‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 148 sur 183 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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avait été change et on avait décidé de la tenir à Perpignan, qui appartenait alors au royaume d'Aragon. Benoît y était venu au mois de juin conformément aux conventions antérieures. Quand il vit que Sigismond n'arrivait pas, il s'éloigna de Perpignan, le dernier jour de juin à minuit précis, et déclara le roi des Romains contumace comm« un criminel qui ne se rend pas à l'assignation. Preuve de plus du caractère intraitable du Pape d'Avignon ; ses prétentions croissaient en raison inverse de son pouvoir.

Cependant Sigismond arriva à Narbonne le 15 août ; le 19, il était à Perpignan, où il rencontra le roi d'Aragon, dont la maladie avait retardé le voyage. Benoît l'y rejoignit et les pourparlers se prolongèrent sans résultat pendant plusieurs semaines. A quoi bon raconter ce qui se passa au sein de ces conférences''' Le vieillard se montra semblable à lui-même et tel que nous l'avons déjà vu à maintes reprises. Il se plaignit pour des questions d'étiquette et d'appellation, fit au roi des propositions exagérées et inacceptables, exigea l'annulation des sentences prononcées à Pise, proposa de nommer des commissions d'arbitrage pour l'élection d'un nouveau Pape, etc...^ : faux -fuyants, atermoiements, susceptibilités querelleuses, finesses dignes d'un procureur retors, mais où ne se rencontre aucune trace de générosité, de grandeur d'âme et de pitié pour l'Église en détresse.

Le roi des Romains demandait la résignation pure et simple, mesure si souvent et si inutilement réclamée*; Benoît persista dans ses expédients dilatoires.

i. Mansi, t. XXYH, p. 1111. — MARitsE et Dcrakd, Thésaurus, t. n. p. 1684.

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