‹ Le guide des pécheursChapitre 66 sur 142 · LIVRE I. CIIAP. XI. T'i · texte numérisé non relu

LIVRE I. CIIAP. XI. T'i

j » ta g foire éternede. C'est ce que j'éprouve main- » tenant en moi-même, reconnaissant devant vous, K mes frères , que dès cette heure je reçois ce cen- » tupîe dans la vie que je passe en son service; car » vous devez savoir que l'excès et la violence des dou- » leurs que j'endure , «m'apportent tant de joie , à » cause de la vive espérance que je conçois de mon » salut , que je ne changerais pas ce que je souffre » pour cent fois autant de ces plaisirs que j'ai quittés » en me retirant du monde. Si un pécheur tel que » je suis ressent tant de consolations dans ses dou- » leurs , quelles sont celles des anies parfaites ! car » la jouissance anticipée des biens éternels , que je ^ v> conçois par l'espérance , surpasse non-seulement 1» cent fois , mais cent mille fois tous les biens que » je possédais au monde. »

Ces paroles rempliront tout le monde d'étonnenient , si l'on pense surtout que c'était un religieux htïque, sans science ni étude , qui tenait des discours d'une piété si relevée : mais il était bien facile de connaître que ce n'était pas lui qui parlait, mais que c'était le Saint-Esprit, dont son ame était remplie, qui se faisait entendre par sa bouche.

On peut voir par là comment , sans Téclat des biens temporels , Dieu peut donner aux siens plus de contentement qu'ils n'en ont laissé pour l'amour de lui ; et ainsi l'on découvrira l'erreur dont étaient prévenus ceux qui ne pouvaient croire qu'il y eût dès ici-bas aucune récompense pour la vertu ; afin de les mieux détromper encore , nous ferons voir dans les douze chapitres suivans autant de fruits merveilleux , et comme autant de privilèges qui sont attachés à la

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vertu dès cette vie. Par là , nous montrerons à ceux qui ont donné toutes leurs affections au monde , qu'elle a bien plus de douceur qu'ils ne se le persuadent; et quoique , pour entendre parfaitement cette vérité , l'usage et l'expérience de la vertu même soient en quelque façon nécessaires , parce que c'est elle qui connaît le mieux ses propres biens, la foi pourra néanmoins suppléer à ce défaut ; car c'est elle qui confesse la vérité des saintes Ecritures; or, je prétends tirer de nos Livres sacrés la preuve de tout ce que je dirai sur ce sujet , afin que personne ne puisse contester cette vérité.

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