‹ Le grondeur, comédie en trois actesChapitre 9 sur 51 · BRILLON , M. GRICHARD , ARISTE , CATAU · texte numérisé non relu

BRILLON , M. GRICHARD , ARISTE , CATAU

CATAU

Monsieur, voici Briilon qui vous cherche.

M. GRICHARD.

Que veut ce fripon ?

BRILLON

Mon père, mon père, j'ai fait aujourd'hui mon ihèrne sans faute 5 tenez , voyez.

( Il lui donne un papier. ) M. GRICHARD, prenant le papier et le lui jetant au nez.

Nous verrons cela tantôt.

BRILLON

Eh î mon père, voyez-le à cette heure ; je vous en prie I

Je n'ai pas le loisir,

BRILLON

Vous l'aurez lu en un moment.

M. GRICHARD.

Je n'ai pas mes lunettes.

BRILLON

Je vous le lirai.

M. GRICHARD.

Eh ! voilà le plus pressant petit drôle qui soit au monde.

ARISTE

Vous aurez plus tôt fait de le contenter.

BRILLON, à M. Grichard.

Je vais vous le lire en français , et pnis je vous lirai le latin. ( Lisant.) (( Les hommes... )> Au moins ce n'est pas du Intin obscur comme le thème dhier 5 vous verrez que vous entendrez bien celui-ci.

COMÉDIE. ^i

M, GRIGHARD.

Le pendard !

BRILLON, lisant.

«Les hommes qui ne rient jamais, etqui grondent toujours, sont semblables à ces bêtes féroces qui... »

M. GRIGHARD, lui doonaat un soufflet.

Tiens , va dire à ton sot de précepteur qu'il te donne d'autres thèmes.

CATAU, bas.

Le pauvre enfant !

ARISTE,Las.

Belle éducation !

BRILLON, pleurant.

Oui , oui , vous me frappez quand je fais bien 5 et moi , je ne veux plus étudier !

M. GRIGHARD.

Si je te prends....

BRILLON

Peste soit des livres et du latin.

M. GRIGHARD.

Attends, petit enragé, attends.

BRILLON

Oui , oui , attends : qu'on m'y rattrape. Tenez , voilà pour voire soufflet.

(Il décHire son thème.) M. GRIGHARD.

Le fouet , maraut , le fouet.

BRILLON

Oui-dàî le fouet.... J'en vais faire autant, tout à l'heure , de ma grammaire et de mon Despautère.

(II sort en courant.)

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