‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 145 sur 183 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

4. L'abbé Christophe nous paraît bien dura l'égard de ce saint et digne archevêque (Histoirede la Papauté au XIV» siècle, t. ni, p. 275). U l'accuse de flatteries et d'obséquiosités : • C'est, ajoute-t-il, une de ces créatures faibles qui ne savent peint être fidèles à une conviction, que les circonstances entraînent et que les positions séduisent. » Ce jugement sommaire nous semble plein d'injustice. Jean était l'ami de

lecture de la convocation du concile, acte dont l'importance et l'habileté n'échappent à personne. Grégoire reste dans la logique de sa situation. Il est fidèle à ce qu'il se doit à lui-même et à ce qu'il doit à ses partisans.

« Je convoque ce saint concile, dit solennellement le mandataire du Pape, j'autorise et confirme tout ce qu'il fera désormais, omnia per ipsuin agenda^. »

Cette manière de procéder et de parler ne souleva que quelques protestations; et pourtant cette acceptation ne pouvait-elle point paraître la reconnaissance implicite de la légitimité du pontife et de celle de ses prédécesseurs Innocent, Boniface et Urbain? Grégoire XII n'approuvait rien de ce qui s'était passé dans les premières sessions du synode de Constance. 11 déclarait reconnaître cette assemblée comme désormais légitime et œcuménique, pour que l'union pût se faire, la réforme s'accomplir et l'hérésie disparaître.

Aussitôt le concile déclara que les partisans de Grégoire XII étaient pleinement réconciliés avec ceux de Jean XXIII, et ne formaient plus qu'un seul corps, que toutes les censures prononcées à l'occasion du schisme contre les uns ou les autres étaient levées.

Le vénérable cardinal de Raguse voulut descendre alors jusqu'au rang des simples évêques ; mais le Sacré- Collège ne le permit pas. Pour mieux affirmer la fusion des deux obédiences, Jean reçut l'accolade fraternelle des cardinaux ses égaux et alla s'asseoir immédiatement au milieu d'eux.

saint Anlonin et il fut proclamé bienheureux par Grégoire XVI. Rien dans sa conduite ne donne un fondement quelconque aux appréciations de l'auteur cité qui est habituellement mieux inspiré. Voir plus haut, p. 290.

1. VoN DER Hardt, Iqc. cU. — Mansi, t. XXVII, p. 730et suiv. — Hardooin, t. VIII, p. 384.

LE GR.\ND SCHISME, v 21

3«i2 LE GRAND SCHISME.

Le synode étant à ses yetrx régulièrement constitné, Malatesta lit connaître les pleins pouvoirs qu'il avait reçus de Grég-oire XI 1 pour renoncer en son nom à la papauté. « L'assemblée, demanda-t-il, jwge-t-elle plus opportun de recevoir l'abdication du Pape avant le départ du roi des Romains pour Nice? Ooi bien veul-cl]<' remettre la cérémoDie au temps où elle aura pris connaissance des intentions de Benoît? » — On avait engagé Sigismond à se rendre à Nice pour y conférer avec le roi d'Aragon et le Pape d'A.vigaon. — Le concile se décida pour la renonciation ioiamodiaic.

Le prince de Rinoini la prononça en quelques mots séance tenante, et en remit l'acte écrit à l'assemblée. On entonna le Te Deum, et Malatesta, dont les religieux efforts avaient tant contribué à ce résultat si Leureux. reçut les remerciements solennels de tout le synode ' .

Les pères s'empressèrent d'annoncer l'abdication volontaire de Grégoire aux villes de son obédience et leur firent connaître en même temps la déposition de Jean XXIII. Le vénérable Grégoire XII fui nommé évêque de Porto et légat perpétuel à Ancône. H prit soin de renouveler au concile le témoignage de sa parfaite soumission et de lui exprimer sa reconnaissance pour les égards quon lui avait montrés.

Il mourut à Recanati, non loin d' Ancône, le 18 octobre 1417, sans avoir pu présenter ses hommages à son légitime successeur le Pape Martin V.

Ses dernières paroles furent celles-ci : « Je n'ai point connu le monde et le monde ne m'a point connu. » Il repose aujourd'hui encore dans la cathédrale de Re-

1. (f. \o.N DF.n «AnoT, t. IV, p. 3ii-380. — Mansi et Haroovin, toc. cit. — Urpsu (Trad. Lholbiux»), t. VII, \"' partie, p. 391.

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