Angleterre recevrait la valeur de 200 milliards en obligations. Donnons maintenant un exemple de la manière dont cette nation fera usage des titres reçus pour sa part — car toute autre nation emploiera ses titres de la même manière.
Pour la clarté du raisonnement, nous supposerons que toutes les nations ont payé leurs dettes respectives à l'Angleterre, que l'Angleterre a payé sa dette aux Etats-Unis, et que, en fin de compte, il reste entre les mains de l'Angleterre 175 milliards d'Obligations Mondiales. Ce lot de titres est déposé à la Banque d'Angleterre, qui émet un montant égal de monnaie en billets de 5, 10, 100, 1.000, 5.000 livres sterlings, etc. Cette monnaie est re-
LE CONGRÈS IiXTERNATIONAL
mise au Gouvernement Anglais qui l'emploie comme suit : ce Gouvernement ayant recueilli par exemple, 150 milliards par la voie des emprunts de guerre, pour la continuation des hostilités, une loi interviendra aux termes de laquelle 1/5 des créances résultant de ces emprunts sera arbitrairement rappelé et payable dans un délai de 90 jours, un nouveau cinquième étant rappelé et payable chaque trimestre. De la sorte, en Tespace de quinze mois, toutes les souscriptions aux emprunts de guerre anglais se trouveront remboursées. Ce remboursement est contraire aux termes de rémission, car le rachat est prévu pour des dates plus éloignées,- les premiers remboursements ne devant effectuer qu'en 1921. Mais si un gouvernement a le pouvoir de mobiliser le capital — et nul doute qu'il Tait — en vue de poursuivre la guerre, à plus forte raison doit-il pouvoir amortir ses obligations avant leur échéance, pour assurer la paix et la prospérité publique et préserver le monde d'une guerre nouvelle. Si le Gouvernement Anglais ne voulait cependant pas obliger les détenteurs de titres de guerre à accepter cette Monnaie-Obligation (la meilleure
monnaie du inonde)7(*ontre remise de leurs titres, il pourrait, en tout cas, racheter d'abord toutes les valeurs d'Etat détenues par ceux qui sont disposés à les vendre, et la somme restante de Monnaie- Obligation pourrait en même temp^ être prêtée aux chemins de fer, aux usines et aux entreprises industrielles. L'intérêt obtenu de cette manière serait plus élevé que l'intérêt payable pour les titres non rachetés — de 1 Vo moins, probablement.
La prime de 1 Vo obtenue sur les titres retirés sera utilisée de la manière suivante : Comme il a été dit plus haut, la Banque d'Angleterre émet 175 milliards de Monnaie-Obligation. Cette monnaie, en Angleterre comme dans toutes les autres nations, est émise en séries de 500.000 francs, appelées séries Al, A2, A3, A4, etc. Après les cinq premières années, chaque nation, en recevant du Trésor International sa part des Obligations remboursées par le Fonds d'Amortissement, recevra aussi 1 Vo sur toutes les obligations remboursées, pour toutes les années qu'elles auront couru jusqu'à la quinzième année. Par exemple, admettons que les Etats-Unis reçoivent 1.250 millions pour leur part du Fonds