Hekei^ (Trad. Lbcxercq), t. YII, v partie, p
354 LE GRAND SCHIS1\1E.
déric à son tovip décida Jean XXIII à s'aboucher avec les députés venus de Constamce, Le Pape se lai-ssa convaincre assez facilement de la nécessité d'abdiquer. Sans ressources, sans appui, sans amis, sa volonté semblait anéantie. Il promit de se démettre sans plus exig-er cette fois que ses compétiteurs en fissent autant. Il résiignerait tous ses pouvoirs aussitôt que le concile lui aurait assuré des dédomimagements convenables '.
Sans tenir compte de ces concessions, les pères décidèrent dans leur septième session (2 mai), que Jean XXIII serait assigné devant le concile dans toutes les formes :uridi<;jues, mais aussi avec les garanties l«s plus lairges. La citation fut aflîchée publiquement à cette même porte, de. Kreuzlingen, par où le Pape s'était enfui le 20 mars précédent. Leduc d'Autriche, complice du pontife dans cette fuite, put voir cette pièce oflicielle lorsqu'il revint à Constance pour subir une p.uiblique et cruelle humiliation devant le roi des Romains et une foule de princes et de seigneurs. Il dut implorer soji pardon et se remettre tout entier, avec ses biens et ses sujets, à îa discrétion de Sigismond, qui ne se montra guère généreux. Le 9 mai 1415, le concile envoya une députation au pape pour lui signifier sa citation. Jean XXlll se plaignit amèrement des pères et. différa de jour en jour son départ pour Constance. Le 13 mai, à l'heure de l'ouverture de îa neuvième session, il n'était pas encore arrivé. D'AJlly, Zabarella et Philastre, que le pape avait choisis comme défenseurs, refusèrent alors de se charger de cet office, et une commission de treize membres fut nommée pour entendre les témoins à charge.
Le 14 mai fut le jour de la sentence. Le concile, dans sa dixième session générale, prononçait solenn^l-
1. Von der Hault, t. II, col. iOi; t. IV, pp. 13K. — Mahsi, t. XXVII, p. 6ii
lemenl la peinfi de suspense contre Jean XXI II et défendait aux fidèles de lui obéir désormais '.
Cette grave mesure n'était que le prélude d'une autre plus terrible encore, la déposition. En effet, les chefs d'accusation recueillis contre le malheureux pontife ne s'élevaient pas à moins de soixante-quatorze^ et leur exagératian faisait as^cz voir de quel espnt de rancune et de vengeance étaient animés les accusateurs.
Les députés chargés de porter à Jean XXIII sa citation à comparaître, avaient eu aussi ordre de s'assrurer '.( sa personne et de le ramener à Constance. Ils l'aaient conduit à Radolfzell, à cinq lienes de la ville et iifermé dans un donjon aujourd'hui détruit, sous la .arde de trois cents soldats hongrois. C'est là que le vjjoignirent les cinq cardinaux, et parmi eux d'Ailly, lélégués pour notifier au pontife le décret de suspense 24 mai). L'accusé accepta tout et offrit sa démission. Si ©lï me dépose, ajou(a-t-il, je ne ferai aucune résistance. Je demande simplement qu'on me permette de •sauvegarder mon honneur, ma personne et mon rang, d l'is il signa le procès-verbal de son prénom « Balthazar ^ '^.
Enfin le 29 mai, dans la douzième session générale, en présence du roi des Romains et de quinze cardinaux, Jean fut solennellement déposé. Le décret condamnait l'accusé « comme notoirement simoniaque, dissipateur des biens eoclésiastiopics, administrateur infi ièle de l'Eglise, tant au spirituel qu'au temporel ». Il critiquait aussi avec rudesse sa conduite, qu'il qualiftaitdescan-