‹ Le guide des égarés;Chapitre 23 sur 93 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Un des points qui méritent d'être examinés, c'est qu'on précise la perception de la Mercabâ, par l'année, le mois et le jour, et qu'on précise aussi le lieu (*). Il faut donc en chercher la rai-

(1) Voy. Talmud de Babylone , traité 'Haghigâ, fol. 13 b.

(S) Tous nos mss. ont : n^«p^ bttWV ]« ]2& yA* Nini, littéralement : il se peut que ce texte soit interprété par celui qui l'a dit, etc. Dans la version d'Ibn-Tibbon, le mot n^Np1? n'est pas exprimé.

(3) L'auteur donne deux interprétations du passago talmudique. Selon Tune, les deux prophètes étaient également parfaits; mais les contemporains d'Ézechiel, vivant dans l'exil de Babylone, étaient moins capables de comprendre les choses divines que les conlemporans d'Isaïe. Selon la seconde interprétation , la différence était dans les prophètes mêmes ; Isaïe, plus cultivé et plus parfait, n'était point troublé de tout ce qu'il voyait et le racontait brièvement et avec simplicité, tandis quo les paroles d'Ézéchicl révèlent tout l'élonnement et tout le troublo que lui causait sa vision.

(*) Voy. Ézéchiel, chnp. I, versets 1 à 3, où l'on Gxc avec li plus

son, et il ne faut pas croire que ce soit là une chose qui ne renferme aucune idée O.

Ce qu'il convient encore de considérer, et ce qui est la clef de tout, ce sont les mots : les deux s'ouvrirent (Ézéchiel, I, 1) (** ; c'est une chose qui se rencontre fréquemment dans les prophè-

grande précision la date et le lieu de la vision. Le verbe Tp («*!*) signifie lier étroitement, encliatner, fixer par les voyelles la lecture d'un mo/, préciser. lbn-Tibbon parait avoir pris le mot -ppn dans le sens de rattacher; les mots DIpDS mcpi signifient et qu'on la rattache à un lieu, tandis que les mots arabes yinD^N 1vpm signifient : et la détermination ou précision du lieu. Les suffixes dans ITOp et HTOpl ont été ajoutés par lbn-Tibbon et ne se trouvent pas dans l'arabe. Al-Harizi traduit :

•DipMi ovni cnmi ro nmii ton rura rmion piy nn^na oytD

(1) Les éditions d'Ibn-Tibbon ont ^ pjy pN, qui n'a pas de sens,les mss. ont, conformément à l'arabe : 13 ^N, dans laquelle il n'y a pas d'idée. — Maïmonide nous laisse à deviner quelle est l'idée que renferme, selon lui, celte fixation de date et de lieu. Les commentateurs, laissant un libre cours à leur imagination, ont suppléé tant bien que mal au silence de l'auteur, et c'est avec raison qu'Abravanel (Commentaire sur Ézéchiel, I, 1-3) ne voit dans leurs interprétations que de vaines futilités (D^inyn ntPyD HOPl bsn D^13). Nous nous contentons d'indiquer l'explication de Moïse de Narbonne, qui, s'il n'a pas deviné la pensée de Maïmonide, a du moins donné une raison assez plausible. Selon lui , le prophète aurait voulu indiquer qu'il ne s'agit point, dans son récit, de certains phénomènes qui auraient été réellement visibles au ciel , mais de choses qui se sont passées dans son àme , c'est à-dire d'une vision prophétique, fruit d'une imagination exaltée. La précision du jour et du lieu devait montrer à chacun que tout le récit n'est qu'imaginaire, aucun autre qu' Ézéchiel n'ayant vu ces phénomènes célestes au jour et au lieu indiqués par lui. En somme, nous ne saurions dire quel est le mystère que Maïmonide cherchait dans les indications précises du prophète, qui n'avait probablement d'autre but que de consigner le lieu et l'époque où il se sentit appelé à sa mission divine.

(2) Les mots les deux s'ouvrirent, dit l'auteur, sont la clef de tout le récit d'Ézécbiel; car ces mots, évidemment métaphoriques (cf. t. Il, p. 359-360), et indiquant l'émanation de l'esprit divin, montrent que, dans tout ce récit, il s'agit d'une vision prophétique, et non pas de choses perceptibles pour les sens.

les, je veux dire d'employer au figuré les expressions d'ouvrir et d'ouvrir les portes ; par exemple : Ouvrez les portes (Isaïe , XXVI, 2), Et il ouvrit les battants du ciel (Ps., LXXVIII, 23), Êlevez-vous, portes éternelles (Ps , XXIV, 9), Ouvrez-moi les portes de la justice (Ps., CXVIII, 19), el beaucoup d'autres passages.

Une autre chose sur laquelle il faut fixer ton attention, c'est que, bien que toute cette description soit une vision prophétique, — comme il est dit : Et là fut sur lui la main de l'Éternel (Ézéchiel, I, 3) (*), — la manière de s'exprimer, dans les diverses parties de cette relation , présente pourtant une différence très-importante. En effet, en parlant des 'hayyôth, il dit une ressemblance (nio-|) de quatre 'hayyôtli (ibid., v. 5), et il ne dit pas simplement quatre 'hayyôth; de môme, il dit et au-dessus de lu 'hayya il y avait la ressemblance d'un firmament (v. 22); de même, il y avait comme l'aspect d'une pierre de saphir, la ressemblance d'un trône (v. 26), et de môme encore, quelque chose qui ressemblait à l'aspect d'un homme (ibid.\ Dans tous ces passages donc il emploie le mot ressemblance (moi) ; mais, en parlant des ophannîm, il ne dit point « la ressemblance d'un ophan, » ni « la ressemblance cPophannîm, • el au contraire il énonce nettement une forme réellement existante Ne le laisse pas induire en erreur par les mots : Tous les quatre avaient une même res-

(1) Cf. t. II, au commencement du chap. xli.

(î) Littéralement : mais (if s'exprime) , par une inondation simple, sur une forme d'une existence réelle telle qu'elle est. — Par cette fine observation l'auteur veut indiquer que le prophète , en parlant des sphères célestes el de ce qui est au-dessus (voy. ci-dessus, p. 23, note 2), emploie le mot ressemblance, pour faire entendre que ce sont des choses que l'intelligence humaine ne saisit pas dans toute leur réalité , tandis qu'elle penl avoir une connaissance nette et certaine des ophannîm , ou des éléments, et de toutes les choses sublunaires. Cf. t. II, chap. xxn, p. 179, et ebap. xxiv, p. 194, où l'auteur insiste sur Pincertilude des connais- «ances humaines relatives au monde supérieur, donl la parfaite intelligence n'appartient qu'à Dieu seul.

sembla nck (v. 16); car ce passage n'a pas la même construction el ne renferme pas le sens auquel nous avons fait allusion (•). Dans la dernière vision, il vient confirmer celle idée et l'expliquer (*>. En commençant par le firmament, dont il énumère les détails, il en parle d'une manière absolue (3>. Je vis, dil il, et voici, dans le firmament qui était au-dessus des chérubins, parut au-dessus d'eux comme une pierre de saphir, comme l'aspect de la ressemblance d'un trône (X, \). Ici donc il parle du firmament d'une manière absolue, et il ne dit pas : « ressemblance d'un firmament, » comme il l'avait fait en lui assignant sa place au-dessus de la ressemblance des 'hayyôth (4). Mais pour ce qui est du trône, il dit que la ressemblance d'un trône parut au-dessus d'eux (des chérubins), ce qui indique qu'il avait d'abord perçu le firmament, el qu'après cela se montra à lui, au dessus, la ressemblance d'un trône (*K 11 faut le bien pénélrer de cela.

(4) L'auteur veut dire que ce passage, ou l'on parle des ophannîm, n'est pas construit comme les passages cités plus haut. Là, le mot niDI, ressemblance, étroilement lié au mot qui désigne l'objet de la vision, indique qu'il ne s'agit que d'une apparence ayant plus ou moins de probabilité; ici, le mot ressemblance est employé dans le sens déforme et désigne une forme réellement perceptible, c'est-à-dire la forme corporelle. Cf. ci-dessus, p. 18, note 6.

(2) C'est-à-dire : dans la seconde vision, au chap. X, le prophète s'exprime de manière à confirmer l'observation que l'auteur a faite sur l'emploi du mot niDl, ressemblance.

(3) L'auteur veut dire qu'au chap. X, où le prophète commence par parler du ciel, ou de la sphère supérieure, pour énumérer ensuite en détail tout ce qu'il renferme en fait de sphères el d'éléments, il parle de ce ciel d'une manière absolue et sans se servir du mot ressemblance. Comme on va le voir, l'auteur conclut de là que le prophète emploie le mot ressemblance lorsqu'il veut parler de choses dont la connaissance est incertaine et sur lesquelles il y a des doutes.

(4) C'est-à-dire , au chap. I , v. 22 , oU il dit : HTin MWl mon TO, et au-dessus de la 'hayyd il y avait la ressemblance d'un firmament.

(5) C'est-à-dire: la manière dont le prophète s'exprime ici sur le firmament et sur le trône indique qu'il était parvenu à avoir du firma-

Ce qui doit encore fixer Ion attention, c'est que dans la première vision il rapporte que les 'hayyôth avaient à la fois des ailes et des mains d'homme , tandis que dans celte seconde vision, où il expose que les 'hayyôth étaient des chérubins, il ne perçut d'abord que leurs ailes, et ensuite, dans sa vision, leur survinrent des mains d'homme : // se montra, dit il, sur les chérubins la figure d'une main d'homme sous leurs ato(Ézéchiel, X, 8), où le mot figure (mnn) est pris dans le même sens que le mot ressemblance (mot). La place qu'il leur assigne (!> est sous leurs ailes. Il faut te bien pénétrer de cela W. — Remarque

ment, ou de la sphère diurne, une connaissance nette qui ne lui laissait plus aucun doute; mais ce qui est au-dessus do cette sphère restait toujours pour lui enveloppé de nuages. C'est pourquoi il n'emploie plus ici le mot ressemblance , en parlant du firmament; mais il continue à l'employer en parlant du trône, terme par lequel il résume ici tout ce qui est au-dessus des sphères célestes , comme les Intelligences et Dieu.

(t) C'esl-à-dire, aux mains. Les mss. ont les uns namii rang ou la pince de cela (c'est-à-dire des mains) , les autres "j^i romi , co qui signifie mot à mot : et cela a été classé ou placé; celle dernière leçon

est moins correcte, car le verbe <Z*£ji demanderait un sujet féminin dite. Un de nos mss. porte DrPfî33 nnn H3mi» sans lo pronom ^Vi. Selon cette leçon, le mot nami serait un verbe actif avec suffixe; mais le suffixe ne peut se rapporter qu'aux mains, et il faudrait NromV C'est peut-être cette leçon qu'avait Ibn Tibbon, qui traduit: 01101 CTÊiD nnn- Un autre ms. (celui du suppl. hébr., n° 63) a simplement Drr£33 nnn ^bi ]tO* leçon reproduite par Al-Harîzi, qui traduit:

orr£:3 nnn ht» m "ov

(i) Le mystère auquel Maïmonide fait allusion, dans ce paragraphe, paraît être celui-ci : dans la première vision , le prophète voit à la fois les ailes et les mains, c'est-à dire les causes du mouvement des sphères et les effets produits par ce mouvement sur le monde sublunairc (voy. ci-dessus, p. H, notes 1 et 2); dans la seconde vision, oU le prophète nous Tait savoir que les 'hayyôth sont des chérubins ou anges, c'esl-àdire des êtres qui agissent par leurs forces sur le monde sublunaire (cf. ci-dessus, p. 24, note 1), il voit lui-môme naître les mains sous les oiles, indiquant par là, plus clairement qu'il ne l'avait fait d'abord, que les ailes représentent allégoriquement les causes du mouvement, tandis

bien aussi comment, en parlant des ophannîm (0, il dit clairement vis-à-vis d'eux (X, 19), quoiqu'il ne leur ait attribué aucune figure (*).

Il dit encore : Comme l'aspect de Varc qui se fait dans la nuée en un jour de pluie, ainsi était l'aspect de la splendeur tout autour; telle se montrait la ressemblance de la gloire de l'Éternel (I, 28). On connaît la matière de l'arc-en-ciel désigné et son être véritable^). C'est là ce qu'il y a de plus extraordinaire en fait de comparaison et d'allégorie, et on doit indubitablement l'attribuer à une force propbélique W. Il faut te bien pénétrer de cela.

que les mains représentent les forces émanées des sphères, et qui se répandent sur le monde sublunaire pour faire naître tout ce qui naît et pour le conserver.

(1) Au lieu de D^fîlN Î"lblp2, plusieurs mss. ont D^fîiNn ^spa, leçon adoptée par les deux traducteurs hébreux ; Ibn-Tibbon a ito "pt* DnDJ,^ O^fîïNn ÏOKM. Al-'Harîzi a DHDyb O^fîlNn 1«D -p«. La leçon que nous avons adoptée, d'après deux des meilleurs mss., fait mieux ressortir le mot Dnoybi sur lequel l'auteur insiste particulièrement.

(2) L'auteur, à ce qu'il parait, veut appeler l'attention sur le mot Onoyb, vis-à-vis d'eux (des chérubins), employé dans la seconde vision , chapitre X, verset 19. Le prophète, dit-il , répète cette idée que les ophannîm se mouvaient vis-à-vis des chérubins ou des 'hayyôth, quoiqu'il n'attribue ici aux ophannîm , pas plus que dans la première vision , aucune figure d'un être vivant ayant en lui-môme le principe de son mouvement (cf. ci-dessus, p. 18, et ibid., note 2), et il indique encore clairement par là que le mouvement des éléments n'est dû qu'à celui des sphères. Voy. ci-dessus, p. 21, et ibid., notes A et 5.

(3) Littéralement : sa réalité et sa quiddité. Ibn-Tibbon a omis dans sa version le mot NnrvnND'l, et sa quiddité, comme l'a déjà fait observer lbn-Falaquéra (Append. du Moré ha-Moré, p. 157), qui croit que ce root est nécessaire pour comprendre l'intention de Maimonide. La version d'Al-Harizi porte nyrP nnnDNl ntrpn mno; ici, le mot quiddité est exprimé, mais non le mot matière.

(4) Ce passage obscur a été expliqué par Moïse de Narbonne , et , d'après lui, par Éphôdi et Sehem-Tob, d'une manière beaucoup trop recherchée, et je ne crois pas que ces commentateurs aient deviné la

Ce qui mérite aussi de 6xer ton attention, c'est que la figure

pensée de Maîmonîde. Selon eux, l'auteur aurait voulu dire qu'Ézéchiel compare ici la disposition de l'âme du prophète pour recevoir l'inspiration émanant de la gloire de l'Éternel, ou de l'Intelligence séparée, a la disposition d'un nuage gros de pluie pour recevoir l'impression des rayons du soleil, qui produisent l'arc-en-ciel. C'est là ce que l'auteur aurait voulu indiquer en parlant d'une allégorie extraordinaire ou trèsremarquable et en ajoutant les mots : nNiaj ITO pfîD »lo Nim, comme s'exprime la version d'Ibn-Tibbon. Mais évidemment l'auteur veut dire par ces mots que la comparaison dont il s'agit n'a pu sortir que de 1 imagination d'un prophète, fortifiée par l'inspiration. En outre, comme le (ait observer Abravanel (Commentaire sur Ézéchiel, 1, 28), Ézéchiel c'a pour but que de retracer la vision qu'il a eue, et cette allégorie sur l'inspiration prophétique serait ici un hors-d'œuvre entièrement déplacé, bailleurs, la gloire de l'Éternel indique ici quelque chose d'objectif que le prophète a cru voir, et ne saurait être une image pour désigner l'inspiration prophétique. Enfin on ne verrait pas, d'après celte explication, ce que l'auteur a voulu dire par ces mots : on connaît la matière de Varcrn-dd, sa réalité et sa quiddité; ces mots, certes, doivent avoir leur portée. — Nous ne prétendons pas avoir deviné le véritable sens de ce [a-sage; mats nous proposerons l'explication suivante, qui nous parait du moins plus simple que celle des commentateurs. Selon Maîmonîde , la splendeur qui entourait \& figure humaine (voy. ci-dessus, p. 23, note 2) parut au prophète comme l'arc en-ciel, dans lequel nous ne voyons que la réverbération de la lumière, brisée et troublée par l'humidité. Nous connaissons la matière ou le substratum de l'arc-en-ciel , c'est le nuage de pluie. Nous en connaissons également la quiddité ou la forme , c'est la lumière. Mais nous ne nous rendons pas compte de l'arc-en-ciel tel qu'il nous apparaît, c'est-à-dire des couleurs dont il se compose; car, selon Ibn-Sinâ , nous n'en connaissons pas les causes (voy. mes Mélanges de philosophie juive et arabe, p. 317, et Schahreslâm, p. 413). De môme, nous ne pouvons apercevoir qu'un pâle reflet de la splendeur qui environne la première des Intelligences, représentée par la figure humaine, et c'est ce reflet que le prophète représente comme la ressemblance de la gloire de l'Éternel (c'est-à-dire, suivant l'explication que l'auteur a donnée plus haut du mol ressemblance, comme quelque chose de vague et de douteux). Celte comparaison parait à Maïmonide tellement extraordinaire qu'il ne peut y voir que le produit de l'inspiralion prophétique.

humaine qui 0) est au-dessus du trône, il la divise en deux parlies, dont la supérieure était comme la couleur du 'haschmal, et dont la partie inférieure était comme taspect du feu (2). Quant au mot 'haschmaly ils (les docteurs) Pont expliqué comme un mot composé renfermant deux idées, 'hasch (en) et mal (bo), c'est-à-dire l'idée de rapidité, indiquée par 'hasch, et celle de couper, indiquée par mal (3); on avait pour but de réunir deux idées différentes, en faisant allusion, d'une manière allégorique, à deux côtés, le haut et le bas. Ils nous donnent une deuxième indication, en disant qu'il est dérivé de (deux mots signifiant; parler et se taire; o ils (les 'liaschmalltm), disent-ils, tantôt se taisent, tantôt parlent » — où ils font venir l'idée de se taire Çhasck) de o^iyo ^ivtrnn, je me suis tn depuis longtemps (Isaïe, XL1I, 14\ — faisant allusion aux deux idées en leur prêtant une parole sans son. En disant ; « tantôt ils se taisent, tantôt ils parlent, » ils n'ont eu indubitablement en vue qu'une chose créée. Tu reconnaîtras par conséquent qu'ils nous ont déclaré par là que celle figure humaine au dessus du trône, qui est partagée co

(1) Le root tyty (pour HPN) se trouve dans tous les mss. de l'original arabe. L'auteur, reproduisant, avant et après le pronom relatif tp, les paroles textuelles d'Ézéchiel , a laissé se glisser dans son discours le pronom hébreu v au lieu du pronom arabe "H^N-

(2) Voy. Ézécbiel, chap. I, v. 27, et ebap. VIII, v. 2. Nous avons déjà dit plus haut, p. 32, note 2, quel est, selon les commentateurs, le sens que Maïmonide donne à l'allégorie de la figure humaine divisée en deux parties.

(3) Cette explication et la suivante sont tirées du Talmud de Babylone, traité 'Haghigâ, fol. 13 a et 6. La première explication manque dans nos éditions du Talmud ; mais dans le Dictionnaire de David Kimcbi , au mot ^DttTl, oii tout le passage talmudique est reproduit, la citation commence par ces mots : i)0 trn VoCT! "WD. — Maïmonide n'a pas ici pour but de rechercher le vrai sens du mot VoOT, qui est douteux, mais de montrer seulement que les anciens rabbins y ont vu un mot composé, renfermant deux idées différentes; car au chap. I, v. 27, tout l'ensemble de la figure, le haut et le bas, parait être désigné par le mot liaschmal. Cf. t. Il, chap. xxix, p. 229, et ibid.y note 4.

deux, n'esl pas l'image do Dieu, qui est au-dessus de loule composition O, mais l'image d'une chose créée C'est ainsi que lo prophète lui-mômc dil : telle se montrait la ressemblance de la gloire de i' Éternel (I, 28); mais la gloire de l'Éternel n'est pas l'Éternel (lui-môme), comme nous l'avons exposé plusieurs fois Par conséquent, tout ce qu'il présente allégoriquemcnt dans toutes ces perceptions n'esl autre chose que la gloire de l'Éternel, c'est- à-dire lo char (mercabâ), et non pas celui qui le monte P>; car Dieu ne saurait être représenté. Il faut te bien pénétrer de cela.

Nous l'avons donc donné aussi , dans ce chapitre , quelques premiers éléments; et si tu rassembles (*J ces éléments, ils formeront un ensemble utile pour ce sujet. Si tu lis attentivement tout ce que nous avons dil dans les chapitres de ce traité jusqu'au présent chapitre, lu comprendras la plus grande partie de ce sujet, ou môme le sujet tout entier, à l'exception d'un petit nombre de détails et de certaines répétitions, dont le sens est

(1) Dans les éditions de la version d'Ibn-Tibbon, on lit : *>30 nbjjrv H33iDn, ce qui n'est qu'une faute typographique; les rass. ont correctement rt33in.

(2) Voy., par exemple, 1. 1, ebap. uv(p. 2i6etsuiv.), etchap. lxiv 'p. 286) , où l'auteur expose que l'homme ne saurait percevoir l'essence dirioe, et que par la gloire de Dieu manifestée il faut entendre une hmUre créée, ou la manifestation de Dieu par ses œuvres.

(3) Sur le sens du verbe 33") , monter, chevaucher, appliqué à Dieu , ainsi que du mot H331D, monture, char, voy. le t. I, chap. lxx. L'auteor veut dire que toutes les perceptions des prophètes se bornaient à la gloire de Dieu se manifestant dans l'univers, dont il est le premier moteur.

(i) Les mss. ont, les uns DDOK, les autres DDOn; nous avons adopté la première de ces deux leçons, confirmée par Al-'Hariziet Ibn-Falaquéra (Append. du Moré ha-Mori, p. 157), qui, l'un et l'autre, traduisent: ppriCtt, si tu ressembles. L'autre leçon est celle d'Ibn-Tibbon, qui traduit: D^tfn ONt?» si tu complètes. Pour le verbe nw, Ibn.Tibbon 1 "|b HT, et AI-'Harizi ppiVî le mot -|^> ne se trouve dans aucun de nos mss. arabes.

obscur; mais il se peut qu'une étude plus approfondie y porte la lumière, et que rien n'en reste obscur. N'espère point, après ce chapitre, entendre de moi un seul mot sur ce sujet, ni clairement, ni par allusion; car tout ce qu'il était possible de dire là-dessus a été dit, et je m'y suis même engagé trop témérairement O. Abordons maintenant d'autres sujets de ceux que j espère exposer dans ce traité.

Page 1