BRILLON , M. GRICHARD , ARISTE , CATAU
CATAU
Monsieur, voici Briilon qui vous cherche.
M. GRICHARD.
Que veut ce fripon ?
BRILLON
Mon père, mon père, j'ai fait aujourd'hui mon ihèrne sans faute 5 tenez , voyez.
( Il lui donne un papier. ) M. GRICHARD, prenant le papier et le lui jetant au nez.
Nous verrons cela tantôt.
BRILLON
Eh î mon père, voyez-le à cette heure ; je vous en prie I
Je n'ai pas le loisir,
BRILLON
Vous l'aurez lu en un moment.
M. GRICHARD.
Je n'ai pas mes lunettes.
BRILLON
Je vous le lirai.
M. GRICHARD.
Eh ! voilà le plus pressant petit drôle qui soit au monde.
ARISTE
Vous aurez plus tôt fait de le contenter.
BRILLON, à M. Grichard.
Je vais vous le lire en français , et pnis je vous lirai le latin. ( Lisant.) (( Les hommes... )> Au moins ce n'est pas du Intin obscur comme le thème dhier 5 vous verrez que vous entendrez bien celui-ci.
COMÉDIE. ^i
M, GRIGHARD.
Le pendard !
BRILLON, lisant.
«Les hommes qui ne rient jamais, etqui grondent toujours, sont semblables à ces bêtes féroces qui... »
M. GRIGHARD, lui doonaat un soufflet.
Tiens , va dire à ton sot de précepteur qu'il te donne d'autres thèmes.
CATAU, bas.
Le pauvre enfant !
ARISTE,Las.
Belle éducation !
BRILLON, pleurant.
Oui , oui , vous me frappez quand je fais bien 5 et moi , je ne veux plus étudier !
M. GRIGHARD.
Si je te prends....
BRILLON
Peste soit des livres et du latin.
M. GRIGHARD.
Attends, petit enragé, attends.
BRILLON
Oui , oui , attends : qu'on m'y rattrape. Tenez , voilà pour voire soufflet.
(Il décHire son thème.) M. GRIGHARD.
Le fouet , maraut , le fouet.
BRILLON
Oui-dàî le fouet.... J'en vais faire autant, tout à l'heure , de ma grammaire et de mon Despautère.
(II sort en courant.)