‹ Le guide diplomatique (volume 3)Chapitre 71 sur 98 · LETTRES OFFICIELLES ADRESSÉES A DES SOLVERAINS · texte numérisé non relu

LETTRES OFFICIELLES ADRESSÉES A DES SOLVERAINS

Lettre adressée à V Electeur de Moyence, par le comte de Vergennes , ministre des affaires étrangères de France, au sujet de la légitimation du ministre du roi accrédité auprès de ce prince. (1778. )

Monseigneur ,

Le désir du roi de donner un témoignage particulier de sa bienveillance aux États qui composent le cercle du Haut-Rhin a déterminé S. M. à accréditer auprès d'eux M. le baron de Groschlag en qualité de ministre plénipotentiaire. Cette nomination a été notifiée à V. A. Élec. comme prince-évêque de W'orms , dès le mois de septembre de l'année dernière , et vous étiez entièrement le maître, Monseigneur, de déterminer s'il vous convenait mieux que le baron de Groschlag vous remît en personne ses lettres de créance , ou qu'il vous les adressât , en les accompagnant d'une lettre de sa part. Il y a actuellement onze mois que cette alternative a éié proposée à V. A. Élec. ; mais elle n'a pas encore jugé à propos de s'expliquer, et elle a empêché par là de son chef, et contre ses devoirs , comme directeur du cercle, la légilimaiion du représentant de S. M. Si vous voulez bien , Monseigneur , faire un retour sur cetle conduite, vous jugerez de vous-même combien elle blesse la dignité du roi mon maître , et combien S. M. doit en être offensée. Je ne saurais vous dissimuler, Monseigneur, que si le roi n'eût suivi que l'impulsion de son juste ressentiment il aurait depuis longtemps employé les moyens les plus efficaces pour faire cesser un procédé aussi peu régu'ier que décent ; mais S. M. n'a voulu jusqu'ici prendre conseil que des sentiments qui Tatta-

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client au corps gcrniaiiiquo. El'e se persuadait d'ailleurs qu'après mûres rédexions vous chercheriez de vous-mènie, Monseigneur, à revenir sur vos pas et à marquer au roi les égards qui lui sont dus. Sa longaniiiiiié ne saurait durer plus longtemps, et S. M. rompt le silence en vous demandant. Monseigneur, une réponse prompte et catégorique sur la réception des lettres de créance de M. le baron de Groschlag.

S. M., en m'ordonnant de vous expliquer ses intentions, m'a charge de déclarer en même temps à V. A. Élec. qu'elle n'admettra pins ni obstacle ni retard à la légitimation de son minisire , et qu'elle est invariablement résolue à maintenir sa nomination.

Je suis avec un profond respect, Monseigneur, de V. A. Élect. le très-humble et très-soumis serviteur,

Le comte de Vergcnnes.

Lettre écrite au roi de Prusse , par le comte de Brogiie , ambassadeur de France près (a cour de Pologne, pour se plaindre des entraves que ce prince met à Vexercice de ses fonctions. (1756.)

Sire,

Les époques diverses que M. le baron de Malzhan , ministre de V. M., m'a fixées successivement, de sa part, pour le temps où il me serait possible d'exercer librement les fonctions de mon ministère auprès de S. M. polonaise , étant passées depuis longtemps sans que j'aie reçu à ce sujet de nouveaux éclaircissements, je prends la liberté de supplier directement V. M. de vouloir bien donner les ordres nécessaires pour que je ne rencontre plus d'obstacles à me rendre au camp du roi de Pologne.

J'ai reçu hier , Sire, des ordres du roi mon maître , qui exigent que j'aie moi-même l'honneur d'entretenir S. M. polonaise et de remettre à ce prince des lettres de sa part et de celle de madame la Dauphine. V. M. sentira mieux que personne de quelle nature ces ordres |>euvent être dans les conjonctures présentes : les liens

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du sang , riiitérèt donl les souverains se doivent muluelleinent des témoignages dans les circonstances épineuses où la Providence peut les placer tous, ont dicté les lettres que je suis chargé de remettre. Des motifs aussi respectables, et aussi indifférents d'ailleurs aux affaires générales, me font espérer que V. "SI. me procurera les mêmes facilités qu'elle a bien voulu donner à :\1. le grand-chancelier de la couronne de Pologne ; si , cependant , contre toute attente, elle y trouvait quelque inconvénient que je ne saurais prévoir, je la supplie de vouloir bien m'honorer d'une réponse qui puisse u:e servir de preuve justificative cjuc je n'ai pas manqué par ma propre faute d'exécuter les ordres exprès et précis du roi mon maître, auquel je rendrai compte immédiatement des obstacles que j'aurai rencontrés.

J'aurais fort désiré de devoir à une occasion plus agréable l'honneur que j'ai d'écrire pour la première fois à V. M. , et de me trouver par là à portée de lui présenter mes hommages et les assurances du profond respect avec lequel je suis, Sire, de V. M., le très-humble et très-soumis serviteur.

Le comte de Brogiie.

Lettre adressée au roi de Prtisse par le prince GaUizin , ministre de Russie près (a cour d' Autriche , lors des négociations entamées entre tes cours de Vienne el de Berlin. (1778.)

Sire ,

S. M. l'impératrice- reine m'a informé de la résolution qu'elle vient de prendre de dépêcher vers V. M. M. de Thugut, chargé d'une lettre pour elle, ainsi que d'ouvertures tendantes à arrêter les progrès de la mésintelligence survenue entre les deux cours. Elle m'a requis de le munir d'un passe-port, qui sera censé délivré à un employé attaché au service de mon auguste souveraine, ainsi que d'une lettre pour V. M.

J'ai d'autaul moins hésité, Sire, à me rendre à sa volonté, que

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je suppose que la comiuissiou dont M. de Thugul est chargé sera agréable à V. M.

Rien n'égalerait ma satisfaction si après avoir servi d'instrument pour acheminer l'œuvre la plus héroïque du règne de \. M. , celle de rendre la paix à l'Allemagne, à la tê;e de ses puissantes armées, j'osais encore me flatler que V. M. daignât agréer les hommages que je meis à cdtc occasion à ses pieds, et les sentiments du profond respect avec lequel je suis. Sire, de V. M. le très humble, très-obéissant et très-soumis serviteur,

Dcinitri/, prince Gatlizin.

Vienne , le 12 juillel 1778.

Lettre {sous forme de note) adressée à l'empereur d'Autriche par Vambassadeur de la RépuLUquc française, au sujet de la violation de son caractère puLlic. (1798.

S. M. l. ne peut manquer d'être instruite des excès qui ont été commis contre l'ambassade de la République française. Trois notes successives ont été adre.-sées à M, le baron de Thugut par l'ambassadeur, pour lui annoncer le commencement et !e progrès du tumulte. Il a vu s'écouler, sans recevoir aucune réponse, tout le temps du danger, et ce n'est qu'à trois heures du matin qu'il a enOn reçu une note bien peu faite pour remplir sou attente. Une conduite aussi extraordinaire met l'ambassadeur de la République française dans le cas d'engager S. M. I. à se faire représenter les diverses notes qu'il a fait parvenir à sou ministre des affaires étrangères. C'est à regret qu'il prie S. M. d'observer qu'au nombre de ses réclamations se trouve la demande des passeports dont il est forcé de faire usage pour aller prendre les ordres du gouvernement qu'il a l'honneur de représenter.

En s'éloignant de cette résidence , il emportera la certitude consolante de n'avoir rien négligé pour convaincre S. M. I. des dispositions pacifiques et amicales que le gouvernement français entretient à sou égard. Un autre motif de satisfaction existe pour

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lui dans la persuasion où il est que S. iM. est profondément afiligée de l'attentat dirigé conire le représentant d'un gouvernenaeut ami , et que touies les mesures que les convenances exigeaient auraient clé prises sur-le-champ si les intentions de S. iM. avaient clé fidèlement remplies. L'ambassadeur espère que l'avenir confirmera celte opinion d'une manière éclalanle, et qu'une juste réparation prouvera au Directoire exécuiif de la République française que S. M. J. forme des vœux aussi sincères que les siens pour le maintien de la bonne intelligence entre les deux nations.

Btrnadolte.

Vienne, le 25 germinal an vi.

Lettre du ministre de France accrédité près le Saint- Siège, adressée au Souverain-Pontife. (1806.)

Très-Saint-Père ,

Je remplis le plus honorable et le plus consolant de mes devoirs en portant à V. S. les vœux que forme l'empereur et roi, mon auguste souverain, pour que les difficultés qui se sont élevées entre S. M. et la cour de Rome soient enfin aplanies. L'empereur regarde comme un des privilèges les plus précieux ailachés à sa dignité celui de protéger l'Église , dont personne ne respecte plus que lui l'heureuse et sainte influence. Mais S. IM. a vu avec peine que le Saint-Siège, constamment opposé aux mesures que conseillerait une sage condescendance, cherchait à contrarier par d'inutiles refus des intérêts sur lesquels l'empereur ne peut pas se refroidir, et qu'il n'abandonnera jamais. Quelque désobligeante qu'ait été pour S. M. l'affectation qu'on a mise à ne pas accéder à ses demandes, l'empereur n'a écoulé que le désir dont il est animé de donner au chef de l'Église un témoignage de sa piété filiale et une nouvelle preuve de son affection personnelle pour V. S.

Je suis expressément chargé, Très-Saint-Père, d'assurer V. S.

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qu'Ellc conservera l'intégrité de ses Éiats si Elle veut adopter les mesures que la position de son territoire et la sûreté de l'Italie rendent indispensables.

S. >I. demande que V. S. déclare, par un traité, ou dans toute autre forme dont on conviendrait :

Premièrement, que tous les ports de l'État pontifical seront fermés à l'Angleterre toutes les fois que celle-ci sera en guerre avec la France;

Secondement, que les forteresses de l'État romain seront occupées par les troupes françaises toutes les fois qu'une armée de terre aura débarqué ou aura menacé de débarquer sur un des points de l'Italie.

La reconnaissance de ces principes satisfera S. M. et lui tiendra lieu de toute autre déclaration.

Je viens, Très-Saint-Père, d'énoncer les dernières propositions de S. M., celles sur lesquelles repose la garantie de la puissance temporelle du Saint-Siège, et qui seraient vainement méconnues et rejetées.

Les intentions de S. M. ont évidemment pour objet d'assurer les communications entre la haute et la basse Italie, et j'oserai demander à Y. S. quel est le souverain qui, réunissant dans cette partie de l'Europe à d'aussi grands intérêts une force aussi imposante, bornerait l'exercice de sa puissance à n'exiger comme mesure de prévoyance, pour le cas de guerre, que des conditions aussi simples que celles que je viens d'établir.

Je prie V. S. de permettre que je dépose à Ses pieds l'hommage de mon profond respect, et que je Lui demande sa bénédiction apostolique.

Alquier,

Rome, le 18 juillet 1806.

Lettre adressée far te ministre de France à Slockholm au roi de Suide, au sujet de l'accueil qui lui avait été fait par ce prince dans une audience. (1806.)

Sire, J'éprouve le bes -in d'exprimer à V. M. la douleur profonde

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