‹ Le guide des séminaristes et des jeunes prêtresChapitre 46 sur 57 · XV. — l.ecture spirituelle · texte numérisé non relu

XV. — l.ecture spirituelle

Voici encore un exercice qui vous révélera votre degré de sainteté. Tant que vous serez fervent, la lecture spirituelle fera vos délices; vous y coiyrez comme à Foraison. Le livre le plus pieux, le plus propre à vous unir à Dieu,

' Vi»yez le Saint PnUre. i:liapilre He la visite au saint Sacremfht.

sera celui que vous choisirez. Vous vous enteimerez aver lui dans la solitude de votre chambre comme avec un ami intime ; vous vous préparerez avec soin à profiter de son entretien; vous le pénétrerez avec bonheur, vous savourerez tout ce qu'il vous dira , vous le baiserez tendrement quand il vous touchera , vous vous en séparerez avec regret, vous lui direz : ou remir, et non pas adieu; puis, pour vous consoler de son absence , vous repasserez ce qu'il vous aura dit et vous en ferez un saint usage.

Mais si vous cessez d'être fervent, tout sera change. Votre ami sf-ra toujours là, mais son entretien sera pour vous sans attrait; vous le laisserez dans un coin comme un hôte fastidieux et insipide ; vous lui ferez la honte de le remplacer par un ami frivole^ et si, en souvenir du bien qu'il vous a fait autrefois, vous essayez de temps en temps de renouer connaissance, vous romprez l'entretien dès les premiers mots qu'il vous dira, et vous irez chercher de vaines jouissances.

Que" cela est vrai î et que cela devrait bien nous éclairer quand le goût de la lectm'e spirituelle disparaît de notre ftme !

Où trouver, nous ne dirons pas un mauvais prêtre, mais un prêtre tiède et même un bon prêtre, s'il n'a plus de règlement, qui aime la lecture spirituelle, qui la fasse tous les jours, qui en profite pour devenir meilleur? Disons-le. c'est ce qui ne se voit point.

Quand donc cette sainte lecture sera pour vous sans charmes , rentrez en vous-même , sondez votre intérieur, voyez où se portent vos goûts, interrogez vos oeuvres; il est impossible que vous ne trouviez pas en tout cela quelque désordre.

Ah ! jeune et tendre ami , de grâce vivez de manière à aimer toujours la lecture spirituelle ; et quand vous ces-

serez de l'aimer, cessez d'être iiitidèlo pour Taimer de nouveau.

Ne vous livrez pas aux lectures futiles ; le sacerdoce les repousse et les abhorre : Vanas générant cogitationes , dit saint Bonaventure, extinguunt mentis devoiionem, et non .rdi/îcant menteni^ sed potivs inficiunt.

Aimez au contraire les lectures pieuses ; elles sont, selon saint François de Sales, l'huile de la lampe de l'oraison. c( Hélas ! dit le P. Valuy sur ces paroles , combien do » lampes s'éteignent chaque matin faute d'huile M »

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