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Le grand-vicaire Raymond et le libéralisme-catholique [microforme]

M. le Grand-Vicaire Raymond, du Sémaire de St. Hyacinthe, dans un de ses récents écrits. le plus récent peut-être, à dit plusieurs puroles malheureuses et que nous devons relever.

Parlant de l'action de Marie duns La société. M. le Grand-Vicaire à trouvé le moyen de proclamer qu'il n’y ä pas, Où presque pas. en Canada de (rallicanisme et de Libéralisme, donnant ainsi gain de cause à ceux qui accusent l'école ultramontaine de vivre dans la {une et d'avoir l’esprit peu é'endu pour saisir ce qui se passe sur notre planète : (1) Accusation peu inquiétante par elle-même, il est vrai, mais qui comporte un fait d’une importance non vulgaire.

S'il n'y a, en Canada, ni Gallicanisme. ni Libéralisme, il ya des évêques, des prêtres et des lxïques malheureux qui font une gucrre injuste à leurs frères et qui bouleversent tout dans notre jeune Eglise. Bien plus, s’il n'y a, en Canada, ni Gallicanisme, ni Libéralisme, Pie IX s'est mépris gravenient lui-même en dénonçant comme gallicanes et libérales, certaines doctrines modernes et qui ont libre accès chez nous comme ailleurs.

Voilà le fait dans tonte sa simplicité : tel qu'ilest, ne justifie-t-il pas la position que nous prenons aujourd’hui en face de l’école ul*-amontaine outragée, et de Pie {X, censuré indirecteme it par un prétre Canadien-Français ?

Et d'abord, quel est-il ce prêtre ? 11 inporte de le savoir. M. le grand-Vicaire Raymond est un libéral ca-

(1) Un personnage considérable du district de St. Hyacinthe à dit dernièrement à propos de nos querelles religieuses un mot à l'adresse des ultramontains, le voici en substance, Ces hommes exa/tés à l'esprit peu étendu semblent vivre dans la lune et ne Plus votr ce qui se passe sur notre planéte, (Note de la rédaction.)

tholique et, qui plus, est un des plus vénérables, des plus savants, et des plusautorisés de cotte malheureuse école. Dans le camp, sa parole a une belle autorité, voilà pour. quoi sa parole et ses écrits peuvent, au besoin, devenir si f'unestes.

M: le Grand Vicaire Raymond est un catholique libéral, prouvons-le par ses sympathies d'abord. Les sympathies sont les fréquentations du cœur ; or, dis-moi qui tu hantes, jete dirai quitues, t'est le bon sens vulgaire qui a rendu cet oracle, contre lequel M. Raymond et nous, ne pouvon;s rien. Les sympathies de M. le Grand- Vicaire Raymond sont libérales.Qu'on parcoure ses écrits et on s'en convaincra. Les écrivains, les orateurs, les penseurs qu'il cite, ceux qu'il célèbre, ceux qu'il vante, ceux qu'ilexalte outre mesure sont des catholiques-libéraux. Les étoiles, les soleils qui brillent au zénith de son ciel littéraire, politique et religieux sont les Montalemibert, les Dupanloup les Falloux, les Lacordaire, voir même les Lamennais !

Voulez-vous savoir ce que M. Raymond pense de M. de Montalembert ? lisez :

‘ Ilest un homme dont le nom est cher aux catholi- ‘ ques, car il est leur modèle par la vivacité de sa foi et « l'ardeur de son zèle, et leur gloire par l’admirable ta- : lent qu'il à mis au secours de l'Eglise, je veux dire ‘ M. de Montalembert. ’ Oui, M. üe Montalembert, cet homme qui, couché sur son iit déjà glacé par la mort, ranimait son regard presque éteint, le plongeait avec amour sur l'idole du Vatican !

Parlant de Mgr. Dupanloup, monsieur Raymond l'ap-

pelle : “ La gloire de l'Episcopat..…..…… Le grand Evêque er le d-fenseur intrépide et éclairé de l'Eglise... du en PTE arte ete, etc, etc!!! Il n’y a absolument

que Île titre de premier champion de l’Infaillibilité Ponti- Jicale qu'il n'ait osé donner à son i{lustrissime Prélat !

Les autres illustrations catholico-libérales ne sont pas plus mal menés par Monsieur le Grand-Vicaire Raymond.

Et ce n'est pas à un seul endroit de ses écrits que M. Raymond tambourine les gloires libérales, c'est à tout moment. Ilne peut rion dire ni rien écrire sans brûler le plus pur encens de son admiration sur l’autel catho. lique-libéral. Nous avons sous les yeux ses écrits et ses discours sur l'Encyclique,sur l'Eglise et l'Etat sur la T'e-

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lérance, ete., etc., ete, c’est du Dupanloup et du Montalembert imité. A chaque instant, les modèles sont nommés et célébrés avec ur zèle et un enthousiasme extraordinaires |

Fait encore plus significatif, M. le Grand-Vicaire Rav mond a mis un soin scrupuleux à faire suivre l'éloge de ses idoles, de leurs doctrines les plus dangereuses. Ce petit détail est ménagé avec tant de fidélité, qu'on dirait que l'éloge de la personne ne se trouve là que pour autoriser les principes qu’elle professe. On peut s'en convaincre par l'extrait suivant pris entre mille et qui suit toute une kyrielle de compliments à l'adresse de M. de Montalembert : ‘ Les partisans de la tolérance abso- ‘ lue lui font l’injure de le compter parmi ceux qui sont ‘opposés aux doctrines catholiques sur ce point, Eh “ bien ! M. de Montalembert a dit en termes formels dans son livre des Zatérêts catholiques au 1ème siècle: “Sion pouvait supprimer la liberté de l'erreur et du ‘“ mal, ce serait un devoir. Mais l'expérience prouve ‘“ que dans notre société moGerne, on n'er peut venir à ‘“ bout sans étouffer également la liberté du bien. La li- “ berté de convaincre tourne aujourd’hui au profit de lu «“ religion. Sans doute, il serait insensé de la proclamer “ dans les pays où elle n’existe pas, mais là ou ce prinei- ‘“ pe existe, où il a été une fois inscrit dans les lois, gar- ‘« dez-vous de l’effacer, eur il devient la sanvegarde de Ia “ loi et le boulevard de l'Eglise. ”

Sympathies de M. Raymond vous êtes libérales. Le passage de Montalembert que vous venez d'embrasser est la quintessence même du libéralisme-catholique, comme le livre qui vous le fournit est lui-même le programme avoué des libéraux-catholiques français, allemands italiens.

Le livre des ‘ Zntéréts catholiques du 19e Siècle à été accepté comme un oracle par toute l'Ecole Libérale. Dupanloup, Lacordaire, Falloux, Foisset et jusqu'à César Cantu l'ont loué et célébré. L'Ecole Ultramontaine ne la pas jugé autrement, seulement au lieu de la louer et de la célébrer, elle l’a attaqué, épluché, démoli et réduit à sa plus simple expression. Veuillot, L'Abbé, Jules Morel, Mgr. d'Annecy et plusieurs autres en ont fait des réfutations qui demeureront des chefs-d’œuvre de logique. de bon sens et de doctrine.

Dans les deux camps, il a donc été entendu que le livre

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de Montalembert, tant vanté et si chéri de monsieur Ru vmond, était une production libérale-catholique. Nous sommes des /ibéraux-catholiques à la Montalembert, di. saient les uns. Vousôêtes des l'béraux à la Montalembert, disaient les autres. Et Lacordaire de s'écrier. “Je reux vivre catholique pénitent, et mourir libéral impénitent. ” Et Mgr. Dupanloup, dans un de ces fameux congrès de Malines si chers à M. Raymond, de proclamer que tout catholique devait être libéral, ceux qui n’entendent pas la liberté comme nous le fesons, ajoutait-il, sont les /rhérâtres.

Done, voici un homme, Montalembert, et des nommes Dupanloup, Lacordaire, et qui se disent libéraux-catholiques,cet homme fuit un livre que ces hommes acceptent comme symbole de leurécole; et voilà que monsieur Raymond vient et dit: cet homme et son livre, c’est le plus haut bon sens catholique possible, j’adhère à cela, Je vous en recommande la doctrine, je vous en mets méme la quintessence sous les yeux: «done je ne suis pas catholique-libéral: done, il n’y a point de libéralismecatholique en Canada!!!" N'est-ce pas quelque chose de phénoménal.

Hommes de la planité qui avez l'esprit étendu, parlez, les gens de la lune écoutent !

M. de Montalembert, dans l'extrait cité et recommandé par M. Raymond, dit:# La Liberté de conscience tourne aujourd'hui au profit de la Religion. Cependant Pie IX, dans son encyclique du 8 décembre 1864, dit de son Côté : ‘ Partant de cette id'e absolument fausse du gouvernement social, il n'hésitent pas à favoriser cette opinion érronnée, FATALE A L'EGLISE CATHOLIQUE 64 AU SALUT DES AMES, et que Notre Prédécesseur, d' Heureuse mémoire, Grégoire AV Lqualifiait de DÉLIRE que LA LIBERTÉ DE CON- SCIENCE est un droit propre à chaque homme, qui doit être proclamé par la loi et assuré dens tout État bien constitué.” Aussi, tandisque, selon M. de Montalembert, la liberté de conscience tourne au profit de la Religion, selon les Papes infaillibles, olle est fatale à l'Eglise Catholique, elle est un délice. Entre deux affirmations, l’une. la première, est une simple opinion, l’autre, la seconde, est une parole infaillible. et cependant M. Raymond rejette celle-ci et accepte celle-là. Il opte pour Montalembert et renvoie Pie IX aux calendes grecques !

Pourtant le 15 mars 186), M. le Grand Vicaire Ray-

Ray mend, lorsqu'il proclamait, avec de Montalembert, la Nous liberté de conscience comme fournant au profit de Îx ét Religion, connaissait l’encyclique qui #nathématise cette bert, même liberté ; la preuve c’est que, en 1866. il publiait DeUL | dans la Revue Canadienne un travuil intitulé “ de care :1)+ Pl | et de l'Etat, ”’ dont l’Encyclique était le prétexte ; la ès de | pr euve encore c’est que les paroles de l’encyc jique que tout | nous venons de rappeler ont été citées par M. Raymond t pas | dans le même discours que celles de M. de Montalemlibé- | bert. Mais, dira M. Raymond, Montalembert à ajouté | qu'ilseraitinsensé de proclamer la liberté de consrience dans nes Les pays où elle n'existe pas et qu'il ne faut se garder de ler. atho- | facer que là où elle a été une fois inscrite dans les lois. car, ptent | alors, elle devient la sauvegarde de la toi et le boulerari sieur | de l'Eglise ; or, Pie IX n’a condamné la liberté de consst le | cience que pour les pays où elle n'existe pas, où elle n'a cela, | pas été inscrite, au moins une première fois, dans les s mé- | lois. M. do Montalembert est done d'accord avec Pie pas IX sme- | Nous répondrons à Monsieur Faymond qu'il voudrait, hose | comme il l’a tenté le 15 Mars 1869. et à l'instar des libe- | raux-catholiques, faire croire que la liberté de conscienre, rlez, condamnée par Pie IX, est celle de droit, mais que celle de fait est un fruit de la sage tolérance de l'Eglise. C'ost na n- en cela que consiste son erreur. L'Encyclique du S once Décembre 1864, adressée à tous les peuples, Fee ant aux maux dont alors ils souffraient. Or, alors, la liberté de de conscience était partout où comme droit, où comme du fait, ou comme l’un et l’autre. En France, en Angleterre, | Opi- en Italie, en Autriche, en Belgique, en Espagne, dans LUT tous les pays de l'Europe, de l’Asie, de l'Afrique, cle ire, l'Océanie et de l’Amérique, excepté les pays où la reli- ON- gion de l'Etat était paiïenne, schismatique ou hérétique, tre partout il y avait liberté de conscience. C'était donc lu LH liberté de conscience de droit ou de fait que Pie IX conrté damnait et qu’il demandait aux Princes et aux peuples les d’abolir à tout jamais. Ce n’était donc pas un mai imagiue, naire et à venir, mais bien un mal réel et présent que Pie re- 1X combattait dans la liberté de conscience. C’était donc est M. de Montalembert et toute l'Ecole libérale que Pie IX tte atteignait en flétrissant la liberté de conscience. Et et lorsque, en 1869, M. Raymond proclamait cette même

liberté de conscience comme l'avait fait M. de Monta- Y- lembert, c'était done une doctrine réprouvée par le St

Siége qu'il prêchait et célébrait, Or, prêécher et célébrer ce que la chaire de Pierre condamne et flétrit, si ce n’est pas du gallicanisme et du libéralisme, qu'on nous dise ce que c’est.

Hommes de la planète, et qui avez l'esprit étendu parlez, les gens de la lune écoutent.

Embarrassé de ses sympathies pour la liberté de conscience de son idole Montalembert, Monsieur Raymond se rabattra probablement sur son illustre ami Dupan: loup. Mgr. Dupanloup, dira-til, à tait un livre sur l'Encyclique du 8 décembre 1867, ce livre m'a fourni bien des matériaux pour mes petits et grands travaux de la Revue-Canadienne, de mes brochures et de mes discours ; Je l'ai cité, je l'ai imité. de l'ai loué, je l'ai célébré, j'ai été mâme jusqu'à dire : Eh bien! Pie IX a écrit à l’éloquent évêque d'Orléans pour lui déclarer “qu'il avait donné au document nontifical son véritable “ sons. Or, tout le monde sait que Mgr. Dupanloup à « précisément donné l'explic: tion que je viens d'offrir.” Pouvez-vous me reprocher de penser comme l’Evêque d'Orléans, qui d’ailleurs n’a fvit que répéter les doctrines de M. de Montulembert ? Voici ce que nous avons à répondre à M. Raymond :

Pie IX a félicité Mgr. d'Orléans d'avoir traité le côté politique de l'encyelique ; c'était I} une manière habile de lui note de s'être écarté de la question religieuse, de lu liberté de conscience par exemple. "Tous fes ultramontains ont donné ce sens à la lottre de Pie 1X ; l’un d'eux, Emile Keller, écrivant un livre sur l'encycli: que et fesant allusion à Mgr. Dupanloup, à été jusqu'a dire : * Avec la rapidité de l'éclair, un évêyre illustre, “ descendu dans l'arène de la polémique, à rassuré les ‘ esprits alarmés, en leur montrant clairement ce que Le l'Encyclique n'était pas. Aujourd'hui il reste à voir “ ce qu'elle est, et à trouver en elle ce qui doit, non-seu.

* lement ne pas blesser, mais attirer, satisfaire, cuptiver ‘“ toutes les âmes.” Puis, dans divers endroits de son livre, M. Keller a prouvé péremptoirement que l'encyclique condamnait le libéralisme-catholique tel que préché et avoué par Montalembert, Dupanloup et les uutres. Pie IX a reçu l’œuvre de M. Keller et il lui a adressé un bref qui commence par ces paroles, sanction consolante de tout l'écrit : ‘“ Nous vous félicitons, cher «“ fils, de poursuivre avec ardeur le combat que vous

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“avez vivoment engagé contre les erreurs dominantes, et “d'avoir entrepris de montrer que, pour les nations ‘“ ébrunlées, le seul espoir brille dans la religien et la æ ‘“ justice, dont Nous avons exposé et défondu les ensei “ gnements l'année Æernière par Notre Lettre Encyel: ‘ que et par le Syllabus ou résumé des erreurs condam ‘ nées.”

M. Keller établit que Mgr. Dupanioup a dit que ce que l'encyclique n'était pas; il établit que le libéralisme catho lique est condamné par lEncycelique, et Pie IX lui dit vous avez raison, cher fils. Cependant M. Raymond fiter. vient et s'écrit : or, tout le monde suit que j'ai offert de l'Encyclique précisément la même explication qu'en donné Mgr, Dupanloup : donc, le St. Père a beau dire, et M. Keller à beau écrire, je ne suis pas libéral-catholi que ! Manifostement, il Y à un mystère dans tout ceci. Hommes de la planête, qui avez l'esprit très-étendu, purlez, les hommes de la lune écoutent.

De tout ce qui vient d’être dit, il ressort que les sympathies de Monsieur le Grand Vicaire Raymond sont libérules-catholiques ; que son symbole est le symbole libéral-catholique, que ses auteurs favoris sont libéraux ‘atholiques ; or tout cela nous apprend ce qu'il hante ; donc nous pouvons lui dire ce qu'il est. C'est un libéral- . catholique.

Après avoir interrogé les sympat!ies de M.1le Grand Vicaire Raymond, il ne sera pas mauvais d'invoquer ses antipathies ; si les premiers diseat ce que sont les hommes, les derniers font connaître ce qu'ils ne sont pas. Les antipathies de M. le Grand Vicaire Raymond sont e très-cordialement vouées à l'école ultramontaine. Veuillot, Morel, Maupied, Keller, Dubac, Mgr. Pie, l'Evêque de Tulle, le Père Ramière et beaucoup d’autres

ont parlé et écrit sur l’Encyclique, le Syllabus et généra- : lement sur toutes les questions ayant trait aux rapports de l'Eglise et de 1 Etat. Tous ces écrivains et ces oratertrs '

illustres ont reçu des témoignages de haute approbation de la part du St. Siége, témoignages qui ont communiqué à leurs travaux une belle et grande autorité ; cepen dant M.le (Grand Vicaire Raymond, écrivant sur les mêmes sujets, ne les invoque jamais, et préfère en appeler

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à des illustrations catholico-libérales ec dont les écrits sont indirectement censurés par le St. Père, puisque Sa |

“ : Sainteté x ménagé les encouragements et les bénédic- | | tions à leurs contradicteurs. Ne voit-on pas déjà dans ce | nt simple fuit quelque chose de significatif? Mais il y a | «us encore. è un Non seulemunt M. le Grand-Vicaire n'invoque jamais à les autorités ultramontaines, maïs il les censure, sinon 4 dans les écrit publics, du moïns dans le cercle de ses re- * lations. A disérentes personnes et à mille reprises, mon | sieur Raymond s'est déclaré l'adversaire de Louis Veuil- ; lot, L'Univers de de Mgr. de Tulle, disant du pre-

: mierqu'il fait à la religion un mal incalculable, qu’il , compromet fout et qu'il bouleverse tout dans l'Eglise, et du dernier qu'il n'est qu'un peuvre exalté. Si ce ne sont pas là les expressions mêmes de monsieur Raymord, c'est le fond de sa pensée, et, auand il le voudra, nous lui en donnerons des preuves formelles et irrécusables. Cependan Monsieur Raymond ne peut ignorer : que Pie IX a de Louis Veuillot et de sun œuvre,üe Mgr. de Tulle et de son mérite, une tout autre idée, Assez de marques publiques en ont été données, soit par des brefs, soit par attentions vraiment remarquables ! Quand Pie IX dit ouvertement à ‘ l'Univers” et à son Rédacteur en chef: ‘Je vous bénis... vous faites une «œuvre servant à un haut dégré la religion et la société,”

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mêr comment Monsieur Raymnd peut-ii s'obstiner à accuser St | Veuillot et “ l'Univers” de tout compromettre et de tout ide ruiner dans Re ee ? Lac # Hommes de Ia planète et qui avez l'usprit très-étendu, rati L parlez, les gens de la lune écoutent! à dé M.le (irana-Vicaire Raymond a de grandes antipa- pro: thies pour les ultramontains les plus chéris de Pie IX : ieur donc il n’est pas ultramontain à la façon qui plait à Pie r'ess IX. En revanche ses sympathies sont pour ios libéraux fail catholiques : done nous sommes justifiabies de le quali- réjo fier do catholique-libéral, qua com BINAN. dt cat] ’ ren cor Du] cui ve ,

écrits que Sa énédiclans ce

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jamais , sinon > ses re- 8, MONs Veuillu pree, qu’il "Eglise, Si ce r Rayetre irrécuignorer de Mgr.

Assez par dos !

et à son ites une société,” accuser de tout

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En attendant, M le Grand Vicaire Raymond s'étonne et s'écrie : “ Comment, je suis, moi, un libéral catholique, ‘“ un de ces hommes que Pie IX a définis en leur repro- “ chant d’avoir fait plus de mal à la société française “ que la Commune de Paris ? Allons done! 7; y pense-t-on ? N'’ai-je pas blanchi à l’ ombre du sanctuaire ? n’ai-je pas

vieilli au service de l'Eglise ? Me suis-je jamais ménagé ‘ quand il s’est agi d'attaquer l'erreur et de défendre la “ vérité ? Qui, plus que moi, a défendu l'autorité du St. « Siége ? Pourauoi donc m'adresser des reproches aussi amers et qui me navrent plus que je ne le puis dire ? ? M. le Grand-Vicaire Raymond est un prêtre vénérable. Souvent il s’est armé pour la vérité et la justice en se prenant corps à corps avec l'erreur; plus d’une fois mème, on l’a vu se “"rter généreusement au secours os St. Siége menacé. sous en pouvons dire autant de se idcles cathcliques-libérales. Montalen:.bert, Ft rs Lacordaire, Falloux ont plus d’une fois conquis l’admiration du monde c: atholique par l’ardeur qu'ils ont mise à défendre l'Eglise. Mais, plus d’une fois aussi, is ont profondément attristé ce même monde catholique par ieur libéralisme. M. le Grand-Vicaire Raymond leur ressemble. Quand il proclame la divinité du Verbe, l’infaillibiiité de l'Eglise, la puissance Ge Marie, ete., il réjouit, il édifie grandement le Canada catholique ; quand au contraire, il prêche la liberté de censcience comme fait, quand iltente de rassurer les esprits et les cœurs sur les périls du Gallicanisme et du Libéralisme (C atholique, il attriste grandement le Canada ce: atholique.

Ce n’est pas tout d’invoquer les services qu’on a pu rendre à la vérité, il faut encore prouver qu'on ne l’a pas combattue, Or, M. Raymond, pas plus que Montulembert, Dupanlo:p, ete, ne peut se défendre et se laver de l'accusation que nous lui portons d’avoir contribué dans une

mesure assez large à la diffusion des erreurs du Libéralisme-catholique. Voilà ce que prouvera l’ensemble de notre écrit. Nous ne nions pas le bien qu'il a pu faire. les services qu'il a pu rendre; nous ne lui refusons pas le mérite orthodoxe de beaucoup de ses écrits, nous reconnaissons même que les pages de son libéralisme sont perdues au milieu d’une foule d'attres parfaitement recommandables ; en un mot ce que nous lui reprochons, ce n’est pas le bien qu'il a fait, mais le mal.

M. le Grand-Vicaire Raymond proteste de son devouement à l’Egiise ; les libéraux catholiques lui ont toujours donné l'exemple de cette protestation. IT proteste de son attachement aux doctrines Romaïnes ; les libéraux catholiques lui ont toujours donné lexemple de cette protestation. [Il proteste de sa profonde aversion pour le gallicanisme; les libéraux catholiques lui ont toujours donné l'exemple de cette protestation.

Dans son livre des //éréts Catholiques au 19e siècle Montalembert écrivait : “ Le gallicanisme surtout, qui “ a été peut-être la plus redout: ble et la plus invéterée de ‘“ nos erreurs, est aux «bois. Frappé mortellement par le ‘“ Concordat, il avait repris un semblant de vie et de “ force sous la Restauration ; il à été depuis lors replongé “ dans sa tombe ; grâce surtout aux auxiliaires et aux ‘avocats qui lui sont venus en aide, et qui ont con- “ sommé su défaite dans toutes les âmes vraiment catho- «“ liques. Sous le dernier règne, au lieu d’un Buausset, “ d’un La Luzerne, d’un Frayssinous, il n’a eu pour ‘ apologistes que des jurisconsultes traditionnellement ennemis de la liberté religieuse ; pour pontifes, que les ‘ directeurs de l'administration des cultes : pour conciles que le conseil d'Etat ou les bureaux des journaux ‘ Jes plus hostiles à la foi et aux mœurs, C’est de là, et s. non plus du sein de la Sorbonne et des assemblées du clergé, qu'il à essayé de porter ses coups à la liberté et “à l'unité catholiques. Mais l'énergique résistance de l'épiscopat et des catholiques de France à condamné ‘“ ces tentatives à l'impuissance finale. Il ne lui a pas été “ donné de s’éteindre dans l’obscurité et l'oubli ; il est édencuré étouffé sous la réprobation des fidèles, con- ‘ jondu pas le fait même de ses derniers adeptes avec Îes doctrines les plus contraires à la foi, et avec les atteintes ‘les plus graves à lu liberté et à la dignité de l'Eglise. + Dès 1844, on a pu demander, du haut de la tribune de

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