‹ Le grand siècle intime; le règne de Richelieu (1617-1642) d'après des documents originauxChapitre 33 sur 182 · Henri d'Escoubleau · texte numérisé non relu

Henri d'Escoubleau

marié par le cardinal qui lui donna Magdeleine Séguier, fille aînée du chancelier. C'était la préférée du père ; elle était assez jolie et bien faite, mais un peu sotte ^ et la mère aimait mieux la cadette Charlotte quillattait davantage son orgueil : Charlotte avait en effet épousé le prince d'Enrichemoiit-, h la grande joie de la chancelière, la vaniteuse Marie Fabry, qui, en bonne parvenue qu'elle était, ne se possédait point de pouvoir parler à tout venant « de la princesse, ma fille ». L'aînée fut sacrifiée aux volontés de Richelieu ; sacrifiée est le mot : Coislin était bossu; mais il avait du mérite, et son courage, qui allait jusqu'à la témérité, causa sa mort. Son tout-puissant cousin le nomma colonel des Suisses, et ce pauvre gobin faisait, par contraste, une terrible figure à la tête de ces hommes magnifiques; il eut sûrement poussé sa fortune, mais il se fit tuer à Aire en 1641 . Sa veuve fut courtisée d'abord par M. de Chabot •'^, qui la délaissa pour l'héritière des Rohan^ et devint ainsi la souche des Rohan-Chabot; elle se consola en épousant — à l'insu des Séguier et à leur grande colère, quand ils l'apprirent — le chevalier de Laval-Boisdauphin^. Ce second mari avait toutes les perfections : beau, bien fait, ai-

1. Saint-Simon la dit spirituelle et méchante dans sa vieillesse ; probablement l'expérience de la vie l'avait formée : elle vécut quatre-vingt-dix ans.

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