‹ Le grondeur, comédie en trois actesChapitre 21 sur 51 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

CATAU, HORTENSE, ARISTE, TÉRIGNAN, M, GRL CHARD, dans le fond.

CATAU

Vous le saurez quand il en sera temps.

HORTENSE, apercevant M. Grichard.

Ah ! voilà mon père , il aura peut-être entendu ce que nous venons de dire?

Lui ? eh ! ne savez-vous pas que lorsque sa gronderie se cbaiige en ce noir cbagrin où le voilà plongé, il ne voit, ni n'entend personne? Je gagerais qu'il ne s'est pas seulement aperçu que nous soyons ici.

AR ISTE, à Tërignan.

Il faudrait le préparer à la visite de Clarice. Abordez-le , mon neveu.

(Chacun, à mesure qu'il parle, s'e'loigne de M. Grichard qui s'avancelentement.) TÉRIGNAN.

Je n'oserais.

ARISTE

Vous . Hortense.

Je tremble.

Toi donc , Catau ?

La peste i

COMÉDIE. as

HORTENSE

ARISTE

CA.TAU-

ARISTE

Mais d'où lui peut venir cette sombre mélancolie ?

Il y a une heure qu il n'a grondé personne.

(Ils sont tous quatre au foud du théâtre.) M. GRICHARDjà lui-même , se promenant , en colère , sur le devant de la scène.

C'est une chose étrange ! je ne trouve personne avec qiil je puisse m'entretenir un seul moment, sans être obligé de me mettre en colère. Je suis bon père , mes enfans me désespèrent 5 bon maître, mes domestiques ne songent qu'à me chagriner; bon voisin , leurs chiens se déchaînent contre moi -, jusqu'à mes malades, témoin celui d'aujourd'hui, vous diriez qu'ils meurent exprès pour me faire enrager.

ARISTE

Il faut que je l'aborde. {A M, Grichard,) {i) Mon frèfe, je suis votre serviteur.

M. GRICHARD.

Serviteur.

ARISTE

D'où vient que vous êtes triste ?

M. GRICHARD.

Je ne sais.

HORTENSE

Mais qu'avez-vous , mon père ?

M. GRICHARD.

Rien.

CATAU

Vous trouvez-vous mal , monsieur ?

M. GRICHARD.

Non.

TÉRIGNAN.

Ne peut-on savoir...

. M. GRICHARD.

Tais- toi.

(i) Chacun, à mesure qu'il parle, a pris la place indiquée ci-dessous: Catau , Hortense, M. Grichard, Ariste, Térignan.

CATAU

Voulez-vous , monsieur. . .

M. GRICHARD.

Qu'on me laisse.

CATAU

Voici qui vous réjouira, monsieur. Je viens de voir entrer Clarice.

M. GRICHARD.

Clarice! Qu'on se retire, et vite. (^ Hortense. )A\\ons vous aussi. Vous m'écliauffez la bile avec vos airs posés.

Page 1