SCRUPULEUX
Sources des scrupules, et conseils pour les éloigner. (Lettre 256)
"Il m'a paru que vos scrupules vous ont un peu retardée et desséchée. Us vous feraient des torts irréparables si vous les écoutiez; c'est une vraie infidélité. Vous avez la lumière pour la laisser tomber, et si vous y manquez, vous •eontristerez en vous le Saint-Esprit. "Où est l'esprit de Dieu, là est la liberté." (II Cor. III, 17.) Où est la gêne, le trouble et la servitude, là est l'esprit propre et un amour excessif de soi. Oh ! que le parfait amour est éloigné de ees inquiétudes ! on n'aime guère le Rien- Aimé, quand on est si occupé de ses propres délicatesses. Vos peines ne sont venues que d'infidélité. Si vous n'eussiez point résisté à Dieu pour vous écouter, vous n'auriez pas tant souffert; rien ne coûte tant que ces recherches d'un
soulagement imaginaire. Comme un hydropique, en buvant, augmente sa soif, un scrupuleux, en écoutant ses scrupules, les augmente et le mérite bien. Le seul remède est de se faire taire et de se tourner d'abord vers Dieu, d'est l'oraison, et non pas la confession, qui guérit alors le coeur. Travaillez donc à réparer le temps perdu; car franchement, je vous trouve un peu déchue et affaiblie : mais cet affaiblissement se tournera à profit ; car l'expérience de la privation, de l'épreuve et de votre faiblesse portera sa lumière avec elle et vous empêchera de tenir trop à ce que l'état de paix et d'abondance a de doux et de lumineux. Courage donc: soyez simple; vous ne l'êtes pas assez."
Tort que font les scrupules. (Lettre 257.)
"J'ai toujours pour vous, Madame, au coeur ces paroles : "Comme l'eau éteint le feu, le scrupule éteint l'oraison." Ne vous écoutez point vous-même sur vos scrupules, et vous serez en paix. Il y a deux «choses qui doivent vous ôter toute crainte ; l'une est l'expérience de votre vivacité, de votre subtilité, de vos tours ingénieux pour vour jtroubler vous-même sur deis riens. Vous l'avez souvent reconnu, tous vos directeurs et confesseurs vous l'ont unanimement déclaré.
La seconde chose qui doit vous rassurer est le préjudice qui ïyous vienti de ces scrupules. Toutes les fois que vous voulez, contre l'obéissance et contre votre attrait intérieur, entrer dans ces examens tant de fois condamnés par vos directeurs, vous vous distrayez, vous vous troublez, vous vous éloignez de l'oraison et par conséquent de Dieu ; vous rentrez en vous-même, vous retombez dans votre naturel; vous réveillez yos vivacités, vos délicatesses et vos autres défaute ; vous n'êtes presque plus occupée que de vous. En vérité, tout cela est-il de Dieu? Est-ce en suivant l'attrait de sa grâce qu'on s'éloigne tant de lui? A mon retour, je vous trouvai si déchue, et si prête à vous dissiper entièrement, que je ne vous reconnaissais presque plus. Est-ce là l'ouvrage de Dieu? y reconnaissez-vous sa main ? l'amour détourne-t-il d'aimer?
"Tenez ferme, Madame, pour vos communions ; les consciences scrupuleuses ont besoin d'être poussées au delà de leurs bornes, comme les chevaux rétifs et ombrageux. Plus vous hésiterez dans vos scrupules, plus vous les nourrirez secrètement ; il faut les gourmander pour les guérir. Plus vous les vaincrez, plus vous serez en paix. En passant au delà, vous trouverez non seulement une paix véritable, mais
encore une paix lumineuse, qui vous apportera un profond discernement sur le piège de "vos scrupules, et qui sera suivie -de fruits solides. Voilà la marque qu'une conduite est de Dieu. Bien n'est si contraire à la simplicité que le scrupule: il cache je ne sais quoi de double et de faux, on croit n'être en peine que par délicatesse d'amour pour Dieu; mais, dans le fond, on est inquiet pour soi, et on est jaloux pour sa propre perfection, par un attachement naturel à soi. On se trompe pour se tourmenter et pour se distraire de Dieu sous prétexte de précaution."
"La docilité serait le remède de tous vos maux; l'indocilité rend tous les remèdes inutiles; par là on est toujours à recommencer. Vous avez comme un bandeau qui vous couvre les yeux, et vous ne voyez pas combien vous devriez être scrupuleuse sur vos vains scrupules pendant que vous vous endurcissez sur les désobéissances les plus contraires à l'esprit de Dieu. C'est quelque chose que vous reconnaissiez et confessiez votre tort, de bonne foi, sur la diminution du sommeil et des aliments; mais vous y retomberez bientôt si vous continuez à écouter vos scrupules qui vous rongent, et à faire des confessions qui vous épuisent.
"Je prie Notre-Seigneur de vous faire
surmonter tout ce qui vous éloigne de lui. Dès le moment que vous reviendrez sur vos pas, vous sentirez le besoin de communier et vous serez affamée. Dès que la maladie cesse, le besoin de nourriture se fait sentir."
Ne point changer de confesseur p\ir scrupule, (Lettre 439).
"Vous ne voulez changer de confesseur que pour soulager votre amour-propre, que pour vous livrer à vos vains scrupules et que pour tomber dans une véritable infidélité en résistant à l'attrait de Dieu. N'écoutez que le fond de votre coeur et l'esprit de mort à vous-même; vous reconnaîtrez d'abord que la pensée de ce changement est une manifeste tentation et un dépit violent; vous verrez que ce n'est que par délicatesse et vanité que vous voulez changer. Tout directeur éclairé que vous iriez trouver et à qui vous diriez nettement le vrai fond de votre coeur, devrait vous renvoyer à celui que vous ne voulez quitter que pour vous soustraire à l'opération de mort qu'il doit opérer en vous. Vous êtes comme une personne qui retire son bras dans le moment où le chirurgien enfonce la lanc-ette: c'est vouloir se faire estropier."
Proportionner les pratiques de piété aux forces du corps. (Lettre 297).
"Je comprends bien, Madame, qu'il ne faut songer qu'à tous consoler et qu'à vous guérir ; mais quel moyen de le faire, si vous vous abandonnez toujours à vos ferveurs et à vos scrupules aux dépens de votre faible santé ? Combien de fois m'avezvous promis des merveilles ! C'est toujours à recommencer, et, en recommençant, vous vous poussez à bout. J'ai le déplaisir de vous voir tuer votre corps et faire languir votre âme, contre le véritable attrait de votre grâce. Puisque vous êtes persuadée que Dieu veut que vous me croyiez, pourquoi ne vous faites-vous point de scrupule de passer au delà des règles que je vous ai données, pendant que vous vous en faites à tout moment sur des riens qui vous troublent? Que peut-on faire de solide quand le fondement de la docilité manque?. . .
"Vous prenez le change en cherchant à contretemps les mortifications corporelles : ce n'est point ce que Dieu demande de vous ; c'est votre imagination trop vive, et non pas votre corps, qu'il faut affaiblir. La moindre docilité contre vos scrupules vous ferait plus mourir à vous-même que toutes les austérités. Passer par-dessus
vos vains scrupules, ce serait l'holocauste de votre coeur. C'est le plus agréable à Dieu."
Utilité des privations et des sécheresses. (Lettre 294).
"Je suis sensible à votre peine, et je comprends que les privations sont fort amères quand on est accoutumé à sentir les dons de Dieu. Mais les privations ont je ne sais quoi qui met Dieu plus avant dans le coeur lorsqu'il semble s'éloigner. On voit bien plus facilement ce qui est sur la peau que ce qui est dans les chairs ; les superficies sont plus apparentes et moins réelles. Dieu ne va pas se cacher loin pour nous alarmer; il n'est jamais si bien caché que quand il se cache au fond de notre coeur. Ce que je crains des privations n'est pas la sécheresse et l'amertume qu'elles vous laissent, car il faut souffrir pour aller tout de bon à Dieu; mais je crains ce qui cause les privations, je veux dire les petites infidélités par lesquelles vous les attirez pour vous soulager dans vos scrupules. Si vous ne suiviez pas vos réflexions scrupuleuses, votre simplicité vous tiendrait en paix, votre paix conserverait l'oraison, et votre oraison serait votre vie. Tournez votre scrupule contre vos recherches scrupuleuses,
qui sont des infidélités contre votre grâce. 'Tour l'état de sécheresse et de privation sensible, il faut s'y accoutumer; on est trop à son aise, et on sert Dieu à trop bon marché quand il se fait sentir; une mère caresse moins les grands enfants que les petits."
Combattre les scrupules en allant à Dieu avec une confiance et une simplicité sans réserve. (Lettre 2*54).
Il faut que votre simplicité croisse, et qu'elle s'étende insensiblement jusque sur la manière dont vous vous confessez, et où je vois que vous écoutez trop vos réflexions scrupuleuses. Il n'y a aucun inconvénient que vous alliez à la communion, sans vous confesser, les jours de communion où vous n'avez aucune faute marquée depuis la dernière confession.
Vous qui connaissez tant les délicatesses de l'amitié, ne sentiriez- vous pas les réserves d'une personne pour qui vous n'en auriez aucune, et qui mesurerait toujours sa confiance, pour ne la laisser jamais aller au delà de certaines bornes? Vous ne manqueriez pas de lui dire : "Je ne suis point avec vous comme vous êtes avec moi; je ne mesure rien; je sens que vous .mesurez tout. Vous ne m'aimez point comme je vous aime et comme vous devriez
m'aimer." Si vous, créature indigne d'être aimée, voudriez une amitié simple et sans réserve, combien l'Epoux sacré est-il en droit d'être jaloux! Soyez donc fidèle à croître en simplicité. Je ne vous demande pas des choses qui vous troublent ou qui vous gênent; je suis content pourvu que vous ne résistiez point à Fattrait de simplicité, et que vous laissiez tomber tous les retours inquiets qui y sont contraires, dès que vous les apercevez.
Amusez un peu votre imagination et vos gens, quand vous éprouverez que vous aurez besoin de quelque petite occupation extérieure qui les soulage. Ces amusements innocents ne troubleront point alors la présence amoureuse de Dieu . . . Confiez-Yous donc à Dieu, et ne regardez que lui seul; c'est le 'bon ami (dont le coeur sera toujours infiniment meilleur que le vôtre. Défiez-vous de Yous-même et non de lui; il est jaloux, mais la jalousie est un grand amour, et rions devons être 'jaloux pour lui contre nous, comme il l'est lui-même. Fiez-vous à l'amour; il ôte tout, mais il donne tout; il ne laisse rien dans le coeur que lui, et il ne peut rien y souffrir; mais il suffit seul pour rassasier, et il est lui seul toutes choses."
Sur lu vie de foi et la paix intérieure. (Lettre 192.)
"lo Marchez dans les ténèbres de la foi et dans la simplicité évangélique, sans vous arrêter ni au goût, ni au sentiment, ni aux lumières de la raison, ni aux dons extraordinaires. Contentez-vous de croire, d'obéir, de mourir à vous-même, selon l'état de vie où Dieu vous a mis.
"2o Vous ne devez point vous décourager pour vos distractions involontaires, qui ne viennent que de vivacité d'imagination et d'habitude de penser à vos affaires; il suffit que vous ne donniez point lieu à ces distractions, qui arrivent pendant l'oraison, en vous donnant une dissipation volontaire pendant la journée. On s'épanche trop quelquefois; on fait même des bonnes oeuvres avec trop d'empressement et d'activité; on suit trop ses goûts et ses consolations. Dieu en punit dans l'oraison. Il faut s'accoutumer à agir en paix, et avec une continuelle dépendance de l'esprit de grâce, qui est un esprit de mort à toutes les oeuvres les plus secrètes de l'amour-propre.
"3o Demeurez dans la simplicité, retranchant les retours inquiets sur vousmême, que l'amour-propre fournit sans cesse sous de beaux prétextes; ils ne
feraient que troubler votre paix, et que vous tendre des pièges. Quand on mène une vie recueillie, mortifiée et de dépendance, par le vrai désir d'aimer Dieu, la délicatesse de cet amour reproche intérieurement tout ce qui le blesse; il faut s'arrêter tout court dès qu'on sent cette blessure et ce reproche au coeur. Encore une fois, demeurez en paix."
Souffrir la tiédeur et ses propres dégoûts. Oraison de silence. (Lettre 131.)
"Je ne suis -point étonné de votre tiédeur. On n'est pas toujours en ferveur; Dieu ne permet pas qu'elle soit continuelle ; il est bon de sentir, par des inégalités, que c'est un don de Dieu, qu'il donne et qu'il retire comme il lui plaît. Si nous étions sans cesse en ferveur, nous ne sentirions ni les croix, ni notre faiblesse; les tentations ne seraient plus des tentations réelles. Il faut que nous soyons éprouvés par la révolte intérieure de notre nature corrompue, et que notre amour se purifie par nos dégoûts. Nions ne tenons jamais tant à Dieu que quand nous n'y tenons plus par le plaisir sensible, et que nous demeurons fidèles à une volonté tonte nue, étant attachés sur la croix. Les peines du dehors ne seraient point de vraies peines, si nous étions exempts de
celles du dedans. Souffrez donc avec patience vos dégoûts, et ils vous seront plus utiles qu'un goût accompagné de confiance en votre état. Le dégoût souffert par une volonté fidèle est une bonne pénitence; il humilie, il met en défiance de soi, il fait sentir combien on est fragile, il fait recourir plus souvent à Dieu. Voilà de grands profits. Cette tiédeur involontaire, et cette pente à chercher tout ce qui peut flatter l'amour-propre, ne doivent pas vous empêcher de communier.
"Vous voulez courir après un goût sensible de Dieu, qui n'est ni -son amour, ni l'oraison. Prenez ce goût quand Dieu vous le donne; et quand il ne vous le donne pas, aimez et tâchez de faire oraison comme si ce goût ne vous manquait pas : c'est avoir Dieu que de l'attendre. D'ailleurs, vous faites très bien de ne demander à Dieu les goûts et les consolations qu'autant qu'il lui plaira de vous les donner. Si Dieu veut vous sanctifier par la privation de ces goûts sensibles, vous devez vous conformer à ses desseins de miséricorde et porter les sécheresses; elles serviront encore plus 'à vous rendre humble, et à vous faire mourir à vous-même, ce qui est l'oeuvre de Dieu.
"Vos peines ne viennent que de vousmême: vous vous les faites en vous écou-
tant. C'est une susceptibilité d'amourpropre" que vous nourrissez dans votre coeur en vous attendrissant sur vousmême. Au lieu de porter fidèlement la croix, et de remplir vos devoirs en portant le fardeau d'autrui pour lui aider à le porter, et pour redresser les personnes que Dieu vous 'confie,, vous vous resserrez en vous-même, et vous ne vous occupez que de votre découragement. Espérez en Dieu, il vous soutiendra et vous rendra utile au prochain, pourvu que vous ne doutiez point de son secours, et que vous ne vous épargniez point clans ce travail.
"Gardez-vous bien d'interrompre votre oraison, vous vous feriez un mal infini. Le silence dont vous me parlez vous est excellent; tontes les fois que vous y sentirez de l'attrait, sortez-en pour vous occuper de vérités plus distinctes, quand vous en avez la facilité et le goût. Mais ne craignez point ce silence quand il opère en vous, par la suite, une attention plus fidèle à Dieu, dans le reste de la journée. Demeurez libre avec Dieu de la manière que vous pourrez, pourvu que votre volonté soit unie à lui, et que vous cherchiez ensuite à faire sa volonté aux dépens de ia vôtre."
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Espérer toujours en Dieu malgré son indignité. (Lettre 213.)
"... Ne craignez donc point, Madame, que vos infidélités passées vous rendent indigne de la miséricorde de Dieu. Rien n'est si digne de sa miséricorde qu'une misère. Il est venu du ciel en la terre pour les pécheurs et non pour les justes; il est venu chercher ce qui était perdu, et tout était perdu: le médecin cherche les malades, et non les sains. Oh ! que Dieu aime ceux qui ise présentent hardiment à lui avec leurs haillons les plus sales et les plus déchirés, et qui lui demandent, comme à leur père, un vêtement digne de lui! Vous attendez que Dieu vous montre un visage doux et riant pour vous familiariser avec lui; et moi, je dis que, quand vous lui ouvrirez simplement votre coeur avec une entière familiarité, vous ne vous mettrez plus en peine du visage avec lequel il se présente à vous. Qu'il vous montre tant qu'il lui plaira un visage sévère et irrité, laissez-le faire; il n'aime jamais tant que quand il menace ; car il ne menace que pour éprouver, pour humilier,' pour détacher. Est-ce la consolation que Dieu donne, ou Dieu lui-même sans consolation, que votre coeur cherche ? Si c'est la consolation, vous n'aimez donc pas Dieu pour
'amour de lui-même, mais pour l'amour de vous; eu ce cas, vous ne méritez rien de lui. Si, au contraire, vous cherchez Dieu purement, vous le trouverez encore plus quand il vous éprouve que quand il vous console. Quand il vous console, vous avez à craindre de vous attacher plus à ses douceurs qu'à lui; quand il vous traite rudement, si vous ne cessez point de demeurer unie à lui, c'est à lui seul que vous tenez. Hélas ! Madame, qu'on se trompe ! on s'enivre d'une vaine consolation lorsqu'on est soutenu par un goût sensible, on s'imagine être déjà ravi au troisième eiel, et on ne fait rien de solide ; mais quand on est dans la foi sèche et nue, alors on se décourage, on croit que tout est perdu. En vérité, c'est alors que tout se perfectionne, pourvu qu'on ne se décourage pas. Laissez donc faire Dieu; ce n'est pas à vous à régler les traitements que vous devez en recevoir; il sait mieux que vous ce qu'il vous faut. Vous méritez bien un peu de sécheresse et d'épreuves, souffrez-les patiemment. Dieu fait de son côté ce qui lui «convient quand il vous repousse ; de votre côté, faites aussi ce que vous devez, qui est de l'aimer sans attendre qu'il vous témoigne aucun amour. Votre amour vous répondra du sien; votre confiance le désarmera et changera bob
rigueurs en caresses. Quand même il ne devrait point s'adoucir, vous devriez tous abandonner à sa conduite juste, et adorer ses desseins de vous faire expirer sur la croix dans le délaissement avec Jésus, son Fils bien-aimé. Voilà, Madame, le pain solide de pure foi et d'amour généreux dont vous devez nourrir votre âme. Je prie Dieu qu'il la rende robuste et vigoureuse dans le peines. Ne craignez rien, ce serait manquer de foi que de craindre; attendez tout, tout vous sera donné: Dieu et la paix seront avec vous/3