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LES CITROUILLES

Les citrouiiles portent aussi le nom de courges. Généralement on les fait confire au sucre sous forme de conserves ou de compotes. Dans les pays les plus favorables à cette culture, on les a même introduites en plein champ, et on les cultive pour la nourriture des bêtes à cornes.

ESPÈCES ET VARIÉTÉS. — Nous connaissons plusieurs

espèces et variétés de citrouilles, que nous pouvons ranger en trois classes, ce sont : 1° les citrouilles à moeile ou sim plement moelle végétale ; 2° les citrouilles coureuses, et 3° les citrouilles non coureuses. Dans ces trois classes, il y a des variétés tardives que nous ne pouvons cultiver sous notre climat, et des variétés tardives qui réussissent parfaitement dans toutes nos localités.

CULTURE. — Quoique la citrouille soit originaire des pays chauds, elle n’en est pas moins cultivée dans tous les pays ag oles. Ce qu'elle exige pour réussir, c’est une fumure abondante et des arrosages fréquents dans des climats secs. Voici le mode de culture le plus généralement suivi par les jardiniers :

Au printemps, lorsque la terre est suffisamment réchauffée, c’est-à-dire dans la premiere quinzaine de mai pour nos localités, on ameublit parfaitement le terrain ; au moyen de la bêche ou de la gratte, on pratique ensuite des fosses de quelques pouces de profondeur, en n’entamant que la surface du sol ; on dépose dans ces fosses 4 à 5 pelletées de fumier de bêtes à cornes bien décomposé ; on tasse ie fumier en le battant avec le dos de la pelle, de manière à former un petit monticule régulier que l’on recouvre ensuite de deux pouces de bonne terre de jardin, mélangée avec du

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le rapport de la fumure qu'il ne peut pas y avoir d’excès. es buttes dont nous venons de parler, sont plus ou moins espacées suivant les variétés qu'on cultive; on les place à 9 pieds les unes des autres pour les variétés coureuses, à 6 pieds pour les variétés coureuses que l’on se propose de pincer, et à 3 pieds pour les variétés non coureuses. Sur le sommet de ces buttes ainsi préparées, on plante 4 à 5 graines le petit bout en l'air, et l'on recouvre le tout d’une légère couche de terreau. On espace les graines de quelques pouces, afin que les jeunes plants qu'elles produisent ne se nuisent pas pendant la première végétation. Si les pluies ne sont pas assez fréquentes, on arrose les buttes de temps à autre, Car il ne faut jamais que les plants souffrent de la sécheresse, La moindre faute, sous ce rapport, cause une diminution sensible dans les produits.

Lorsque les jeunes citrouilles sont bien développées et que leur existence est assurée, on ne conserve que les plants les plus vigoureux sur chaque butte, et l’on arrache tous les autres, Si le terrain est sablonneux et sec, on couvrira le sommet de la butte d’un paillis, afin de préserver le sol de la sécheresse, de maintenir l’humidité et empêcher la terre de durcir sous l’action des arrosages fréquents qu’on est obligé de faire.

Pendant le cours de la végétation, il faudra sarcler aussi souvent que la destruction des mauvaises herbes l’exigera, et lorsque les pluies se font rares, on supplée par des arrosages au manque d'humidité atmosphérique.

On pince certaines variétés coureuses, c’est-à-dire qu’on casse avec les doigts l'extrémité des tiges. Par le pinçage, la blessure se guérit toujours plus vite que si on avait coupé la tige avec un instrument tranchant. On détermine le nom-

bre de fruits que devra porter chaque tige, suivant la vigueur de la végétation ; et lorsque l’existence de ces fruits est assurée, on pince la tige au-dessus du deuxième nœud qui suit le dernier fruit. Ce pinçage arrête le développement de la tige, fait refluer la sève vers les fruits et augmente leur développement. Il ne faut pas oublier que moins une tige porte de fruits, plus ces derniers deviennent volumineux.

Quant aux variétés coureuses que l’on ne veut pas pincer, on ne fait pas refluer la sève vers les fruits, mais on arrive au même résultat en augmentant la quantité de la sève. Il suffit pour cela de pratiquer le marcottage. Entre chaque fruit on fait sur la tige une incision longitudinale ; immédiatement au-dessous de cette incision on creuse légèrement la terre ; on y introduit la tige ; on la maintient en place au moyen d’une petite fourche de bois, et l’on recouvre le tout avec du terreau. Bientôt il :« développe de l’incision de petites racines qui s’implantent dans le sol et apportent un nouveau courant de sève dans le végétal.

Le seul moyen pour obtenir des fruits volumineux des variétés non coureuses, c’est d’en diminuer le nombre.

Pour toutes les variétés, il est important que les plantes vivent au sein d’une très grande richesse. Les arrosages sont d’un grand secours pour la citrouille. Mais il faut dégourdir l’eau au soleil avant d’arroser ; c’est de rigueur. En arrosant avec de l’eau ordinaire, on obtient de bons résultats; mais si à cette eau on ajoute quelques poignées de fiante de volailles, de colombine, de guano ou du purin, le développement de la citrouiile sera encore plus rapide, et le jardinier obtiendra des produits plus volumineux et plus abondants.

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Pendant que l’on donne ces soins à la citrouille, il faudra bien se garder d’en briser les feuilles, surtout celles qui se trouvent dans le voisinage des fruits. L’ombrage que les feuilles procurent aux fruits favorise beaucoup la croissance des citrouilles. Si une citrouille est exposée directement aux rayons du soleil, on remarque que sa peau se raccornit et que son développement s'arrête. On profite de cette circonstance pour hâter la maturation des citrouilles quand la saison est avancée et que les fruits sont encore jeunes,

On récolte la citrouille lorsque le bouton auquel la fleur était attachée, est bien sec et dur. Si, vers l'automne, les gelées hâtives menacent de se faire sentir avant la maturation des fruits, on préserve la citrouille du froid au moyen d’une légère couverture de coton ou de laine. Les citrouilles atteintes de la gelée ne se conservent pas.

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