‹ Le grenier du poète, vaudeville en un acteChapitre 2 sur 18 · SCÈNE PKEMIÈEÉ · texte numérisé non relu

SCÈNE PKEMIÈEÉ

Au lever du jideau ^^f^eiif heures sonnent.

RAIMOND ^ derrière le rideau.

Ah ! ah! neuf heures, {il paraît.) J'ai dormi un peu tard. C'est toujours comme cela lorsque je passe we soirée maussade î Je punch , la politique et la triomphe de mon vieux conseiller de la rue Saint- Dominique m'assoupissent pour jusqu'au sur-iendemain. J'y vais toujours de temps en temps , parce qu'il esj brave homme , au fond , ;avec ses idées étroites, et qu'il v^ividr^it la peine d'avoir le sens commun , . . Tiens , j avais laissé la clef sur la portQ.. Voilà ia crème pour mon café , mon pain de deux livres et la braise pour faire mon dcjeâner. Il me faudra mieux aujourd'hui... je traite. . . mais c'est égal , boune petite Babet! C'est une des mille attentions qu'elle a pour moi. . . . pour tout le monde ! aussi chacun Talme. . . -u

Air: Faut r oublier.

PilEMlER COUPLET.

Toujours Babet, par ses manières , Obtient notre iioiumage et nos vcteux , Et je sais plus d'un malheureux Qui la bénit dans ses prières.

Pariez d'un coeur tendre et dîscret ,

De la vertu, de la sagesse.

D'un esprit solide et bien fait.

Et chacun cite avec ivresse Toujours Babet.

Je vois Babet jeune et jolie.

Sourde à tous les propos flatteurs^ D'amour, de soins consolateurs, Entourer sa mère affaiblie.

De ma pauvreté satisfait, Toute ambition m^importune ; Mais si mon sort un jour changeait...

Je ne voudrais de la fortune Que pour Babel, // regarde par la porte du fond qui est enir^ ouverte. Leur porte est fermée. Elle est allée faire respirer l'aîr au malîn à sa vieille mère , comme elle en a ThaLitude ; elle ne tardera pas à revenir, {il regarde sur la tahle,} Bon dieu , que de papiers ! . .elle a monté nmes lettres et mes journaux. (il ouvre un journal) Qu'est-ce qu'on donne ?. . Gymnase, , Variétés. . • pas une nouveauté . . . Ambigu , première représentation. . . « Le Grenier du patte »... drôle de titre. . . j'irai voir si ça prendra. .. Parcourons la correspondance.... « A M. Baimond, homme de lettres. ) (avec surprise ) Ministère ! . . ah ! ah ! (souriant,) Je n'ai rien à démêler là , moi ; nous verrons après. (// la remet sur la table,) « A l'auteur de l'épîlre sur les modes. » Papier satiné , tranche dorée , c'est d'une petit e-maîlresse {il ouvre la lettre,^ la parcourt des yeux,) J^ai deviné juste. Charmante Elise î ce que vous m'offrez est bien séduisant; mais devenir pour vous poète à la suite ? Non... ç^est de l'esprit perdu : Je n'irai pas à votre soirée.

Il la pose la lettre sur la table.

Air : des Gardes marines^ Cette femme que chacun cite. Pour sa fortune et sa beauté , Trouve , a protéger le mérite.

Une sorte de volupté.

Mais s'il faut croire dans la vie , A ce qiie Ton voit par ses yeux , Elle aimerait la poésie, Et les poètes encor mieux, {bis,)

L'écriture de Delorme, que me veut-il.^ (il ouvre la lettre,) ô Je sors à l'iustant pour une affaire très- grave ; je serai de

» retour dans une heure. Mon cher Ralmond , il faut que je » te parle avant d'aller à mon bureau, j^ Delorme»

Une affaire grave ! c'est effrayant !.. Si j'allais savoir de madame. . .elle trouverait inconvenant que je me présentasse chez elle si matin et dans ce négligé !. .Ah! voilà Babet.'. .

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