LETTRES DE FAIUE-PART
Du roi de France Louis XVIII au roi de Prusse.
Monsieur mon frère, un hoirible attentat vient d'enlever à sa famille et à la France mon bien-aimé neveu le duc de Berry. Ce prince, si digne de ma tendresse et de l'affection de mes peuples, n'a survécu que quelques heures au COU]) qui l'a frappé. Il a expiré le .... de ce mois, à six heures et demie du matin.
En annonçant à Y. M. un si cruel événement, je n'essaierai point de lui exprimer la douleur que j'en éprouve. Je suis assuré que Y. M. la ressentira bien vivement; j'en ai pour garant les preuves qu'elle m'a constamment données de ses sentiments pour moi. C'est dans cette persuasion que je lui renouvelle les assurances de la sincère estime et de la parfaite amitié avec lesquelles je suis, monsieur mon frère, de Y. M. ^^ ^^^^ ^^,^^.^^
Louis.
Du roi de France CJiarîes X au roi de Prusse.
Monsieur mon frère, c'est avec la plus profonde affliction que j'annonce ù Y. M. la mort du roi mon bien-aimé et très-honoré seigneur et frère, décédé le .... Les sentiments de piété qui l'animaient lui ont donné le courage de supporter avec calme et résignation, jusque dans ses derniers moments, les souffrances qu'il ressentait depuis si longtemps. Les témoignages multipliés d'affection que Y. M. a donnés à ce prince et à sa famille, -ainsi que la connaissance • qu'elle avait de ses vertus et de ses qualités personnelles, me donnent l'entière confiance qu'elle prendra part à la vive douleur que me cause ce funeste événement; j'éprouverai une véritable consolation des marques d'attachement que Y. M. voudra bien me donner dans cette triste circonstance. Je la prie d'être persuadée que je saisirai avec' empressement toutes les occasions qui pourront la con-
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vaincre de la liaute estime et de rinvariable amitié avec lesquelles^ je suis, monsieur mon frère, de Y. M.
le bon frère,
Charles.
(Entre des souverains et des membres de familles souveraines.)
Sire,
L'honneur d'une alliance avec l'auguste maison de V. M. me fait un devoir bien doux de lui faire part de mon mariage avec madame la princesse ...., lille de LL. MM. le roi et la reine de .... La célébration a eu lieu dans cette ville le .... de ....; mon empressement dans cette circonstance est encore augmenté par le souvenir de la réponse que V. M. daigna m'adresser au sujet de la mort de l'un des deux frères que j'ai eu le malheur de perdre. Les expressions de V. M,, aussi dignes de son caractère que du rang suprême où sa naissance l'a placée, étaient remplies d'intérêt pour ma maison et pour moi. Elles me pénétrèrent dès lors de" dévouement et de reconnaissance. Puissé-je, Sire, avoir des occasions de le manifester à V. M.! Puissé-je en avoir de contribuer enfin, comme je n'ai cessé de le désirer, à défendre par mes faibles actions et mes faibles moyens cette grande cause de tous les princes que je ne désespérerai jamais de voir triompher.
Que V. M. daigne recevoir l'hommage du respect avec lequel je suis, Sire, de V. M. le très-humble et très-obéissant serviteur, . N.
Madame ma sœur, c'est un devoir bien doux à mon cœur de vous annoncer que la célébration du mariage de ma fille bien-aimée, la princesse ...., et de S. A. le prince de ...., a eu lieu le .... à .... Les sentiments que je vous connais, madame et chère sœur, et l'attachement dont vous m'avez donné des preuves réitérées, me sont garants de la joie que vous causera une nouvelle aussi agréable