RAIMOND, BABET, DELORME, DARMONVILLE
DÀRMONYILLE.
Vous voyez, mon cher Raimond , que je suis exact au rendez-vous ! onze heures sonnent.
DELORME, se retournant
Que vois-je ? monsieur Darmonville ...
RAIMONO.
Ton chef de division t
DARMONVILLE.
Vous élîez t!ans l'erreur, mon cher Ralmond, je ne suis pas le chef de division, mais Lien son frère. . .
D ELOR ME, s 'inclmanU Oui, le secrétaire du ministre.. .
Quoi, monsieur, vous êtes...
DARMONVILLE, à Raimond.
Porteur d'excellentes nouvelles. J'ai heureusement trouvé Son Excellence en sortant d'ici. Je lui ai fait part de votre résolution généreuse et pour ne pas laisser trop long-temps voire indépendance à une épreuve de noviciat un peu rude, le ministre , à votre considération rend à Dèlorme la place, si vous en acceptez une autre.
RAIMOND
Je comprends. Il faut que je tombe de Carybde en Sylla.
DARMONVILLE.
Non, pour ne point vous enlever à vos goûts favoris, on vous donne une place de bibliothécaire . . . pouvez-vous refuser!
RAIMOND
Le bonheur de mon ami et tant de bontés ne me laissent que la possibilité de vous témoigner ma gratitude, et veuillez permettre que j'ai Thonneur de vous présenter... (// prend la main de Babet) madame la bibliothécaire... bonne fille, excellente amie. . .
DARMONVILLE.
C'est dire bonne épouse.
BABET
Ah! monsieur Raimond ! . . . mon ami !. . . que j'apprenne à ma mère tant de bonheur. . .
RAIMOND
Nous le lui apprendrons ensemble... en ce moment, mettons-nous à table, et buvons à la santé de l'homme délicat qui vient faire des heureux jusqu'au quatrième étage.
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Air : VcLud. de la Maison de plaisarce.
KAIMOKD.
L'ennui , compagnon des grandeurs , Soutient le faste et l'étiquette ; Le plaisir , couronne' de fleurs , Du pauvre embellit la chambre tte.
Trop peu faits pour s'associer , Jamais leur e'col n'est le môme ; L'ennui s'établit au premier , Le plaisir monte au quatrième.
DARMON VILLE.
Plus d'un personnage en faveur, Dont l'air satisfait nous abuse , Envie en secret le bonheur De son employé qui s'amuse :
Son orgueil contraint à briller, Las des autres et de lui-même , A prix d'or n'a point au premier Ce qu'amour donne au quatrième.
DELORME
Le trouble suit la vanité , La paix est pour la classe obscure , Le riche vit désenchanté, ^jNotre ivresse est constante et pure.
L'homme en place, de s'égayer Ne connaît pas le bien suprême f La haine s'observe au premier, La gaîté trinque au quatrième.
RAIMOND
Surtout brillans , mets délicats Chargent une table opulente 5 Accueil bien franc , dieux ou trois plats , C'est tout ce qu'amitié présente :
Mais quand le vin fait babiller , Des cercles différence extrême , Plutus politique au premier , L'amitié chante au quatrième.
BABEï , au public.
Messieurs, vous savez qu'au Marais, Les porlicTs comme les portières , Annoncent a coups de sifflets Les visites aux locataires.
Mais le service n'est réglé \ Que du premier jusqu'au troisième.
Aussi n'a-t-on jamais sifflé Pour le modeste quatrième.
{M. Varmojwille prend la main de Bahet et la conduit à table ; les autres personnages se placent et déploient leurs serviettes.)