Timbre : Petits Brissacs
PuisquMl faut enûn que je quitte^ Ce beau titre de débauché, Je veux devenir hypocrite Crainte qu*i) me manque un péché.
Et je prendrai la contenance De quelque dévot d'importance.
Que jamais plus on ne me parle
De b... ni de cabaret !
Adieu, maître Henry, maftre Charle
Adieu Nanon I adieu Babet!
Et, quoique tard je m*en avise.
Je prétends qu*on me canonise.
Ah! que je vais bien contrefaire Le visage d'un innocent 1 Je ne veux plus songer à plaire Qu'au révérend Père Vincent 2; Et je ne perds pas l'espérance D'être au conseil de conscience.
Que Gauffre s'aille faire pendre 3, Le Normand et d'Orlande aussi.
Les exemples que je veux prendre Ont à la cour mieux réussi.
Pour que ma conduite soit bonne.
Je veux imiter Chaudebonne^
î. Timbre : A vous parler de Gravelines.
2. Saint Vincent de Paul que TEgiise a canonisé ; il fut chef du conseil de conscience que Ton consultait sur les attributions des bénéfices et des évêchés.
3. Le P. Gauffre, fils d'un procureur des comptes, était un esprit fort exalté ; il s'était fait religieux par désespoir de ne pouvoir épouser la femme qu'il aimait, M"** de Mauric. Son zèle religieux ne recula pas devant une extravagance qui le rendit célèbre : un meurtre ayant été commis dans Notre-Dame, duquel on ne put trouver le coupable, Gauffre ^t en son lieu et place amende honorable, pieds nus, en chemise, la torche au poing.
4. L'abbé Le Normand, fils d'un maître des requêtes, était parent de la belle M™* L'Evêque, maîtresse de Patru; il voulut
Voici encore une de ses belles professions de foi :
Que Gaston prétende à Thistoire ' Et le Père Gauffre à la gloire, La Rivière au cardinalat ^ ; Que Condé n'aime que Tinceste^ ; Pour moi je n*aime que le plat Et me moque de tout le reste.
L'histoire avecla renommée, €e n'est rien que vent et fumée.
Pour la gloire je n'y crois pas; La pourpre n'est que bagatelle ; Et l'inceste ne me platt pas, Car ma sœur n'est pas assez belle.
Citons enfin, comme échantillon de sa mordante causticité, cetteépitaphe d'un inconnu (peutêtre Louis XUl) :
En ce lieu gît un grand seigneur, Lequel à notre siècle apprit Qu'on peut très bien vivre sans cœur Et mourir sans rendre l'esprit]
Ses chansons sont généralement des impromptus négligés, composés au moment même sur une table de taverne et parfois en des lieux que nous ne nommerons point, pas plus que nous ne citerons
ôtre lui aussi son amant, quoiqu'il fît sa profession d'être un ^rand dévot. Notre ami Boisrobert l'appelle dom Scélérat. — Nous manquons de renseignements sur d'Orlande ; M. de Chau- •debonne, fort honnête homme et grand ami de M"* de Rambouillet, avait introduit Voiture dans son hôtel.