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par exemple, on est sujet à des vivacités, mais un dit que ees vivacités sont légitimées par les fautes du prochain que Ion doit réprimer; on est sombre et boudeur, mais on dit que c'est pour l'aire sentir aux autres qu'ils ont mal fait et pour les faire rentrer dans le devoir quand ils s'en sont écartés. Au milieu de tout cela on doit voir combien il est aisé de s'aveugler, et combien on a besoin de s'étudier à fond pour se déterminer à une réforme qui répugne toujours k la nature.
— Cet aveuglement étant très-ordinaire , vous ne devez pas, si vous avez un vrai désir de vous corriger, vous contenter de vos propres lumières. Allez donc trouver vos supérieurs et quelques-uns de vos condisciples , et priezles instamment de vous dire sans le moindre déguisement tout ce qu'ils remarquent de répréhensible dans votre caractère. Quand ils vous l'auront dit, ne vous excusez pas , remerciez-les de leur franchise et suppliez-les de continuer de vous rendre le même service. Nul ne connaît mieux nos défauts que ceux avec qui nous sommes habituellement en rapport; rien ne leur échappe à cet égard : ce que nous ne voyons pas, ils le voient très-clairement, et cela se conçoit : quand notre mauvais caractère nous fait commettre quelque faute, nous n'en souffrons pas, nous, car alors nous suivons une inclination naturelle; mais il n'en est pas ainsi du prochain-, nos défauts lui sont à charge, ils le blessent souvent, et voilà pourquoi il les connaît si bien. C'est donc lui qui vous révélera ce qu'il vous importe si fort de découvrir.
— La prière, les inspirations d'une piété solide et éclairée, les examens fréquents et bien foits de votre conscience, la vigilance attentive sur vous-même et sur tous vos actes extérieurs, vous aideront puissamment encore à connaître les défauts de votre caractère. Les saints, à la lumière de
leur sainteté^ voyaient en eux les imperfections les plus légères ; ils apercevaient même des taches qui échappaient à tout le monde : tendez comme eux à la sainteté, et comme eux aussi vous découvrirez vos secrètes misères.
— Quand vous connaîtrez vos défauts, demandez-vous sérieusement si vous voulez vous en corriger. Sans cette volonté fortement arrêtée, jamais vous ne remporterez une victoire décisive. Rien n'est énergique comme la volonté de rhomme, quand elle est sincère et constamment exercée. j\lais, penscz-y , il lui faut ces deux qualités; autrement elle ne produit aucun effet : si elle n'est pas sincère , elle vous trompe ; vous croyez vouloir, et par le fait vous ne voulez point. Ce n'est plus une volonté, c'est une velléité. Si elle n'est i^sls constante , elle arrête de temps en temps un acte mauvais, mais elle ne détruit jamais radicalement un défaut. Vous voudrez aujourd'hui, vous ne voudrez plus demain; vous voudrez pendant un accès de ferveur, vous ne voudrez plus quand l'accès sera passé. Que d'illusions sur ce point! que de gens disent : iYo?/s voulons , et agissent absolument comme ceux qui disent : Nous ne voulons pas.
— Mais supposons que votre volonté soit telle qu'elle doit être , que devez-vous faire pour en assurer l'exécution , relativement à la destruction de vos défauts ? Vous devez la stimuler, la fortifier à chaque instant par des réflexions sohdes et par des actes en rapport avec ces réflexions. Si vous ne faites pas cela, vous retomberez tout naturellement dans votre état de mollesse et de lâcheté ; vous ferez de nouvelles chutes et vous direz comme ceux qui perdent courage : C'est plus fort que moi , c'est impossible...
— Commencez donc le combat par la réflexion : considérez le défaut que vous voulez détruire sous le triple
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rapport — de Dieu qu'il offense à tout momont , — du prochain qu'il fait souffrir et scandalise, — de vous-même enfin, qui ne serez jamais ce que vous devez être, c'està-dire un fervent séminariste et plus tard un saint prêtre, tant que vous n'aurez pas exterminé ce défaut. Revoyez mot à mot les deux premières parties de ce chapitre; nourrissez-vous des réflexions qu'elles contiennent; observez sous tous ses aspects le défaut que vous voulez combattre ; considérez sa nature qui est certainement mauvaise; considérez ses effets qui ne le sont pas moins; voyez par avance où il vous conduira , les fautes qu'il vous fera commettre , les peines qu'il vous causera , les vexations qu'il vous attirera , les scandales qu'il produira et les obstacles qu'il mettra aux fruits de votre ministère. Voyez, au contraire, les biens qui résulteront de sa destruction : Paix avec Dieu qui récompensera chaque jour votre générosité par de nouvelles grâces ; paix avec le prochain que vous édifierez, que vous gagnerez, que vous sanctifierez avec une incroyable facilité ; paix avec vousmême qui jouirez délicieusement des fruits de votre victoire , et qui exercerez avec bonheur un ministère béni de Dieu et des hommes. Est-il possible que ces réflexions fréquemment renouvelées et fécondées par une prière fervente et soutenue, n'enflamment pas votre courage et ne vous fassent pas triompher de votre adversaire?
— Joignez ensuite l'action à la réflexion. Évitez les occasions; fréquentez ceux de vos condisciples qui pratiquent le mieux les vertus opposées à votre défaut; faites des lectures appropriées à votre besoin spirituel ; signalez le point essentiel à votre confesseur, à votre directeur, et au moniteur particulier que vous aurez choisi parmi vos pieux condisciples; pratiquez chaque jour quelque acte de vertu contraire au défaut que vous combattez; punissez-vous.
sans vous décourager jamais , quand vous aurez commis quelque manquement; aidez-vous de l'exercice si éminemment salutaire de l'examen particulier; veillez avec soin sur vous-même quand vous serez exposé au danger de succomber; adonnez-vous à la piété, dirigez contre votre ennemi toutes vos armes spirituelles, notamment vos examens, vos lectures, vos visites au saint sacrement, vos confessions et vos communions, et tenez pour certain qu'avec l'emploi soutenu de ces divers moyens , vous détruirez infailliblement vos défauts , quels qu'ils puissent être.
— Prenez bien garde surtout de considérer comme peu de chose ce qui s'appelle communément défoMts de caractère. Quand on a dompté les grandes passions et que Ton ne voit plus en soi des vice^ proprement dits , mais seulement des défauts, on est assez porté à se reposer, comme si l'on n'avait plus rien d'essentiel à faire pour sa régénération spirituelle. Or ceci est une illusion des plus dangereuses : outre que les défauts de caractère peuvent seuls produire de très-grands maux , comme nous l'avons vu, il est certain que chacun d'eux est le mauvais fruit de quelque passion mal éteinte , et peut conduire rapidement à quelque vice réel.
— Cultivez enfin avec un soin extrême trois vertus capitales qui , bien pratiquées , remédieront inévitablement à tous vos défauts de caractère , quelle que soit leur nature. Ces vertus sont : l'humilité, — la charité envers le prochain , — et la mortification.
L'humilité, qui est la reine des vertus morales, ne peut souffrir aucun défaut dans l'âme où elle règne ; elle ne va jamais sans ses compagnes chéries : la douceur, la condescendance , la modestie et la déférence aux sentiments (Tautrui. Elle supprime donc les vivacités, les susceptibi-