CHANSON A L'OCCASION DE CORBIE
(Timbre : Bihi tout est frelore ou Or nous dites Marie. Nous ayons adopté la yersion de divers manuscrits et non celle de des Réaux)
Lors ce grand capitaine, Monsieur de Montbazon^ Conduisait dans la plaine Le premier bataillon
d'artifice dont parle le couplet suivant, et qui n'eut lieu que le lendemain, les Parisiens portèrent à Tenvi des fagots aux énormes feux de joie qu'on alluma sur la place de Grève et sur le terre-plein du Pont-Neuf. La machine hydraulique de la Samaritaine, qui donnait l'eau aux bas quartiers, se trouvait à peu près à la hauteur de la deuxième arche de droite, pas très loin, par conséquent, du feu de joie.
1. Hercule de Rohan, duc de Montbazon. — La seule vue du guet, qu'il prend probablement pour l'ennemi, suffit à le faire revenir à son hôtel, rue Bethisy.
Tout droit au bac dAsnière.
Mais le guet qui le vit Lui fit tourner visière A la rue Bethisy.
Après, prit sa rondache Monsieur de Guimené^ Retroussant sa moutache :
« Où est mon père allé ?
— ;^11 est en très grand erre Avec le duc d*Uzès, Marche droit à la guerre Par la porte Baudets. »
Entendant cette alarme, Monsieur de Marigny^ Alla crier : « Aux armes », Au président Chevry 3
1. Le prince de Guémenée (Louis de Rohan), fils du précédent. Tallemant des Réaux, qui l'accuse de poltronnerie, sans compter le Feste, donne la variante :
Le prince de Guimné Disant à son bardache Où est mon père...
La porte Baudais ou Baudets n'existait déjà plus; place Baudoyer, près Saint-Gervais.
2. Alexandre de Rohan, marquis de Montbazon, frère de M. de Montbazon et qu'il ne faut pas confondre avec le chansonnier Marigny de la Fronde.
3. Charles Duret, seigneur de Ghevry, président à la Chambre des Comptes, avait été le complaisant et la créature de Sully; il avait commencé de bâtir le palais Mazarin; aussi hâbleur que poltron ; un grotesque ; il était contrôleur général des finances mais ne s'enrichit pas. 11 mourut dans l'année après avoir subi l'opération de la taille ; Laffemas composa une épitaphe qui concluait par ce jeu de mots :
Car si la taille l'a fait vivre, La taille aussi l'a fuit mourir.
Disant : « Mon capitaine, Marchons tout promptement Et prenons pour enseigne Le marquis de Royan^ »
Ce grand foudre de guerre,
Le comte de Brusion,
Etait comme un tonnerre
Dedans son bataillon ^
Composé de cinq hommes
Et de quatre tambours, j 4 Criant : « Hélas ! nous sommes
f A la fin de nos jours ! »
' ^ Le comte de Noailles^
Rouge comme un Bacchus
Menait à la bataille
Tous les enfants perdus.
Criant : <* Qui veut me suivre ? »
Et le gros Saint-Brisson
Conduisait pour tout vivre
De Tavoine et du son^.
Monsieur de Parabelle (sic) *, Gouverneur du Poitou, Qui, depuis la Rochelle, N'avait pas vu le loup,