‹ Le guidage pour l'extraction des projectiles: Contribution à l'étude de quelques instruments utilisés pendant la guerre de 1914-1916Chapitre 18 sur 33 · LA MÉTHODE TROUVÉ · texte numérisé non relu

LA MÉTHODE TROUVÉ

Ce procédé,connu encore sous le nom de méthode de la sonnerie électrique,consiste à former un circuit électrique par le projectile que l’on se propose de rechercher et d’extraire.

Fig. 16

Le type d’instrument primitif que l’on. doit à Trouvé consiste en une sonde isolante mince contenant dans son épaisseur deux âmes conductrices distinctés, émergeant libres, sur une faible longueur, à une extrémité, et reliées à l’autre extrémité à des prises de courant séparées, un fil reliant ces deux bornes est interrompu par une pile et un signal sonore en série. (La pile étant formée de deux éléments hermétiques à renversement fonctionnant … au bichromate).

En utilisant ainsi un semblable équipage (sonnerie, pile, sonde à double conducteur, v. schéma),

As

l'exploration d'un trajet, d'une fistule, le contrôle par contact d’un objet dur senti dans la profondeur aboutira au retentissement de la sonnerie si le corps étranger est métallique, d’une part, et si, d’autre part, son contact se fait simultanément contre les deux pointes conductrices de la sonde. L'auteur même du procédé avait déjà perfectionné la technique en substituant à la sonde une pince genre tireballe à branches isolées l’une de l’autre : un fragment de métal saisi entre les mors de la pince avertit de la bonne prise par la sonnerie, il n'y a ainsi qu’à enlever le projectile que l’on vient de découvrir et saisir.

Cette méthode est séduisante au premier abord, mais elle comporte des aléas maintes fois signalés ; les renseignements positifs ne sont donnés, en effet, qu’à la condition d'obtenir un,contact rigoureux entre le projectile et les deux pointes de la sonde ou les deux mors de la pince simultanément ; qu'une seule pointe touche à la fois, qu’une fibrille musculaire, une lamelle de gangue fibreuse,si mince soit-elle, fasse obstacle au contact, on passe à côté du projectile sans s'en douter, la sonnerie restant muette ; l'appareil ne vaut donc qu’en tant qu'il donne des indications positives (le même reproche peut d’ailleurs être adressé au téléphone de Hedley).

Depuis, des modifications ont été apportées à la

sonde pour atténuer, autant que possible, l’inconvénient que nous venons de voir ;il en est deux intéressantes. |

Dans un premier type (M. Gallot) l'extrémité exploratrice de la sonde, ‘un peu renflée, porte un enroulement-spirale de deux fils parallèlement disposés, mais sans contacts l’un avec l’autre. Chacun de ces enroulements est en relation avec un des fils de la sonde, celle-ci porte ainsi à son extrémité une sorte d'antenne à éléments de contacts multiples, si bien que les chances de communication simultanée

Fig. 17 Dispositif Gallot

du projectile avec deux fils de polarité contraire se trouvent être augmentées dans des proportions considérables.

Plus ingénieuse est l'aiguille exploratrice de Guilloz : cet auteur a imaginé de rendre concentriques et mobiles, l’une par rapport à l’autre, les deux pointes exploratrices de la sonde. Elle se compose d'une aiguille creuse (genre Pravaz) dont la surface est isolée par un émail résistant et à l’inté rieur de laquelle glisse un trocart pareillement isolé; le métal est à nu aux extrémités seulement du trocart et de l'aiguille. Les prises de courant se font sur les talons des deux éléments. L'intérêt de ce perfectionnement consiste en ce que l'aiguille étant amenée au contact du projectile, il est facile d’y

Rte

amener également le trocart qui sera guidé par la lumière de l'aiguille ; de plus,les deux pointes étant

mobiles lune par rapport à l’autre, leur contact simultané peut mieux se réaliser sur le métal ; ce

n’est d’ailleurs pas le seul avantage de l'instrument,

car à l’aiguille peut s'adapter une seringue de Pravaz, si bien que l’on peut procéder à une injection de cocaïne tout le long du trajet suivi et réaliser sous anesthésie locale, la mise en place de l'aiguille qui guidera le chirurgien.

Ajoutons enfin que l’utilisation de cette aiguille peut rendre des-services appréciables si on la met en place sous contrôle radioscopique, la réalité de son contact avec le projectile s’affirmant (outre

: l’image de l’écran) par la mise en marche de la son-

nerie. 5 u

La méthode de la sonnerie électrique ne comporte pas, malgré tout, une séeurité absolue, comme nous l’avons vu, mais ses indications ne sont pas à négliger, même utilisée isolément ; combinée à la radioscopie elle nous paraît un bon procédé de guidage pour les projectiles un peu volumineux, pas très profondément situés et siégeant dans des régions anatomiquement peu dangereuses,

Page 1