‹ Le grand schisme d'occident [microform]Chapitre 18 sur 186 · Forme archaïque et populaire de vogliamo · texte numérisé non relu

Forme archaïque et populaire de vogliamo

3. • Bum Domini Cardinales vellent intrare Conclave pro Summo Pontiflce eligendo, fere iotus populus romanus armatus et congregatus in platea Sancti Pétri vociferando et comminando : Romano lo vQlemo, 0, al manco italiano. » S. Vincent Ferrier, op. cit., {° cclxi.

pape romain ou au moins italien, vous serez mis en pièces. »

Tous les cardinaux étaient-ils disposés à céder aux exigences de cette plèbe impérieuse? Qui voulait-on choisir? Quels étaient les partis qui divisaient, à cette heure si grave, les seize membres du Sacré-Collége présents au conclave?

Les Italiens étaient en minorité. Ils se nommaient François Tebaldeschi, cardinal de Saint-Pierre, âgé et invalide; Pierre Corsini, cardinal de Florence; Simon Bressano, cardinal de Milan, et Jacques Orsini*.

Les étrangers, plus nombreux, se divisaient en deux fractions. Les Français comptaient dans leurs rangs Hugues de Montalais, cardinal de Bretagne; Robert de Genève, ancien évêque de Thérouanne et de Cambrai, le futur Clément VII; Pierre Flandrin, cardinal de Saint-Eustache , et Bernard Lagier, cardinal de Glandève. A eux se rattachait Pierre de Lune, cardinal aragonais, le futur Benoît XIII.

Les Limousins faisaient bande à part. Les trois papes avignonnais Clément VI, Innocent VI et Grégoire XI étaient originaires du Limousin; ils avaient créé de nombreux cardinaux, choisis dans leur famille ou parmi leurs compatriotes. C'étaient Guy de Malesset, cardinal de Poitiers ; Jean de Cros, cardinal de Limoges; Géraud du Puy, cardinal de Marmoutiers ; Guillaume d'Aigrefeuille et Pierre de Vergne. L'opinion publique à Rome leur adjoignait Pierre de Sortenac, cardinal de Viviers, et Guillaume Noëllet, cardinal de Saint-Ange.

Donc, en résumé, le conclave comptait 4 cardinaux italiens, 5 français et 7 limousins. Chaque parti avait

4. Et non pas Jean comme l'appellent Tu. de Niem, auteur contemporain, et son biographe G. Erler, Dietrich von Nieheim, p. 324.

son candidat et se promettait bien de le faire triompher par des alliances, des compromis ou des promesses. En tout état de cause, les Italiens et les Français paraissaient disposés à exclure les Limousins, qui, depuis des années^ considéraient le Saint-Siège comme un iief qui leur appartenait en propre.

Tous les documents semblent d'accord pour affirmer que, dès avant le conclave, il y eut des négociations entre les deux partis inférieurs en nombre pour faire échec aux Limousins. Les Italiens unis aux Français auraient accepté un prélat choisi hors du Sacré-Gollége et certaines dépositions prétendent même que le nom de Barthélémy Prignano, archevêque de Bari, fut dès lors prononcé^.

Il est curieux de savoir quelle était en ce moment l'attitude de Robert de Genève, celui qui allait devenir, sous le nom de Clément VII, le rival de Barthélémy. La candidature de l'archevêque de Bari n'avait pas de plus chaud partisan. « Nous aurons cette fois un Italien, ne cessait-il de répéter. Jamais je ne voterai pour ces traîtres de Limousins. » Et il ajoutait : « Par ces saints Evangiles, le pape que nous aurons sera l'archevêque de Bari 2. » Il avait parlé dans ce sens à Barthélémy, qui était son candidat de choix. Pierre de Lune lui-même, le futur Benoît Xlll, entra au conclave animé de sentiments semblables, et il annonça hautement qu'il se proposait d'élire Prignano '. On

1. Gayet, t. n, p. 10. — Fleury, Hist. ecclés., 1. XCVII, ch. 48.

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