‹ Le guide des pécheursChapitre 105 sur 142 · LIVRE I. CHAP. XVII · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAP. XVII

d'ennemis qui leur dressent des embûches conlinuelles, sans en être armés ? si elle est le bâton qvii soutient la faiblesse de notre nature, depuis la maladie dont elle a été atteinte en la personne du premier homme, comment supporter les fatigues de l'exil sans cet appui ?

Nous avons donc montré jusqu'ici la difïerence entre Tespérance des bons et celle des médians, et par conséquent ce qui peut arriver aux uns et aux autres, puisque les uns ont Dieu pour soutien, et que les au très n'ont que le bâton d'Egypte, qui se brisera aussitôt qu'on s'a])puiera dessus , et qui percera la main de celui qui l'aura pris pour san support ; cette seule faute que l'homme commet en mettant sa conlîanee en un autre qu'en son Créateur, mérite que Dieu le détrompe, en permettant que cet appui fragile cède et laisse tomber celui qvii voulait s'en servir. C'est ce qu'il a annoncé lui-même par la bouche de Jérémie, qui, prédisant la destruction du royaume de Moab et les causes de sa ruine, en parle en ces termes ( Jerem. 48. v. 7) : « Parce que vous avez mis votre es- » pérance en vos murs et en vos trésors, vous serez » aussi prise et détruite ; et votre Chamos, qui est le » Dieu en qui vous vous fiez, sera mené captif avee » ses prêtres et ses ministres. » Quel secours est ce lui-làj puisque c'est se perdre que de l'invoquer ?

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