CHANSON SUR LE RETOUR DE LA ROCHELLE
La chute de la Rochelle (1028) eut un retentissement considérable : c'était non seulement Teffondrement de la puissance politique du parti prolestant, mais un échec pour l'Angleterre qui avait fait tous ses eiïorts pour Tempêcher. Aussi les Parisiens firent-ils à Louis XIII une réception triomphale dont la naïve chanson qui suit est un
écho :
Monsieur d'Uzès, capllaine^, Le Briais, son lieutenant, Et La Place, porte-enseign»*,
— Vive le Roi! — Menaient les badauds de Paris,
Vive Louis!
1. Brave soldat, mais de peu de cervelle; avait servi sous SchombergàCastelnaudary; déposa contre le duc de La Valette; fit quelques sottises lors de la campagne de Roussillon en 1642 et se distingua à Rocroy sous les ordres de Condé.
2. Le duc d'Uzès, gouverneur de Paris. Il était donné aux gouverneurs de Paris d'avoir une forte dose de naïveté ; le duc ne le cédait en rien sur ce point à son prédécesseur M. de Montbazon. On lui faisait dire en voyant mourir un cheval : « Ce que c'est que de nous! »
Ils avaient des chausses rouges, Des pourpoints de satin blanc Avec des plumaches blanches *
— Vive le Roi ! — Dessus leurs beaux chapeaux gris,
Vive Louis !
Dufresnoy, Tapothicaire^, Aide de sergent-major, Porte à Tarçon de sa selle
— Vive le Roi ! — Sa seringue et son étui,
Vive Louis !
El Renouard, son beau-frère, Ayant de fort beaux habits, N*osait ch... dans ses chausses
— Vive le Roi ! —
Car elles n'étaient point à lui.
Vive Louis.
Il y survint une pluie Qui les mit en désarroi.
Aussitôt Briais s'écrie :
— Vive le Roi ! — Adieu tous nos beaux habits !
Vive Louis !
Marchait devant la noblesse Monsieur Handessens le fils^
i . Seuls, les gens de guerre avaient le droit de porter des plumes )lanches au chapeau.
2. « Le père de celui qui fit sa fortune chez M. Le Tellier», le utiir beau-père, par conséquent, de la très belle M"» Dufresnoy, naîtresse de Louvois. Saint-Simon fait de ce Dufresnoy un ecrétaire du duc Claude, son père, et non un apothicaire.
3. René Haudessens, baron de Beaulieu, fils d un riche notaire ,u Ghâtelet et beau-frère d'isaac de Laffemas, de lugubre ménoire, avait de grandes prétentions nobiliaires. D'après des
Avec son bel habit jaune, — Vive le Roi ! —
Chevauchant comme un marquis, Vive Louis!
Vous eussiez vu les bourgeoises, Dedans leurs plus beaux atours.
Regardant par les fenêtres,
— Vive le Roi ! — Tous leurs cocus de maris,
Vive Louis !
Vous eussiez vu les Jésuites Criant comme des enragés :
Ils croyaient faire de la musique,
— - Vive le Roi! — Et poussaient de piteux cris,
Vive Louis !
Les bons pères Jésuites
Firent de beaux chariots.
Les chevaux qui les traînaient,
— Vive le Roi ! — /Etaient aux boueurs de Paris,
Vive Louis !
Puis un beau feu d^artifice Situé sur un grand bateau
Réaux, cet original s*était même, avec la connivence de M. de Rambouillet, fait passer pour un marquis à Madrid. Plus tard, à Constantinople, il reçut force coups de latte sur la plante des pieds pour avoir voulu rôder trop près du sérail. Il avait épousé une femme d'une avarice sordide; et, comme il était Fami du maréchal de Schomberg, il s'invitait quelquefois à dîner chez lui « pour se soutenir, disait-il, car sa femme lui faisait du potage si maigre qu'on n'avait que craindre que le bouillon tombât sur les meubles, car il ne tachait point ».
Fut tiré sur la rivière
— Vive le Roi ! — Devant le Louvre à Paris,
Vive Louis !
Le lendemain de l'entrée, Monsieur Clément fit porter^ Les triomphes et les trophées
— Vive le Roi ! — Droit à sa maison d'Athis^
Vive Louis ;!
Le tout avec la licence De Messieurs les échevins <îui n'ont pas grande science, — Vive le Roi ! — 'Car ils n'ont guère d'esprit, Vive Louis !