‹ Le guide des égarés;Chapitre 27 sur 93 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Ces grands O maux que les hommes s'infligent les uns aux autres, à cause des tendances, des passions, des opinions et des croyances, découlent tous d'une privation; car tous ils résultent de l'ignorance, c'est-à-dire de la privation de la science. De même que l'aveugle, à cause de l'absence de la vue, ne cesse de se heurter, de se blesser et de blesser aussi les autres, quand il n'a personne pour le conduire dans le chemin , de même les parlis d'entre les hommes, chacun W selon la mesure de son ignorance, s'infligent à eux-mêmes et aux autres des maux qui pèsent durement sur les individus de l'espèce (humaine j (3>. S'ils possédaient la science, qui est à la forme humaine ce que la faculté visuelle est à l'œil ils seraient empêchés de se faire aucun mal à eux-mêmes et aux autres; car la connaissance de la vérité fait cesser l'inimitié et la haine, et empêche que les hommes se fassent du mal les uns aux autres, comme l'a annoncé (le prophète), en disant : Le loup demeurera avec l'agneau et le léopard se couchera avec la chèvre etc. ; la vache et l'ours

(t) Dans les éditions de la version d'Ibn-Tibbon , le mot grands («toàyb») manque; les mss. de celte version ont m^mn nïjnn

(2) Le texte porte : « chaque individu .... fait à lui-même et aux autres des maux etc. » On voit que la construction est irrégulière et qu'il y a ici une espèce d'anacoluthe; car le sujet, les partis, reste sans verbe. Pour rendre la phrase plus régulière, il faudrait dire : «de mémo, en ce qui concerne les partis d'entre les hommes, chaque individu , selon la mesure de son ignorance, fait à lui-même etc. » Nous avons un peu modifié la construction de la phrase, en faisant des mots les partis le sujet du verbe s'infligent.

(3) Littéralement : des maux (qui sont) graves par rapport aux individus de t espèce.

(4) C'est-à-dire , à laquelle la forme spéciBquc de l'homme sert de sobstratum, comme l'œil sert de substratum à la faculté visuelle.

iront paître ensemble etc., et le nourrisson jouera etc. (Isaïe, XI, 6-8). Il en indique ensuite la cause, en disant que ce qui fera cesser ces inimitiés, ces discordes, ces tyrannies , c'est que les hommes posséderont alors la vraie connaissance de Dieu. Il dit donc : Ils ne feront aucun mal, aucun ravage, sur toute ma montagne sainte; car la terre sera remplie de la connaissance de Dieu, comme les eaux couvrent le fond de la mer (ibid., v. 9). Sache bien cela.

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