II. — Départ, — arrivée dans la famille, — première messe
Ouello inconvenance, si, lout récemment ordonné prêtre, vous sembliez l'oublier pendant le voyage par la légèreté de vos paroles et l'immodestie de votre maintien ! Qu'il n'en soit pas ainsi : parlez peu et toujours à propos; pas de gaieté bruyante, extérieur digne et édifiant, lectures pieuses, récitation du chapelet et du saint office avec dévotion et recueillement : telle sera votre conduite si vous êtes vivement frappé du prodige qui vient de s'opérer en vous. Un nouveau prêtre devrait se dire à chaque instant avec une sorte de stupeur : Que suis-je? que s'est-il passé en moi aux pieds de mon évêcpie? Suis-je un homme ou un ange sous la forme humaine? et Dieu lui répondrait au fond de l'âme : Tu es plus que tout cela par ta dignité ; tu es prêtre : Tu es sacerdoa in xterman !
Arrivé dans la famille, vous y répandrez la joie; votre pieuse mère surtout vous arrosera de ses larmes en vous embrassant : larmes précieuses dont sa foi vive sera la source ! C'est alors que vous devrez plus que jamais vous montrer édifiant sur tous les points et embaumer la maison paternelle du parfum de vos vertus, vous associant aux sentiments de saint Paul quand il disait : Chrisii Oom'S odor sumus... Odor vitœ in vitam.
j\la)s quel jour, grand Dieu, que celui qui s'approche! Pour la première fois, Jésus-Christ, soumis à l'autorité de votre parole, va s'abaisser des hauteurs des cieux pour s'incarner dans vos mains; vous allez faire un miracle, et (juel miracle ! vous allez remplacer une substance naturelle par une substance divine, les anges vont faire cortège à votre majesté sacerdotale, l'Église va déployer toute sa pompe, elle va vous envoyer chercher sous un dais comme
si, ce jour-là, vous étiez un de ses princes, et dans la chaire évangélique on va proclamer vos titres de gloire! Nous ne vous dirons pas de monter à l'autel avec gravité, modestie et ferveur : cette fois-ci, rien de tout cela ne vous manquera. Si vous tronquez quelque cérémonie, un trouble excessif en sera la seule cause , et ce trouble fera l'éloge de votre foi. Mais nous vous dirons: Souvenez-vous toujours du saisissement de votre première messe ; ne vous familiarisez jamais avec l'autel : après cinquante années de sacerdoce, vous serez comme aujourd'hui le sacrificateur de Jésus-Christ; vos sublimes fonctions étant toujours les mêmes, maintenez-vous toujours dans les saintes dispositions qu'elles exigent. Nous ajouterons : Notez ce jour comme le plus célèbre de vos jours, et prenez pour vous ces paroles de Moïse aux enfants d'Israël : Vocobith hune diem celeberrimnm o.ique sanctissinmm.