LIVRE I. cnAp.xr
nelle. » Nous ne devons pas lire légèrement ces jaroles. Vous ne pouvez nier premièrement que ésus-Christ ne fasse une distinction formelle entre es récompenses des gens de bien en cette vie et en *autre. Vous m'avouerez encore que cette promesse lu Sauveur ne peut manquer d'être accomplie, parce pie le ciel et la terre manqueront plutôt qu'un seul )oint ou une seule syllabe de ses paroles. Comme îous croyons certainement que Di^u est Trinité et Jnité 5 parce qu'il l'a dit ^ quoique ce mystère surfasse notre intelligence ; aussi sommes-nous obligés l'ajouter foi à ces paroles de l'Evangile que nous ivons citées , quand même elles ne nous paraîtraient las d'accord avec ce que l'expérience nous montre.
Dites-moi maintenant quel est ce centuple qui §e tonne aux justes dès cette vie ; car nous ne voyons )oint qu'ils aient d'ordinaire de grands états 5 de grandes richesses , ou de grandes dignités temporeles 5 ni d'autres commodités de la vie présente : au ontraire , il y en a plusieurs qui vivent retirés et inionnus au monde, et qui souffrent des nécessités exrêmes. Comment pourra donc subsister la vérité de ette parole infaillible, si ce n'est en confessant que i)ieu leur donne de si grandes richesses spirituelles , ue , sans avoir besoin de toutes les commodités préentes, ils possèdent plus de félicité et plus de repos ( ue s'ils étaient maîtres de toute la terre ? Et il n'y a tas sujet de s'en étonner, parce que , comme nous j e lisons pas que Dieu se soit obligé de nourrir les ommes avec le pain seulement ( Matth. 4 ) , ayant lusieurs autres moyens pour le faire , il ne s'est pas bligé aussi de rassasier et de rejouir ces âmes bien-
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aimées avec les seuls biens temporels , le pouvant l'aii-e aisément par d'autres voies.
C'est ce qu'il a fait excellemment dans tous les saints, dont les oraisons, les jeûnes, les larmes et les privations ont surpassé toutes les joies , toutes' les douceurs et les consolations de ce monde. Cela nous provive bien clairement qu'ils reçoivent cent fois plus que ne valait ce qu'ils ont quitté pour l'amour de Dieu , puisque , pour des biens faux et ap parens , ils reçoivent des biens effectifs et véritables ; pour des biens douteux , des biens certains et infaillibles ; pour des biens corporels , des biens spirituels ; pour des soins , le repos ; pour les ennuis , la tranquillité ; et pour une vie abominable et vicieuse , un vie vertueuse et agréable.
Si , pour l'amour de Dieu , vous avez méprisé des biens terrestres et légers, vous trouverez en lui des trésors qui n'ont point de prix ; si vous avez quitté pour lui de faux honneurs , vous en trouverez en lui de certains ; si pour son amour vous avez renoncé à un père mortel, le Père éternel vous traitera comme son enfant bien-aimé ; et enfin , si pour sa considération , vous avez quitté des plaisirs empoisonnés , vous recevrez de lui d'autres plaisirs quiseront sans aucun mélange d'amertume.
Lorsque vous serez parvenus à renoncer à tous les biens passagers de ce monde , vous apercevrez clairement que ce qui vous était autrefois le plus cher , ><>us sera en abominatit^n ; parce que, dès que cette lumière céleste commence à éclairer nos yeux, à sa lueur nous voyons les choses de la terre tout autre* q^a'cUcs ne nous paraissaient auparavant; ce qui nous