‹ Le guide des égarés; (volume 2)Chapitre 51 sur 117 · RIT · texte numérisé non relu

RIT

et son grand ouvrage sur les lois des Sabiens, sur différents détails de leur religion, de leurs fêtes, de leurs sacrifices, de leurs prières, et d’autres sujets religieux.

Tous les livres que je viens d'énumérer sont des livres d’idolâtrie qui ont été traduits en arabe. Il est indubitable qu'ils ne forment qu’une petite portion (de cette littérature), relativement à ceux qui n’ont pas été traduits où qui n'existent même plus, mais se sont perdus et ont péri dans le cours des années. Ceux qui existent encore aujourd’hui chez nous renferment la plupart des opinions des Sabiens, ainsi que leurs pratiques qui, en partie, sont encore aujourd’hui répandues dans le monde ; je veux parler de la construction des temples, des statues de métal et de pierre qui y sont élevées, de la construction des autels, de ce qu’on y offre en fait de sacrifices ou de différentes espèces d’aliments, de l'institution des fêtes, des réunions pour les prières ou pour d’autres cérémonies qui se font dans ces temples, [où sont réservées des places qu’ils ont en grand honneur et qu'ils appellent les chapelles des formes intelligibles 4)|, des images qu’ils placent sur les hautes montagnes (Deutér., XII, 2), des honneurs rendus aux Aschérôth ®), de l'érection des pierres monumentales %), et enfin d’autres choses que tu pourras lire

5 (1) Par formes intelligibles, on paraît entendre ici les hypostases des néoplatoniciens , autrement dit les substances simples ou intelligibles (Cf. Ibn-Gebirol, Source de Vie, IL, 15 et passim); et je crois avec M. Chwolson (Die Ssabier, t. 11, p. 727) que Maimonide a ici en vue les Sabiens de Harrân, chez lesquels les idées néoplatoniciennes étaient répandues, et qui, comme nous le dit Massoudi (voy. ibid., p. 367), avaient des temples consacrés aux substances intelligibles, ou aux hypostases.

(2) Voy. ci-dessus, p. 234, note 4.

(3) Selon l’auteur, on entend par le mot n34%, des pierres qu’on érigeait en l'honneur de certaines divinités et près desquelles on s’assemblait pour leur rendre un culte. Voy. Maïmonide, traité de l'Idolâtrie, chap. vi, $ 6; Sépher Miçwôth, préceptes négatifs, n° 11. Cf. Genèse, “chap.xxvur, v. 18. Sanchoniathon parle de ces pierres que les Phéniciens appelaient Bætylia (5N n'2). Voy. Eusèbe, Præparat: evang., 1. 1, ch. 40.

dans les livres sur lesquels j'ai appelé ton attention. La connaissance de ces opinions et de ces pratiques est extrêmement importante pour se rendre raison des commandements (divins) ; car la base de toute notre loi et le pivot sur lequel elle tourne, c’est d'effacer des esprits ces opinions et d’en faire disparaitre les monuments; «de les effacer des esprits», comme il est dit: De peur que votre cœur ne soit séduit (Deutér., XI, 16),.:. dont le cœur se détourne aujourd'hui etc. (ibid., XXIX, 17), «et d'en faire disparaître les monuments », comme il est dit: Vous démolirex leurs autels... et vous couperex leurs Aschéroih (Deutér., VII, ) (), cé vous détruirex leur nom de ce heu-là (ibid., XII, 5). Ces deux points se trouvent répétés dans plusieurs passages ; car c'est là le but principal de tout l’ensemble de la Loi, comme les docteurs nous l’ont fait savoir par leur explication traditionnelle de ces mots : Tout ce que l'Éternel vous a ordonné par Moïse (Nombres, XV, 25); « De là tu peux apprendre, disent-ils ®), que celui qui professe l’idolâtrie nie toute la loi, et que celui qui nie l’idolâtrie reconnaît toute la loi. » Il faut te bien pénétrer de cela.

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