‹ Le Guide diplomatiqueChapitre 48 sur 130 · DU STYLE · texte numérisé non relu

DU STYLE

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COMPOSITIONS DIPLOMATTUUES.

Les relations des États ou des souverains entre eux donnent lieu à une nuiltitude de communications écrites, soit qu'elles aient pour objet des droits ou des ol)lifj;ations réci])i'0(iues, soit des affaires d'intérêt, (Faniitié ou de jjarenté, soit des questions de simples procédés. Ces conuHunications sont assujetties à uu cérémoiii<d ') l)lus ou moins déterminé par leur objet, et par les personnes dont elles émanent ou celles auxquelles elles s'adressent. Le style consacré à ces relations (extérieures entre les puissances se nomme indifféremment sfylc (h'j'lomatique, style de cotn; style de chcmcellcrie ^).

Quoique les écrits en matière politique soient, par leur nature, susceptibles d'une infinité de nuances, ils sont cependant soumis à certaines règles de diction, déterminées par les convenances et par l'usage.

') Voy., plus loin, cliap. i, Protocole diplomatique et de c/ionccUerie, et cliap. vi, Appendice.

-) Voy., les ilocunioiits, chap. ii, m, iv, vi; et T. P'', (j 45.

Martens, Guide di|>loiiiatii|ue. IT. 1. 1

2 CONSIDÉRATIONS OÉXÉRALKS

Moins que tout autre écrit, un acte diplomatique no doit oiïrir rien de vague, ni de hasardé dans sa composition, mais, au contraire, aller au but par la voie directe; les idées doivent en être justes, la marche ferme et rapide, la diction correcte, les expressions claires, naturelles et précises: il faut qu'on y trouve ce tact des convenances qui sait toujours approprier le ton et le style aux circonstances et aux personnes, de manière à n'être jamais ni au-dessus ni au-dessous du sujet traité.

En diplomatie, il ne suffit pas d'être compris: il faut encore s'exprimer avec une netteté telle que la mauvaise foi ni la chicane ne puissent dénaturer, ni à l'aide de l'équivoque fausser le sens d'un mot ou d'une phrase, pour lui donner une interprétation forcée ^). Il faut donc, avant tout, se bien pénétrer de son sujet, n'y laisser aucun point obscur, et le considérer sous toutes ses faces, afin d'en saisir tous les éléments. Cette clarté dans l'ordre des idées, condition absolue de toute bonne rédaction, se répandra d'elle-même sur l'expression de la pensée, soit par le choix des termes, soit par leur enchaînement.

') Cette recherche scrupuleuse de la clarté doit même s'étendre jusqu'à la j)onetuation; on a vu plus d'une fois le sens d'un article important dépendre do la place d'une virgule, et des contestations fâcheuses naître d'une circonstance en apparence puérile, mais en réalité très-sérieuse.

Nous citerons comme exemple une erreur d'accentuation qui souleva de nombreuses difficultés pour l'établissement légal de Vétat civil des enfants d'un ancien ministre d'Espagne à la cour de Saint-Pétersbourg. Le traducteur ou le copiste du document qu'il s'agissait de produire à cet effet avait placé un accent fort inopportim, qui transformait "les enfants naturels et légitimes de feu, etc., en enfants li-f/itimés. »

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