PREFACE
Le proverbe antique: mens sana in cor pore sano, "un esprit sain dans un corps sain," nous montre la haute idée que se faisaient les anciens, notamment les Grecs, de la vigueur, physique, ainsi que leur conception des rapports existant entre la santé du corps et la santé de l'âme.
Les idées ont bien changé: aujourd'hui, on subordonne gaiement le bien-être physique, mental et moral à l'acquisition de la richesse et aux honneurs sociaux, civiques et politiques. La conservation de la santé est devenue une affaire secondaire.
Pour l'auteur, au contraire, chacun devrait considérer la conservation de la santé comme un devoir aussi sacré que la formation de son caractère. La vigueur corporelle est la plus grande fortune que puisse posséder un être humain; et la connaissance de notre organisme et des lois qui le régissent devrait être considérée comme incomparablement plus importante que la culture des beaux-arts, tels que la musique et la peinture.
Envisagée à ce point de vue, l'étude de l'anatomie et de la physiologie du corps humain — loin d'être une étude rebutante et répulsive — ressemble plutôt à une excursion en pays de merveilles, ou à la lecture d'un drame passionnel.
C'est dans cet esprit que l'auteur a composé cet ouvrage. Il s'est efforcé — en parlant d'anatomie, de physiologie et d'hygiène, — d'éviter tout détail inutile et toute théorie oiseuse, et il a cherché surtout à être simple et pratique. Par contre, il n'a omis aucun fait essentiel acquis à la physiologie, et il n'a épargné aucune peine pour mettre ce travail à la hauteur des plus récentes découvertes scientifiques.
Nous vivons en un siècle progressif. Le temps n'est plus où l'art de conserver la santé était le privilège exclusif d'un petit nombre qui en faisaient part à leurs semblables selon qu'ils le jugeaient à propos.
La conviction profonde de l'auteur, c'est que chaque père et chaque mère de famille devrait être suffisamment au cou-
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rant des organes, du corps humain et de leurs fonctions normales, ainsi que des maladies les plus communes et de leur traitement, pour pouvoir soigner eux-mêmes, en temps ordinaire, les membres de leur famille.
Cela ne veut pas dire, tant s'en faut, que, dans sa pensée, ce livre doive remplacer le médecin de famille quand ses services sont nécessaires. Ce que nous voulons dire, c'est qu'il y a dans chaque famille des cas nombreux où un livre consciencieux sur la santé et la maladie est un auxiliaire indispensable, qui prêtera le concours le plus efficace aux services du médecin.
Le traité que nous présentons au public ne fait qu'un emploi très limité des médecines et des drogues pharmaceutiques. L'usage universel et désastreux de remèdes patentés — dans le but d'économiser des notes de docteur — ne peut être assez sévèrement condamné. Seul, un médecin compétent doit prescrire des médecines aux malades lorsque ces médecines sont devenues nécessaires.
En terminant, l'auteur se plait à reconnaître tout le parti qu'il, a tiré des plus récents ouvrages d'anatomie, de physiologie, d'hygiène, de pathologie, d'hydrothérapie et de diététique dus à la plume des meilleures autorités médicales.