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à Constance', et qu on nous dise si, de là à prêcher ouvertement Tanarchie, il y a bien loin.
De fait, en Angleterre dès le commencement du schisme, l'Gsvrier Wat Tyler et le franciscain Jean Bail, tous deux Wiclefistes, soulevèrent les foules par des prédications fanatiques, et, en 1381, vingt mille révoltés vinrent camper audacieusement aux portes de Londres ^. Grégoire XI, dans sa condamnation de rhérésiarque, le fait justement remarquer : « Ces propositions ne sont pas seulement erronées quant à la foi, mais elles tendent à détruire tout établissement politique'. »
Cette anarchie en permanence, on sait comment Jean Hus l'a introduite plus tard en Bohème, quand il y établit la république démocratique et socialiste. Ce malheureux pays a porté longtemps les traces sanglantes des troubles inouïs qui accompagnèrent cette tentative tout à la fois anti-patriotique et anti-religieuse.
D'un autre côté, les Bégards et les Yaudois agitaient tout l'est du monde chrétien et prêchaient toutes les formes de la révolution.
Ç 5. — Les Prophéties du temps.
En cette époque si troublée, des prédictions se répandaient partout, et annonçaient l'apparition de lAntechrist précédant la fin procnaine du monde. Ce n'était
1. Hefele, ilis(oire eles CQiiciieK Trad. Leclbrcq), t. vil, l" partie, p. 221 et 225.
2. Cf. RÉviLLE, Le soulèvement des travailleurs d'Angleterre en 1381, Paris, Picard, 1898). — Tp.eveltas, England of Ihe âge of WycUffe. dans The english kUtorical Review. ine association anglaise, la Wyciif So- ^ iety, réédite en ce moment toutes les œuvres de l'hérésiarque qui, lui aussi, a composé un livre sur l'Antéchrist; c'est son dernier ouvrage. Cf. Revue historique, t. XLV (1891), p. 4C0 (1891) et t. LXXII, p. 460
1899). — J. LiSGARD, Histoire d'Anrjlelerre, t. IV, ch. in.